Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gerard-Manley-Hopkins-Quotes-4.jpg

 

Gerard Manley Hopkins, Poèmes accompagnés de proses et de dessins, Choix et traduction de Pierre Leyris, Editions du Seuil pour la traduction française

 

Né en 1844. Etudes à Balliol College, Oxford, où, sous l'influence de Newman, il abjure le protestantisme. Après avoir été novice chez les Jésuites, il est ordonné en 1874. Enseigne le grec à l'université de Dublin, où il meurt en 1889. Son oeuvre, ignorée jusqu'en 1918, date à laquelle son ami Robert Bridges la publie, aura une influence décisive sur toute une génération de poètes anglo-saxons, notamment T.S. Eliot, Auden, Dylan Thomas...

 

Ce volume rassemble, sous un nouveau titre, les poèmes et les proses de Gerard Manley Hopkins précédemment publiés dans Reliquae et Le Naufrage du Deutschland.

 

Dans une traduction qui fait l'admiration de tous les spécialistes, Pierre Leyris réussit l'impossible gageure : choisir dans l'oeuvre du grand poète victorien ce qu'elle offre de plus significatif et de plus puissant.

 

Ainsi les poèmes (avec le texte anglais en regard) - dont le Naufrage du Deutschland, chef-d'oeuvre de maturité - les fragments de journal, sermon, lettres et dessins restituent toute la diversité de ce génie, éclairent l'âme du poète et de l'ascète écartelé entre son amour de la poésie et les exigences de son sacerdoce.

 

 

 

 

purcell.jpg

 

Henry Purcell

 

The poet wishes well to the divine genius of Purcell and praises him that, whereas other musicians have given utterance to the moods of man's mind, he has, beyond that, uttered in notes the very make and species of man as created both in him and in all men generally.


 

Have fait fallen, O fair, fair have fallen, so dear

To me, so arch-especial a spirit as heaves in Henry Purcell,

An age is now since passed, since parted ; with the reversal

Of the outward sentence low lays him, listed to a heresy, here.

 

Not mood in him nor meaning, proud fire or sacred fear,

Or love or pity or all that seet notes not his might nursle :

It is the forged feature finds me ; it is the rehearsal

Of own, of abrupt self there so thrusts on, so throngs the ear.

 

Let him oh ! with his air of angels then lift me, lay me ! only I'll

Have an eye to the sakes of him, quaint moonmarks, to his pelted plumage under

Wings : so some great strormfowl, whenever he has walked his while

 

The thunder-purple seabeach purple-of-thunder,

If a wuthering of his palmy snow-pinions scatter of colossal smile

Off him, but meaning motion fans fresh our wits with wonder.

 

G.M. Hopkins

 

 

 

 

Henri Purcell

 

Le poète souhaite du bien au divin génie de Purcell et le loue de ce que, alors que d'autres musiciens ont donné expression aux modes de l'esprit humain, il a en outre exprimé par des notes la configuration et l'espèce même de l'homme telles que crées en lui et en tous les hommes généralement.

 

Soit bien échu, ô bien, bien soit échu à l'âme

Si chère et si archi-spéciale qui palpite chez Henri Purcell,

Voici des âges défunte et dès lors séparée ; - soit rapportée,

La sentence nominale qui lourd pèse sur lui, en l'hérésie rôlé.

 

Humeur chez lui ni signifiance, feu fier non plus que crainte sainte,

Amour, pitié, ni tout ce que douces notes non siennes pourraient nourrir

ne me touchent, mais le trait forgé, mais la parade

Du moi propre, du moi abrupt qui tant force et peuple l'oreille.

 

Qu'il, oh ! qu'avec son air des anges, il m'élève, me dépose, pourvu

Que j'entrevoie ses marques, ses bizarres lunules, son plumage piqueté

sous les ailes :

Tel, un grand oiseau des tempêtes, après avoir marché un temps

 

Sur la grève pourpre-tonnerre, emplumé de tonnerre pourpre,

Qu'une brusque bourrasque de ses rémiges neigeuses éparpille alentour un sourire colossal,

Voulant le seul envol, nous évente d'émerveillement.

 

G.M. Hopkins, trad. Pierre Leyris

 


 


Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :