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Carl Gustav Jung (1875-1951)

 

« Il apparaît avec une clarté toujours plus aveuglante, que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais que c’est bel et bien l’homme qui constitue pour l’homme le plus grand des dangers.

 

La cause en est simple : il n’existe encore aucune protection efficace contre les épidémies psychiques ; or, ces épidémies-là sont infiniment plus dévastatrices que les pires catastrophes de la nature !

 

Le suprême danger qui menace aussi bien l’être individuel que les peuples pris dans leur ensemble, c’est le danger psychique. A son égard, la raison a fait preuve d’une impuissance totale, explicable par le fait que ses arguments agissent sur la conscience, mais sur la conscience seule, sans avoir la moindre prise sur l’inconscient.

 

Par suite, un danger majeur pour l’homme émane de la masse, au sein de laquelle les effets de l’inconscient s’accumulent, bâillonnant alors, étouffant les instances raisonnables de la conscience. Toute organisation de masse constitue un danger latent, au même titre qu’un entassement de dynamite. Car il s’en dégage des effets que personne n’a voulus, mais que personne n’est en état de suspendre !

 

C’est pourquoi il faut ardemment souhaiter que la psychologie, ses connaissances et ses conquêtes, se répandent à une échelle telle que les hommes finissent par comprendre d’où proviennent les suprêmes dangers qui planent sur leurs têtes.

 

Ce n’est pas en s’armant jusqu’aux dents, chacune pour leur compte, que les nations pourront, à la longue, se préserver des effroyables catastrophes que sont les guerres modernes.

 

Les armes amoncelées réclament la guerre ! Ne serait-il pas préférable, au contraire, à l'avenir, de se défier et d'éviter les conditions - maintenant dépistées - dans lesquelles l'inconscient brise les digues du conscient et dépossède celui-ci, faisant courir au monde le risque d'incalculables dangers ?

 

(Carl Gustav Jung, L'homme à la découverte de son âme, pg. 402-403, Paris, éditions du Mont Blanc)

 

 

 

 

Bob Dylan raconte qu'il écrivit cette chanson inspirée d'une ballade anglaise traditionnelle, Lord Randall,  pendant la crise des missiles de Cuba d'octobre 1962, une nuit au cours de laquelle le monde entier retint son souffle dans l'angoisse de l'apocalypse nucléaire.


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