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Nous assistons à la montée inexorable du Front national, qui a failli "passer" en 2002 et qui va peut-être faire un carton en 2012.

 

La crise de 1929 et celle de 2008 : les mêmes causes produisent les mêmes effets : une crise financière qui vient des Etats-Unis, le pouvoir d'achat en chute libre, le sentiment d'abandon des classes moyennes, la hantise du déclassement, une Europe qui se désagrège, à quoi s'ajoute une intégration problématique des jeunes issus de l'immigration, qui s'est traduite par de violentes émeutes en 2005 et le feu qui ne cesse de couver sous la cendre.

 

Est-ce faire preuve de racisme ou de xénophobie que de se demander s'il est raisonnable de laisser entrer sans tenir compte du marché de l'emploi et de la capacité de les intégrer près de 200 000 immigrés chaque année dans un pays qui compte plus de 4 millions de chômeurs (dont 21% de jeunes) et une dette de 1646 milliards d'euros, représentant 84,5% du PIB et qui s'accroît chaque seconde (les chiffres sont de la fin du 1er trimestre 2011) ?

 

La rupture de Nicolas Sarkozy avec le gaullisme historique, les promesses non tenues du Discours de Maison-Alfort sur la défense de l'instruction, des professeurs et de l'Ecole républicaine, l'abandon des ouvriers et des classes populaires par le PS, la trahison de la nation (une idée de Gauche) et l'abandon de la souveraineté nationale au profit d'un Empire européen  néo-libéral sous domination germano-américaine, le démantèlement des services publics (Ecole, hôpitaux...), les atteintes à la laïcité, le développement du communautarisme, l'accroissement exponentiel de la dette, le chômage de masse, les délocalisations, la désindustrialisation de la France, le divorce entre la spéculation financière et l'économie réelle, l'accroissement des inégalités, la multiplication des "affaires"... ont pour conséquence la montée de l'Extrême-Droite qui a su récupérer à son profit des thématiques légitimes abandonnées aussi bien par la Gauche que par la Droite.



Le Front national va jusqu'à s'appuyer sur les travaux d'historiens juifs comme Simon Epstein qui a montré le ralliement d'une partie de la Gauche pacifiste et philosémite d'avant-guerre à la politique de collaboration (Un Paradoxe français), les membres ou les sympathisants du FN nous expliquent que le Front national incarne désormais l'héritage de la Résistance.

 

Comme le dit assez justement Maxime Tandonnet : "Le livre de Simon Epstein renverse un pilier idéologique de la pensée dominante depuis 1945. Il montre l’ambivalence de certains sentiments humanitaires affichés et souligne à quel point les professions de foi humanistes et la bonne conscience anti-racistes ne conduisent pas forcément au choix du courage et de la générosité."

 

Mais il n'incite pas pour autant à faire porter la responsablité de la collaboration à l'ensemble de la Gauche.


Ceci dit, il est impardonnable de la part de "l'UMPS" d'avoir laissé le Front National s'emparer de thèmes comme la défense de l'Ecole ou de la laïcité.

 

La responsabilité du Président de la République est indiscutable, du manque de tenue aux promesses non tenues, mais aussi de tous ceux qui se sont accommodés de l'effondrement de l'Ecole républicaine ou qui y ont contribué avec pour résultat l'émergence d'une majorité bruyante d'illettrés, les marchands d'illusions, les amuseurs qui s'amusent de tout et surtout du pire, les cyniques comme ce Cottard que décrit si bien Albert Camus dans La Peste et que réjouit le malheur, le culte exclusif de l'argent et de ceux qui en ont, le mépris des "forts" sans idéal pour les "faibles" sans espoir...

 

Et maintenant la peste est à nos portes. J'aurais rêvé d'autre chose pour mon pays, mais peut-être est-ce Walter Benjamin qui a raison : "L'Histoire n'est qu'une succession de désastres."

 

Je ne peux que le constater, mais je n'ai pas le droit de l'accepter.

 

Car, qu'on le veuille ou non, le Front national est un fourre-tout où se côtoient le meilleur (?) et le pire et Marine Le Pen demeure, quoi qu'elle en dise, (et elle ne le dit pas souvent) la fille de son père. Le pire, nous le connaissons : la nostalgie de la France coloniale et de l'Algérie française, le nationalisme xénophobe, "l'ordre moral", le machisme, l'intégrisme, le populisme, l'anti-gaullisme viscéral, les dérapages verbaux qui en disent long - et qui sont peut-être savamment calculés - (le "détail", "Durafour crématoire"...), les amitiés douteuses, la fascination pour les régimes totalitaires... Nous connaissons aussi les hommes : Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Bruno Mégret... (et c'est à peu près tout)... Nous connaissons l'histoire mouvementée du Front national, nous savons bien que ce Parti n'a pas plus les mains propres que les autres et personne n'oserait jurer qu'elles n'ont jamais touché la poignée des valises de la France-Afrique (et leur contenu)... Nous savons aussi que Marine Le Pen a entrepris de "faire le ménage", mais il est bien difficile de démêler ce qu'elle pense vraiment de ce qu'elle dit et  de ce qu'elle peut.

 

Nous voyons bien aussi les contradictions du Front national, à commencer par le fait que Marine Le Pen se prononce à présent pour le retrait de la France de l'Union européenne, mais continue à siéger, à côté de son père, au Parlement européen.

 

On a dit que le Front national apportait de mauvaises réponses à de bonnes questions. Mais quelles "bonnes réponses" les autres Partis apportent-ils aux bonnes questions du Front national ?

 

Comment réguler les flux migratoires et l'arrivée des "sans papiers" sur le territoire français alors que la France n'a plus le contrôle de ses frontières ? Comment "faire une Europe sociale" au sein d'une Union européenne dominée par l'idéologie libérale de la libre-concurrence ? Comment résorber le déficit commercial avec un euro surévalué qui profite principalement à l'Allemagne ? Comment restaurer l'Ecole de la République avec les "critères de convergence" (le "socle commun" et la notion de "compétences" substituée aux savoirs), l'adhésion au protocole de Lisbonne et à l'OCDE (l'adaptabilité à court terme au marché de l'emploi et à la "flexibilité" substituée à l'instruction) ?

 

La commission européenne vient de supprimer les fonds qu'elle allouait aux Restos du coeur. Or la France, entre ce qu'elle donne au fond européen et ce qu'elle reçoit, donne 7 milliards d'euros qui vont par exemple à la Grèce qui a trafiqué son bilan pour correspondre aux "critères de convergence" et dont les habitants ne payent pratiquement pas d'impôts. Avec ces 7 milliards d'euros, nous pourrions aider les Restos du Coeur et construire des logements sociaux. Nous ne le pouvons pas. Ceci est un exemple, parmi d'autres de la paralysie qu'engendre l'appartenance de la France à l'Union européenne.

 

Apporter de bonnes réponses à de bonnes questions, dans l'état actuel des choses, c'est sortir de l'Union européenne et de l'euro., c'est recouvrer notre indépendance et notre souveraineté nationale, la maîtrise de nos frontières, de notre économie, de notre monnaie, de notre politique, de notre culture, de notre Ecole, de notre Histoire, de notre démocratie : le pouvoir du Peuple par le peuple et pour le peuple, de notre avenir... Tout le reste n'est que gesticulations. 

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