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"Tu espères que tu seras heureux dès que tu auras obtenu ce que tu désires. Tu te trompes. Tu ne seras pas plus tôt en possession, que tu auras mêmes inquiétudes, mêmes chagrins, mêmes dégoûts, mêmes craintes, mêmes désirs ; le bonheur ne consiste point à acquérir et à jouir, mais à ne pas désirer. Car il consiste à être libre."

 

(Epictète, Entretiens, Livre IV)

 

epictete

 

Épictète, en grec ancien Ἐπίκτητος / Epíktêtos, qui signifie « homme acheté, serviteur », (Hiérapolis, Phrygie, 50 - Nicopolis, Épire 125 ou 130) était un philosophe de l’école stoïcienne.

 

J'ai vu Epictète en rêve la nuit dernière et voici ce qu'il m'a dit :

 

" - As-tu vraiment besoin d'acheter ce 4/4 "écologique" hors de prix sous prétexte que ton voisin a le même ? 


Tu t'es endetté, tu n'en dors pas de la nuit, tu prends des antidépresseurs, tu songes même à en finir avec la vie. Penses-tu que ce que tu as acquis valait de l'être à ce prix ?


Tu as acheté une grosse voiture avec toutes les options et tu étais heureux jusqu'à présent, mais ton voisin vient d'acheter une automobile encore plus luxueuse et maintenant,  tu es envieux et malheureux. As-tu songé au prix de l'essence, à la possibilité de te garer, etc. ? Tu aurais mieux fait d'acheter une voiture plus modeste ou de circuler à vélo et d'aider tes enfants au lieu de rivaliser avec ton voisin. 


Le désir est comme un tonneau percé. Un tonneau percé n'est jamais rempli, le désir n'est jamais satisfait.


Contente-toi de ce que tu as. Ce n'est pas en possédant plus que tu seras meilleur car tu n'es pas ce que tu as. Tu n'est que ce que tu es.

 

Ne crains pas de manquer, crains de manquer du manque !

   

As-tu vraiment besoin de cet hideux écran plat qui va te prendre la moitié de la surface de ta salle de séjour et plus de la moitié de ton salaire mensuel ? Pour regarder les mêmes émissions stupides, écouter les mêmes chiens de garde (vous les appelez des économistes et des experts, nous les appelions des sophistes), la même propagande, subir le même endoctriment, le même lavage de cerveau, t'enchaîner à toujours plus de "chaînes".

 

Souviens-toi de Socrate se promenant au milieu d'un marché : "Que de choses dont je n'ai pas besoin !"

 

La société de consommation touche à sa fin. La "crise financière" a du bon... Anticipe, réduis tes besoins et tu ne seras pas surpris quand le système s'effondrera ! Car sois certain qu'il s'effondrera. Athènes s'est effondrée, l'Empire romain s'est effondré, tout ce qui ne dépend pas de nous passe, mais une seule chose demeure, ce qui dépend de nous : la vie de l'esprit.


 

Note : on ne saurait imposer à tout le monde les excellents conseils d'Epictète, ni en tirer une "politique" sans de graves inconvénients. Dieu nous garde des utopistes (ce qu'Epictète n'était certainement pas !) et des utopies !

 

La question n'est pas de "changer le monde", mais  de commencer par nous changer nous-mêmes si nous voulons que le monde change : "N'espère pas la République de Platon, mais sois content si une petite chose progresse, et réfléchis au fait que ce qui résulte de cette petite chose n'est précisément pas une petite chose ! (Marc Aurèle, Pensées, IX, 29,5)

 

Nous essayons de nous orienter dans un monde désormais dominée par la technique et l'économie de marché où prolifèrent des objets que nous n'avons d'ailleurs plus les moyens d'acheter et les mauvais conseils sous la forme de la publicité et de la propagande et où le seul impératif catégorique, le seul projet commun réside désormais dans la consommation ad nauséam, alors que nous n'avons plus les moyens de consommer.

 

Il me semble que les philosophes de l'antiquité, les Stoïciens comme Epictète, mais aussi les Epicuriens, peuvent nous aider dans cette tâche.

 

Ceci dit, à moins que le "réchauffement climatique", la disparition des espèces animales et végétales, la dégradation de l'environnement, les risques que fait peser l'industrie nucléaire, etc. ne soient qu'une vaste blague (une blague que les Japonais ne semblent pas beaucoup apprécier) le problème n'est pas purement individuel et purement moral ; il a aussi une dimension politique.

 


 

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