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Bien que le débat du "Grand oral" sur la 2  ait été de bonne tenue, sur deux sujets fondamentaux, l'Ecole et l'Europe, les candidats du PS à la primaire à Gauche n'ont pas été très convaincants.

 
Même si l'on aborda le problème des suppressions de postes et de la formation des enseignants, il ne fut guère question de contenus et de programmes...

 

A propos de l'Europe, sujet central, s'il en est, la destruction programmée de l'Ecole républicaine étant étroitement liée aux directives européennes - le "lit de Procuste" des "critères de convergence" dans tous les domaines, économique, financier, culturel est appliqué aussi à l'Ecole avec les notions de "socle commun", de "compétences" et d'"employabilité"- , à l'exception du fougueux Manuel Valls dont l'européisme (l'Union européenne ne fonctionne pas DONC, il faut encore plus d'Union européenne) et la fidélité "génétique" (sic) à l'ancien patron du FMI ont au moins le mérite de la clarté, les candidats du "grand oral" se sont efforcés de faire "profil bas"...


Si le respectable représentant du Parti radical, M. Jean-Michel Baylet, que l'on s'imagine assez mal s'adonner à la "fumette", même "pour voir", parla longuement de la grave question du canabis (faut-il interdire ou dépénaliser ?), on évita soigneusement de parler de la Grèce. Les responsables du PS - comme d'ailleurs de l'UMP - ont décidément bien du mal à penser "hors du cadre", mais beaucoup de facilité à "botter en touche" quand une question les dérange.

 

Or les Français ne sont pas aussi bêtes que le croient les hommes politiques ; ils savent distinguer l'essentiel de l'accessoire et ils attendent des réponses nettes et précises, notamment au sujet de l'Union européenne. Qui peut raisonnablement croire que les Allemands vont accepter de payer pour les Grecs qui ont délibérément  falsifié leur bilan afin de répondre aux fameux "critères de convergence" et n'ont entamé, jusqu'à présent,  aucune réforme structurelle ?

 

Qui peut raisonnablement espérer que les mesures d'austérité draconiennes exigées par la commission européenne des Grecs, des Italiens, des Portugais, des Espagnols, des Irlandais et des Français ne vont pas entraîner des troubles sociaux de grande ampleur ?


Il fallait vraiment décrypter les non-dits, les réticences, les mimiques pour comprendre que François Hollande n'était pas favorable à l'acharnement thérapeutique (je parle de l'Europe, pas de l'euthanasie), mais le désarroi des candidats et la crainte de trop s'avancer sur un sujet politiquement délicat était nettement perceptible.


Les hommes (et les femmes) politiques, à Gauche, comme à Droite, sont totalement désemparés à propos de la crise de l'Europe, alors qu'il nous faudrait un homme (ou une femme) d'Etat suffisamment courageux (se) pour nous dire que la sortie de l'euro et de l'Union européenne et le retour à la souveraineté nationale est possible et qu'il faut la préparer en douceur ("gouverner c'est prévoir") plutôt que la  subir en urgence dans un contexte catastrophique. 


Pourquoi ce désarroi ? Parce que la plupart des socialistes - à l'exception d'Arnaud Montebourg qui se prononça contre le Traité de Maastricht et de Laurent Fabius qui réfusa le projet de Constitution européenne, ont lié les valeurs et le destin de la Gauche à l'Union européenne, malgré le démenti historique et l'évidence de leur antinomie : l'Europe comme pur et simple espace de libre-échange, régie par les technocrates de la commission de Bruxelles et sous le leadership de l'Allemagne, nuit gravement aux classes moyennes et populaires et les mesures sociales et écologiques préconisées par la Gauche sont inapplicables dans le cadre de l'Union européenne.

 

On ne voit pas non plus comment on pourrait mettre en place, comme le souhaite Manuel Valls des quotas d'immigration par secteurs d'activité dans le cadre de l'espace Schengen, sans se faire vertement rappeler à l'ordre par Bruxelles : "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes." (Bossuet)


La deuxième raison tient au fait que le thème de la souveraineté nationale (une valeur de Gauche, de même que la laïcité) a été confisquée par l'extrême Droite.

 
En ce qui concerne François Bayrou et le MODEM, dont l'intérêt est de s'allier au PS - comme c'est déjà le cas à la mairie de Lille et au conseil régional de Poitou-Charentes - , il ne peut que faire profil bas, lui aussi, la Démocratie chrétienne, pour des raisons historiques (notamment l'influence de Pie XII) étant impliquée, elle aussi, et plus étroitement qu'aucun autre Parti politique, dans la construction européenne.


Plutôt que de s'acharner à maintenir une utopie contraire aux intérêts des Peuples, comme on le voit partout et comme on le verra de plus en plus (et pas seulement en Grèce), le ou la vainqueur des primaires s'honorerait à parler franc sur le sujet, comme disait Michel Rocard et à ne pas laisser ce thème au Front National.

 

En aura-t-il ou elle la lucidité et le courage ? 

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