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Sept députés UMP, dont Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, ont annoncé, lundi 22 juillet, la création d'un « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe », avec pour objectif une « réorientation de la construction européenne ».

 

Ces 7 parlementaires sont cornaqués par Julien Aubert, député UMP de Vaucluse et très récemment sélectionné par les Américains comme un « Young Leader » de la « French American Foundation » (FAF). http://www.frenchamerican.org/2013-young-leaders-announced-7092013

 

Il va sans dire que plusieurs grands médias (Le Nouvel Observateur, Les Échos, Capital, RMC, etc.) ont, séance tenante, consacré des articles et des tribunes à cet événement considérable où les 7 protagonistes ne représentent pour l’instant qu’eux-mêmes.

 

Il va sans dire aussi que ces mêmes médias continuent de refuser, avec une admirable constance depuis plus de 6 ans, de consacrer le moindre mot à l’UPR, de reprendre le moindre des communiqués de presse que nous leur adressons. À l’évidence nos bientôt 3200 adhérents et les dizaines de milliers de sympathisants qui nous lisent sur nos différents vecteurs Internet, ne représentent rien en comparaison des 7 députés en question.

 

Reprenant en chœur la dépêche de l’Agence Reuters, ces médias bien dociles nous apprennent donc ce qui suit :

 

« Ces 7 élus, pour la plupart membres de la Droite populaire, l'aile droitière du parti, dénoncent "le règne de la pensée unique" qui interdit à leurs yeux toute alternative "au motif qu'il n'y aurait qu'une seule politique possible."

Dans un communiqué, ils critiquent le "fédéralisme qui ne dit pas son nom" et qui a "voulu à marche forcée et à rebours de la volonté des peuples construire un super-État européen, devenu une aberration politique et démocratique".

 

Les élus estiment qu'un peu plus de 10 ans après la mise en place de l'euro, il est nécessaire "d'établir un diagnostic lucide sur la monnaie unique et engager le débat au sein de nos partis respectifs", plus particulièrement à l'UMP.

 

Selon eux, le système actuel est caractérisé "par la désindustrialisation de l'Europe, l'exacerbation des égoïsmes nationaux et la fuite en avant vers toujours plus de fédéralisme". »

 

Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00537469-france-sept-deputes-ump-veulent-une-refondation-de-l-europe-588544.php

 

 

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L'UMP affûte les dents de son râteau électoral

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Naturellement, si Le Nouvel Observateur, Capital, RMC et Les Échos ouvrent leur colonne à un Young Leader de la FAF et à l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy pour critiquer durement l’Europe et pour dénoncer sans rire « le règne de la pensée unique », ce n'est évidemment pas que les rédacteurs en chef auraient soudain été touchés par la grâce de l’euroscepticisme et le souci de la liberté d’expression. C’est qu'il y a quelque chose à comprendre.

 

Qu'y a-t-il à comprendre ?

 

Eh bien tout simplement que l’UMP a décidé de commencer à préparer la campagne pour les élections européennes de 2014.

 

Le parti de Jean-François Copéfillon est en train d’allumer un contre-feu, avec une répartition des rôles en forme de râteau :

  • à un bout, les dents du râteau "Barnier" ou "Lellouche" qui seront chargées de ratisser les électeurs ultra-européistes ;
  • à l'autre bout, les dents du râteau "Myard" ou "Guaino" ou "Droite populaire" qui seront chargées de ratisser les électeurs eurocritiques - de plus en plus nombreux - et qui joueront pour cela l'inépuisable tragi-comédie du « Retenez-moi ou je fais un malheur ! » ;
  • enfin, au centre, les dents du râteau Copé, Fillon et autres « NKM » qui prendront la pose du rassembleur en appelant doctement à la synthèse de la carpe et du lapin.

 

 

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La « suggesto-politique »

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Bien entendu, rassurons tout de suite ceux qui auraient des doutes : jamais, au grand jamais, le « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » ne proposera aux électeurs de sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.

