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Harald Weinrich, Léthé, Art et critique de l'oubli, (Léthé, Kunst und Kritik des Vergessens, C.H. Beck, Munich, 1997, traduit de l'allemand par Diane Meur, ouvrage publié avec le concours du Centre national du Livre, Fayard pour la traduction française.

 

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Harald Weinrich est un linguiste allemand né en 1927. Il est l'auteur d'un ouvrage contenant l'étude approfondie du temps à partir de textes littéraires de diverses langues européennes, Le Temps, dans lequel il distingue deux attitudes de locution possibles : le récit et le commentaire.

 

Après avoir enseigné la littérature comparée dans les universités de Kiel, Cologne, Bielefeld et Munich, Harald Weinrich a été titulaire de la chaire de langues et littérature romanes au Collège de France.

 

 

Principales publications en français

  • Le Temps, 1973, Le Seuil
  • Grammaire textuelle du français , 1989, Didier/Hatier
  • Conscience linguistique et lectures littéraires, 1989, Maison des Sciences de l'Homme
  • Léthé. Art et critique de l'oubli, 1999, Fayard

 

Jusqu'à-l'oubli...

 

 

"Nul n'est à l'abri de l'oubli. Mais quelles sont les incidences sur notre vie, sur nos sentiments, sur nos connaissances ? Jusqu'où les exigences de la morale et du droit nous permettent-elles d'oublier ? Dans notre société d'information où la mémoire électronique soutient et menace à la fois la mémoire humaine, où le rêve d'un savoir universel est en train de tourner au cauchemar, la sagesse ne consiste-t-elle pas précisément à savoir abandonner ce qui est superflu ?

 

Les Grecs se représentaient l'oubli sous la forme d'un fleuve, le Léthé, qui était aussi une divinité puissante. C'est eux qui inventèrent un "art de l'oubli" tout en élaborant un art de la mémoire.

 

Depuis Homère, le thème de l'oubli a nourri la culture de l'Occident, inspirant poètes, romanciers, philosophes. A travers leurs écrits se dessinent, plus ou moins explicitement, différentes conceptions de l'oubli : source de péché selon saint Augustin qui se reprochait son criminel "oubli de Dieu", règle d'hygiène mentale pour Rabelais comme pour Montaigne, règle de vie amoureuse selon Casanova, condition de l'intelligence pour les hommes des Lumières... "Laissons le passé être le passé", implore le Faust de Goethe, tandis que Nietzsche s'écrie "bienheureux les oublieux". Et les psychanalystes se sont à leur tour intéressés aux "dispositions secrètes de celui qui oublie".

 

Toute théorie de l'oubli implique sa critique. Car l'oubli, à côté de sa dimension privée, comporte une dimension publique et politique. L'amnistie et l'oubli miséricordieux que les chrétiens associent au pardon peuvent apporter la paix. Mais l'homme doit se battre contre le danger d'amnésie des génocides, et en premier lieu celui de l'Holocauste.

 

Nos ordinateurs comportent une touche "efface". Mais que faut-il "effacer" ? ce livre, qui parcourt les méandres du Léthé à travers les siècles, nous propose une profonde réflexion à ce sujet.

 

 

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Le fleuve Léthé

 

 

"Nul n'est à l'abri de l'oubli. Chacun a fait l'expérience d'avoir oublié telle chose ou telle autre, ou même d'avoir tout oublié de maint savoir péniblement acquis. Personne ne peut donc se permettre de dire à la légère : c'est inoubliable! Ca, je ne l'oublierai jamais ! L'homme est naturellement soumis à la loi de l'oubli, il est fondamentalement un animal obliviscens. cet ouvrage n'a donc pas besoin d'une définition scolastique du verbe oublier : le sens de ce mot reste lui-même à l'abri de l'oubli.

 

Le phénomène psychique qu'il désigne n'est en revanche pas assez connu. Les différentes espèces de l'oubli que nous offre le quotidien ne suffisent pas à nous donner une idée précise des incidences de l'oubli sur notre vie et de l'emprise qu'il exerce sur notre appareil cognitif et émotif. Elles ne nous éclairent pas non plus de façon satisfaisante sur le rôle de l'oubli dans les arts et les sciences qui ont accompagné de leur sympathie ou de leur antipathie la longue histoire de l'oubli. Quelles sont, en outre, les digues qu'il convient d'éxercer contre l'oubli chaque fois que celui-ci s'avère incompatible avec les exigences du droit et de la morale ?

 

Afin d'offrir des connaissance plus précises sur ces différents aspects de l'oubli, et de permettre ainsi à chacun de se situer à sa manière par rapport à ce phénomène universel, une histoire culturelle de l'oubli s'impose, qui mette en relief, à titre égal, l'art de l'oubli et sa critique, cette dernière incluant une critique de l'art de l'oubli. Telle est l'intention du présent livre, que parcourt de ses méandres le Léthé, fleuve de l'oubli..." (Hararld Weinrich)

 


 


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