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Henry David Thoreau, Balades, titre original : Walking, traduit de l'anglais par Léon Balzagette, La Table Ronde, Les Petits Livres de la Sagesse

 

Henry David Thoreau, né David Henry Thoreau le 12 juillet 1817 à Concord (Massachusetts) où il est mort le  6 mai 1862, est un essayiste, enseignant, philosophe, naturaliste amateur et poète américain.


Son œuvre majeure, Walden ou la vie dans les bois, publiée en 1854, prône le retour à une vie simple, à l'écart de la société. Dans La Désobéissance civile (1849), il avance l'idée d'une résistance individuelle légitime à un gouvernement jugé injuste.  Il refuse par exemple, à titre personnel, de payer l'impôt tant que subsistera l'esclavagisme et pour protester contre la guerre contre le Mexique (1846-1848).


Thoreau propose une philosophie et une éthique de résistance non violente qui influence de grandes figures politiques, spirituelles ou littéraires telles que Léon Tolstoï, Gandhi, Martin Luther King ou Stéphane Hessel. 


Surnommé le « poète-naturaliste » par son ami William Ellery Channing (1818-1901), Thoreau est un observateur attentif de la nature, en particulier dans ses dernières années durant lesquelles il étudie des phénomènes aussi variés que les saisons, la dispersion des essences d'arbres ou encore la botanique.

 

Les différents mouvements écologistes ou les tenants de la "décroissance" le considèrent comme un précurseur car il ne cesse de replacer l'être humain dans son milieu naturel, de souligner les liens entre l'homme et la nature et d'en appeler au respect de l'environnement.

 

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"Je n'ai rencontré dans le cours de ma vie qu'une ou deux personnes qui comprissent l'art de Marcher, c'est-à-dire de faire une promenade - qui eussent, pour ainsi dire, le génie de la balade. Notre mot pour "balade", sauntering, a une origine admirable : il vient des "traînards qui vagabondaient par le pays au Moyen-Âge et demandaient la charité sous prétexte de se rendre à la Saincte Terre", en Terre Sainte, si bien que les gamins s'écriaient : "Voilà un sainterreux", un qui se rend en Terre Sainte. Ceux qui ne se rendent jamais en Terre Sainte dans leurs promenades, comme ils prétendent, sont en effet de simples traînards, des vagabonds ; mais ceux qui bien y vont sont des sainterreux dans le bon sens, tel que je l'entends.

 

D'après certains, toutefois, le mot viendrait de sans terre qui, dans le bon sens, signifie donc : qui est sans foyer fixe mais chez soi également partout. Car c'est là le secret pour l'heureuse réussite d'une balade. celui qui ne bouge jamais de chez lui peut être le plus grand rôdeur de la terre ; mais l'homme qui se balade, dans le bon sens, ne rôde pas plus que la rivière sinueuse, sans cesse appliquée à chercher le plus court chemin vers la mer. Mais je préfère la première étymologie, assurément la plus probable. Car toute promenade est une sorte de croisade, prêchée en vous par quelque Pierre l'Ermite, pour s'en aller reconquérir cette Terre sainte tombée aux mains des Infidèles.

 

Nous ne sommes, il est vrai, que de timides Croisés, même les marcheurs, qui de nos jours n'osons point nous lancer en des entreprises opiniâtres, interminables. Nos expéditions ne sont que des tournées et s'en reviennent au soir à ce vieux coin du feu d'où nous sommes partis. La moitié de la promenade consiste à revenir sur nos pas, simplement. Peut-être nous faudrait-il partir pour la plus courte promenade dans un esprit d'immortelle aventure, pour ne point revenir - prêts à renvoyer seulement notre coeur embaumé comme relique à notre royaume en deuil.

 

Si tu es prêt à quitter père et mère, frère et soeur, femme et enfants et amis pour ne plus jamais les revoir - si tu as payé tes dettes, fait ton testament, mis tes affaires en ordre, et si tu es un homme libre, alors de voilà prêt à marcher..."

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