Invité dans Politiques, Edwy Plenel estime que "Madame Le Pen, l’extrême-droite, les fascistes" sont connus des "républicains". Le directeur de Médiapart affirme que le danger vient des responsables politiques qui cèdent à l’extrémisme, "qu’ils soient de droite comme de gauche". "C’est ceux-là qui font la politique du pire" assène-t-il. Pour le co-fondateur du pureplayer, "le danger, c’est pas Madame Le Pen. Le danger, c’est Manuel Valls.". Avant d’ajouter : "c’est lui notre honte".
J'ai participé récemment à une réunion en vue des élections municipales. Il n' a été question, pendant tout le début, que de la stratégie face au FN. L'avis général étant que si le FN avait présenté une liste (ce n'est pas le cas), elle aurait eu des chances d'arriver en tête.
J’habite une ville de province assez tranquille, alors j'imagine le même genre de réunion à Marseille, par exemple. Comment en est-on arrivé là ?
Je suis né en 1950 et je n'ai jamais été aussi inquiet (même au moment de la menace de putsch des généraux d'Alger et de la crise des missiles de Cuba).
Dans les années 60, du temps du général de Gaulle, Le Pen, c'était un type bizarre avec un bandeau sur l’œil et 2% d'intentions de vote. Autant dire rien du tout. Le Pen, aujourd'hui, c'est une machine de guerre, un vivier électoral et un réseau de sympathisants, y compris dans la haute administration, qui a franchi la barre du 2ème tour des présidentielles en 2002 et qui, à travers sa fille (le FN relooké) risque de faire un carton.
C'est formidable, non ? Alors que l'on nous dit que la France ne cesse de faire des progrès, qu'il y a plein de chouettes "avancées sociétales", que l'Union européenne, c'est le plein emploi, la prospérité, la paix, la démocratie...
J'ai le souvenir d'un discours de Georges Pompidou promettant aux Français que s'il y a avait plus de 500 000 chômeurs en France, il démissionnerait. Le seuil de 500 000 chômeurs n'a pas été atteint de son vivant, mais Pompidou a supprimé le privilège de la Banque de France de prêter à l’État sans intérêts et la dette a commencé à ce moment-là (auprès des banques privées, je le rappelle, et nous ne payons que les intérêts, une dette que nous léguons à nos enfants, à nos petits-enfants, in secula seculorum). Le chômage a commencé sous VGE et n'a fait que croître et embellir sous Mitterrand (qui a favorisé par calcul la montée du FN contre la Droite traditionnelle).
Contrairement à ce que nous raconte François Hollande, la crise est devant, pas derrière et il y a une relation entre la crise et la montée de l'Extrême-Droite. Si bien que crier au fascisme, comme le fait Edwy Plenel et viser le seul M. Valls, sans s'interroger sur les causes de la catastrophe est dramatiquement irresponsable. M. Valls est dépassé, comme tous les membres du Gouvernement, parce que la politique de la France se fait désormais à la corbeille (dématérialisée) et que la France, "non pays" désormais sans frontières et sans monnaie, n'est plus gouvernée à Paris.