 

De façon exactement identique à la tactique usée jusqu’à la corde par d'autres, et tout spécialement par le Front National, il restera dans le domaine de l'équivoque, des phrases à double entente, des prises de position contradictoires, des déclarations orales jamais confirmées par écrit, des programmes constamment fluctuants, bref tout l'éventail de la rouerie politicarde et des manœuvres sciemment ambiguës et trompeuses.

 

Comment fonctionne cette ruse que j’appelle la « suggesto-politique » ? ( en référence à la « suggesto-thérapie  » qui désigne des méthodes d'autosuggestion - de type méthode Coué - qui se fondent sur la capacité naturelle de l'esprit humain à se laisser influencer et à prendre ses désirs pour des réalités).

 

Elle consiste à entretenir, dans l’esprit des électeurs, la confusion entre le fait de dénoncer une situation et le fait de proposer un remède clair et sans ambiguïté pour sortir de cette situation.

 

Ainsi, le « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » lancé par le nouveau Young Leader de la FAF escompte bien que le fait de « critiquer le "fédéralisme qui ne dit pas son nom" » sera sur-interprété par les électeurs comme la promesse d’y remédier ; et que le fait de dénoncer « un super-État européen, devenu une aberration politique et démocratique » sera compris par les électeurs comme la promesse d’en sortir.

 

Or, ce n’est justement pas le cas !  

 

Car, si l'on relit très attentivement la dépêche Reuters citée précédemment et reprise par tous les médias, la seule promesse bien tangible et bien concrète de ce « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe », c’est… « d'établir un diagnostic lucide sur la monnaie unique et engager le débat au sein de nos partis respectifs ».

 

Bref, 21 ans après le référendum sur le traité de Maastricht et 8 ans après le rejet de la « Constitution européenne » par 55% des électeurs français, les médias nous présentent comme une information d’importance la création d'un « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » dont la seule proposition concrète est… d’engager un débat !

 

Pigé ?

 

Le « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » utilise donc exactement la même tactique manipulatoire que le FN, ou le Front de Gauche, ou DLR : il n'y a aucun rapport entre ce que les électeurs croient avoir compris de leur programme et la réalité de leurs engagements concrets.  

 

C'est ainsi que les professions de foi savamment écrites de Mme Le Pen et de M. Dupont-Aignan ne parlent jamais de sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, ni a fortiori ne contiennent jamais le moindre engagement concret dans ce sens ( cf. http://www.upr.fr/actualite/france/les-masques-tombent-les-professions-de-foi-de-le-pen-et-nda-ne-parlent-ni-de-sortir-de-l-ue-ni-meme-de-l-euro ).

 

Quant aux professions de foi de M. Mélenchon, elles n'évoquent jamais non plus la sortie de l'UE et de l'euro. C'est logique puisque le truculent tribun qui préside aux destinées du FG se fait fort, au contraire, d'y rester, tout en « désobéissant aux traités européens ». Inutile de préciser que M. Mélenchon n'explique jamais quelles seraient les conséquences concrètes immédiates, pour la France, d'un tel viol de ses engagements internationaux. Il est donc pour l'UE, tout en étant contre...

 

 

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Un affreux manque d'imagination

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Cette volonté de se moquer du monde et de manipuler de façon répugnante les électeurs se mesure également au manque d’imagination pathétique dont font preuve ces 7 petits messieurs de ce nouveau « Collectif » [ sic ].

 

Car l’idée de « refondation de l’Europe » est à peu près aussi éculée que l’idée de « l’Autre Europe », dont elle est d'ailleurs l’exact synonyme.  

 

Ainsi :

 

  • l’éditorialiste Jean d’Ormesson a déjà appelé à une « refondation de l’Europe » dans un papier publié dans le Figaro du 11 mai 2010, il y a plus de 3 ans.

( http://www.lefigaro.fr/editos/2010/05/11/01031-20100511ARTFIG00614-pour-une-refondation-de-l-europe.php).

 

 

  • Nicolas Sarkozy, encore à l’Élysée, a appelé, lui aussi, à une « refondation de l’Europe » dans un discours prononcé à Toulon le 1er décembre 2011. Il y a plus d'un an et demi.

( http://www.leparisien.fr/diaporama-videos/index.php?source=home&sig=iLyROoafrJkT&pub=64455&rub=par:www:transports )

 

 

  • François Bayrou, président du MoDem, a appelé, lui itou, à une « refondation de l’Europe » lors d'une réunion publique à Strasbourg le 6 mars 2012. Il y a un an et 4 mois.

( http://www.20minutes.fr/politique/892783-meeting-strasbourg-bayrou-prone-refondation-europe )

 

  • Pierre Laurent, le Secrétaire national du Parti « communiste » français et par ailleurs président du Parti de la Gauche européenne (PGE) a appelé, lui également, à une « refondation démocratique de l’Europe » dans un communiqué officiel du PCF diffusé le 10 octobre 2012. Il y a plus de 9 mois.

( http://www.pierrelaurent.org/article/la-refondation-d-mocratique-de-lue-doit-tre-le-combat-de-la-france )

 

 

  • Dans ces conditions, l'annonce à grands sons de trompe de la création, le 22 juillet 2013, d'un « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » revêt un caractère tout simplement ridicule.

( http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20130722.REU8829/sept-deputes-ump-veulent-une-refondation-de-l-europe.html )

 

 

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Deux vérités toutes bêtes

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Aux esprits ingénus qui se demanderaient pourquoi Nicolas Sarkozy n’a justement pas « refondé l’Europe » alors qu’il était président de la République, et qui se demanderaient, du coup, par quel miracle le « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe », composé de 7 députés de terrain, y parviendrait davantage que le chef de l’État en personne, je rappellerai deux vérités toutes bêtes.

 

  • 1ère vérité : pour « refonder l'Europe », pour « changer d’Europe », pour « promouvoir une autre Europe », etc., etc., il faudrait modifier de fond en comble les traités européens.

Notamment sur des sujets absolument essentiels comme :

  • la libre circulation des mouvements de capitaux (article 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne - TFUE - qui est à l’origine de toutes les délocalisations industrielles),
  • l'imposition de politiques de régression sociale (article 121 du TFUE),
  • le démantèlement des services publics (article 106 du TFUE),
  • l'indifférence complète de la BCE au chômage et à la désindustrialisation et l'interdiction de monétiser une partie des déficits publics (articles 123 et 282 du TFUE),
  • la destruction de notre agriculture soumise à des contraintes de productivité à outrance (articles 32 et 39 du TFUE),
  • la subordination à l'OTAN (article 42 du traité sur l'Union européenne - TUE), 
  • etc., etc.

 

  • 2ème vérité : pour procéder à ces modifications essentielles, il faudrait obtenir L'U-NA-NI-MI-TÉ des 28 États membres de l'UE (depuis l'entrée de la Croatie le 1er juillet, l'UE compte 28 membres).

J'insiste une nouvelle fois car il faut bien comprendre ce que ce besoin d'unanimité implique.

 

Obtenir l'unanimité, cela signifie par exemple :

  • obtenir que le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Luxembourg donnent leur accord à la fin de la libre circulation des capitaux, alors que c'est l'un des éléments clés de production de leur richesse nationale,

ET aussi :

  • obtenir que le Portugal, le Royaume-Uni et les pays de l'est donnent leur accord à la fin de la subordination à l'OTAN, alors que c'est la clé de voûte de leur doctrine de défense nationale,

ET aussi :

  • obtenir que l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas donnent leur accord à une gestion beaucoup plus inflationniste de la BCE, alors que la solidité de la monnaie est au cœur même de leur consensus national,

etc.

 

Tout observateur impartial et lucide, un tant soit peu au fait des intérêts et des positions constantes des différents États membres de l'UE, comprend intuitivement que de pareils revirements à 180° sont et seront toujours absolument impossibles.

 

Il est infiniment moins probable de « refonder l'Europe » ou de « changer d’Europe » que d'obtenir des "FEMEN" qu'elles fassent vœu de chasteté et entrent au carmel.

 

 

 

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La probabilité mathématique d'une « Autre Europe »

ou d'une « refondation de l'Europe », est quasi-nulle.

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Mais l'intuition ne suffit pas. Pour convaincre tous ceux qui rêvent d'une « Autre Europe » depuis six décennies qu'ils s'épuisent à courir derrière un mirage, il faut dépasser le stade de l'intuition et celui de l'analyse factuelle pour adopter une approche scientifique : quelle est la probabilité mathématique d’avoir 28 États d’accord au même moment sur une « refondation de l'Europe » ou sur un « changement d’Europe » radical ?

 

Je rappelle ici la démonstration mathématique que j’ai faite récemment à l'École Polytechnique, ou plus récemment encore dans ma conférence sur « les 10 raisons de sortir de l’UE » : https://www.youtube.com/watch?v=Ch5Bfe5j29A (à partir de 4’30’’)

 

Si l'on postule – pour simplifier - que la probabilité que les électeurs élisent une majorité de gauche social-démocrate est de 50% dans chaque État de l’UE (et qu’elle est de 50% pour choisir une majorité de droite libérale), alors la probabilité que les 28 États de l’Union européenne aient une politique unanime pour changer les traités européens dans un sens « de gauche social-démocrate » est de (0,5) ^28   =  0, 375 x 10(puissance-8). 

 

Soit l’équivalent de 3 heures tous les 100.000 ans.

Autant dire rien.

 

Et encore cette estimation est-elle largement surévaluée puisqu’elle fait abstraction des divergences d’intérêts nationaux entre les 28 États, divergences qui font que, par exemple, les partis sociaux-démocrates (de type PS français, SPD allemand, PSOE espagnol, Labour britannique, etc.) sont très loin d’avoir les mêmes programmes.

 

Et si l'on postule maintenant que la probabilité que les électeurs élisent une majorité de type « Front de gauche » ou de type  « Front National » est de 15 % dans chaque État de l’UE (ce qui est un taux très, très largement surestimé), alors la probabilité que les 28 États de l’Union européenne aient une politique unanime pour changer les traités européens dans le sens voulu par le « Front de gauche » ou par le « Front National » français est de (0,15)^28  = 2,84 x 10(puissance-23) = 0,000 000 000 000 000 000 002 845 chances sur 100.

 

Soit l’équivalent probabiliste de 0,9 seconde tous les 10 trillions d’années (10 milliards de milliards d’années). C'est-à-dire qu'une telle occurrence n'a jamais eu l'occasion de se produire depuis la création de l'Univers...

 

Encore ce dernier calcul est-il grossièrement favorable, je le rappelle, puisqu'il ne tient pas compte de deux éléments décisifs :

 

- d'une part la divergence irréductible des intérêts nationaux, qui rend beaucoup plus compliquée encore toute entente entre 28 États, même dans l'hypothèse où il seraient tous dirigés par des gouvernements partageant les mêmes orientations politiques ;

 

- d'autre part le rôle tutélaire des États-Unis dans la prétendue « construction européenne » : même si aucun européiste ne le dit jamais, toute réforme substantielle de l'Union européenne est impossible sans avoir le feu vert discret de Washington.

 

Lorsque l'on voit comment les gouvernements français, espagnol, portugais et italien ont obéi, avec le doigt sur la couture du pantalon, dès que Washington leur a demandé d'intercepter l'avion du président bolivien Evo Morales, on imagine ce qu'il en serait si d'aventure Washington tapait du poing sur la table en exigeant le retrait d'une réforme de l'UE qui n'aurait pas l'heur de lui plaire....

 

 

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Conclusion ?

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Elle est simple. 

 

Ce « Collectif parlementaire sur la refondation de l'Europe » n’est que l’un des nombreux leurres qui va être mis en avant dans les médias, au cours des mois qui viennent, afin de tenter d’empêcher le peuple français de découvrir l’UPR et de découvrir par la même occasion qu’il existe un moyen juridique, irréfutable, et simple, de sortir du désastre : l’article 50 du traité sur l'Union européenne (TUE) qui permet une chose et une seule : sortir de l’Union européenne.

 

Il n’en tient qu’à nous tous de démasquer dès maintenant toutes ces manœuvres et de rassembler le plus grand nombre possible de Français sur nos analyses et notre programme.

 

François ASSELINEAU

 

23 juillet 2013

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