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Jacqueline de Romilly (1913-2010)

 

"Il arrive que l'on perçoive seulement à l'extrême fin de sa vie ce que l'on a instinctivement cherché tout au long des années : c'est mon cas, et c'est le sens de ce livre."

 

" Les textes de la Grèce antique ont pénétré d'abord le monde romain, puis toute la culture europénne et leur influence s'exerce encore en notre temps, de cent façons.

 

Pourquoi ? Telle est la question que Jacqueline de Romilly se posait vaguement autour de ses recherches sur telle ou telle oeuvre grecque et qu'elle aborde enfin de front. Ces textes et cette culture de la Grèce antique avaient-ils donc en commun quelque chose de particulier pour exercer une pareille influence ?

 

" Il faut en effet se demander ce qu'il pouvait y avoir en Grèce, dès l'origine et jusqu'à la fin, qui mette ainsi à part la civilisation grecque et lui assure ce rayonnement sans pareil. Et il faut aussi se demander ce qui s'est passé à Athènes, au Vème siècle avant J.-C. pour rende compte du décalage et de la brusque intensification du phénomène.

 

L'interrogation posée par l'Histoire de la culture en général rejoint donc exactement celle que, dès le départ, je sentais poindre en moi, lorsque, jeune étudiante, je lisais Thucydide et souhaitais l'étudier "parce que c'était beau". (Pourquoi la Grèce ?, p. 13)

 

La réponse est que toutes ces oeuvres cherchaient, de façon constante, obstinée, délibérée, à atteindre l'universel, c'est-à-dire, précisément, ce qui pourrait toucher les hommes, en tous temps et en tous lieux. Cela fut le cas pour la Grèce en général et plus encore pour l'Athènes du Vème siècle.

 

Cette tendance a pris des formes diverses ; simplification des personnages, symboles, mythes, formulations abstraites, tentatives pour fonder des sciences de l'homme, tout se rejoint.

 

Le livre le montre en une série de chapitres : Homère et Pindare, d'abord, puis Athènes, avec sa démocratie et le développement de la réflexion politique, l'invention de l'Histoire, de la tragédie, de la philosophie. Chaque fois, la même tendance est serrée de près et permet de comprendre l'originalité des oeuvres.

 

Dans ce livre, Jacqueline de Romilly ne défend pas, comme ailleurs, le grec, mais bel et bien la Grèce et le caractère unique de son apport à notre civilisation qu'elle marque encore de façon vivante. "

 

" Auteur de nombreux ouvrages qui font autorité : Thucydide et l'impérialisme athénien, La Tragédie grecque, les grands Sophistes dans l'Athènes de Périclès, La Grèce antique à la découverte de la liberté, elle publie, en 1969 Nous autres professeurs qui constitue "un acte de foi dans le rôle joué par les professeurs dignes de ce nom et dans la valeur formatrice des études grecques".

 

Elle s'est fait connaître d'un large public en publiant en 1984, année de crise et de débat pour l'Education nationale, l'Enseignement en détresse, témoignage sur son expérience d'enseignante, constat sur l'état de notre enseignement et plaidoyer pour ses valeurs et son renouveau. Nous autres professeurs et l'Enseignement en détresse ont été réédités en 1991 (Ed. de Fallois) sous le titre Ecrits sur l'enseignement.

 

Elue à l'Académie française en novembre 1988 au fauteuil d'André Roussin, Jacqueline de Romilly y a été officiellement reçue le 26 octobre 1989. Elle a été, après Marguerite Yourcenar, la deuxième femme à entrer sous la coupole. "

 

Jacqueline de Romilly : Pourquoi la Grèce ?, Editions de Fallois, 1992

 

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