Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

3157445_kenya-attentat-tony-karumba_640x280.jpg

 

Il y en a qui n’ont pas de chance : à peine Libé vient-il de sortir, samedi matin, un numéro de week-end qui fait, durant six longues pages, ce qu’il croit être une analyse de l’islamophobie, que des fanatiques foncent à Nairobi pour montrer de quoi l’Islam est capable, pendant que deux vrais croyants dynamitent une église chrétienne au Pakistan et font plus de 70 morts. Caramba ! Encorrre raté ! On voulait lifter l’Islam, et il montre son vrai visage.

 

L’islamophobie n’est pas la haine de l’Islam, hé, patate, mais la haine de l’islamisme. Et les associations ou les médias (l’ex-journal de Sartre — bon sang, c’est loin, tout ça, quand je défendais Libé, manche de pioche à la main, contre les menaces des fascistes de toutes obédiences, ah, c’est pas beau de vieillir…) qui systématiquement attaquent tous ceux qui attaquent l’Islam — pardon : l’islamisme — sont les gardes rouges d’un nouvel impérialisme.

 

Alors, je vais prendre des risques — c’est dans ma nature. Oui, l’islamisme tue — et à répétition. Oui, l’islamisme est une stratégie mondiale de conquête. Oui, tous ceux qui voudraient nous faire croire que critiquer l’islamisme c’est critiquer les Musulmans me rappellent ces débats, à la LCR et ailleurs, dans les années 1970, quand d’aucuns voulaient nous faire croire que condamner le sionisme, c’était forcément attaquer Israël. Oui, Al-Qaida est une bulle nécrophile. Oui, les Frères musulmans ont du sang sur les mains jusqu’au coude. