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Das Denken führt keinem Wissen wie die Wissenschaften

Das Denken bringt keine nutzbare Lebenweisheit

Das Denken löst keine Welträtsel

Das Denken verleiht unmittelbar keine Kräfte zum Handeln

 

La pensée n'apporte pas le savoir comme le font les sciences.

La pensée n'apporte pas de sagesse pratique.

La pensée ne résoud pas les énigmes de l'univers.

La pensée ne nous donne pas directement le pouvoir d'agir."

 

(Martin Heidegger, Was heisst Denken ?, cité par Hannah Arendt)

 

"Notre héritage n'est précédé d'aucun testament." (René Char, cité par Hannah Arendt)

 

 

Publiés après sa mort, ces textes consacrés à la vie de l'esprit sont, pour Hannah Arendt, un retour à la philosophie pure. Ils constituent son testament philosophique, une élaboration éthique de sa vision de l'homme et du politique.


"C'est en tant qu'amie et exécuteur littéraire de Hannah Arendt, explique Mary Mc Carthy dans la note préliminaire que j'ai préparé La vie de l'esprit pour la publication. En 1973, la pensée constituait, sous une forme plus condensée, la matière des Gifford Lectures données à l'université d'Aberdeen et, en 1974, c'était la première partie de La volonté. La pensée et la volonté, cette fois encore moins développées, furent données sous forme de cours à la New School for Social Research en 1974. (...) Le second volume contient un appendice au Jugement, tiré d'un cours sur la philosophie politique de Kant présenté à la New School for Social Research en 1970.

 

"Hannah Arendt est morte subitement le 4 décembre 1975. C'était un jeudi soir ; elle recevait des amis. Le samedi précédent, elle avait terminé La volonté, seconde partie de La vie de l'esprit. Comme La condition de l'homme moderne (The Human Condition) qui l'avait précédé, l'ouvrage était conçu en trois parties. Alors que La condition de l'homme moderne, dont le sous-titre est vita activa, se subdivise en Travail, Oeuvre et Action, La vie de l'esprit, comme cela avait été prévu, se subdivise en Pensée, Volonté et Jugement, les trois activités fondamentales, à ses yeux, de la vie mentale. La distinction, établie par le Moyen-Âge, entre la vie active de l'homme dans le monde et la vita contemplativa solitaire était, de toute évidence, présente à son esprit, bien que son penseur, son juge, son être de volonté n'ait pas été un contemplatif, séparé des hommes par une vocation monacale, mais quiconque met à profit la capacité spécifiquement humaine de se retirer, de temps à autre, dans la région invisible de l'esprit.

 

Elle ne s'est jamais posé la question de savoir si la vie de l'esprit est ou non supérieure à la vie dite active (alors que l'Antiquité et le Moyen-Âge pensaient qu'il en est ainsi). Cependant, ce ne serait pas trop de dire que les dernières années de sa vie ont été consacrées à ce travail, qu'elle traitait en tâche imposée à l'être de pensée vigoureuse qu'elle était - la tâche la plus haute à laquelle elle ait été appelée. Au milieu de ses obligations multiples d'enseignante et de conférencière, de sa participation à des tables rondes, des comités consultatifs, des jurys divers (bien que rarement volontaire, elle était constamment entraînée dans la vita activa du citoyen et de la personnalité en vue), elle demeurait plongée dans La vie de l'esprit comme si, en l'achevant, elle s'acquittait non pas d'une obligation, ce qui serait d'un prix trop élevé, mais d'un pacte qu'elle avait fait. Tous les chemins, aussi peu fréquentés soient-ils, où elle se retrouvait, par hasard ou délibérément, dans la vie courante ou professionnelle, l'y ramenait."

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