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"Aucune époque n'aura su comme celle-ci qu'elle était provisoire, qu'elle marquait la fin d'un monde : pour nous, c'est tous les matins l'entrée d'Alaric à Rome." (André Malraux, "Le miroir des limbes")

 

"La conscience humaine ne vit pas sans quelque courage. L'homme ne peut vivre simplement au jour le jour, vivre pour vivre. Sa conscience l'élève au-dessus de la vie biologique. Où trouver dès lors le courage de vivre une vie qui n'est plus évidente, plus immédiate ? Il faut que l'avenir apparaisse à l'homme comme ouvert, prêt à accueillir son désir constructif. La décadence est là, quand le désir est d'abord désir de jouir et non désir de faire, d'accomplir son rôle, sa mission, son oeuvre. Bien souvent ces deux désirs sont liés chez un même homme. Mais quand l'appétit de jouissance devient un phénomène social, c'est souvent que plus personne ne voit bien où est sa fonction propre dans le monde..." ("Pero comprender puoi che tutta morta fia nostra conoscenza da quel punto, che del futuro fia chiusa la porta." (Dante, Inferno, 10) : "Vous comprendrez peut-être ainsi que tout notre savoir sera mort dès l'instant où se fermera la porte de l'avenir.'" (J.-L. Vieillard-Baron, "L'Illusion historique et l'espérance céleste", L'île verte, Berg International)


Nous vivons dans une époque finissante, dans un monde finissant, l'Europe est une vieille dame ravagée qui a tout accepté, y compris de renoncer aux merveilleuses différences qui la tissaient pourvu que ça ne recommence pas et la "culture" s'essouffle en vain à rattraper la civilisation.

Comme l'ont montré les esprits les plus lucides de notre époque : C. Levi-Strauss, Cioran, Jacques Barzun dans "From Dawn to Decadence" et  George Steiner, quand on se pose des questions sur la culture, c'est que la culture est moribonde.

Ni Dante, ni Shakespeare, ni Molière ne se posaient de question sur la "culture", mais Platon, si, car Platon appartenait à une civilisation qui touchait à sa fin.

L'oiseau de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit et les penseurs peignent gris sur gris la fresque merveilleuse de la culture vivante.

Nous ne vivons pas une aurore, mais une décadence. Mais comme l'a dit Hölderlin, "en même temps que croît le danger, croît aussi ce qui sauve."

Ce n'est pas une certitude, mais un espoir. C'est toute la noblesse des époques de décadence, car la décadence est aussi une "chance"  : elles nous obligent à renoncer aux illusions perdues et à espérer.

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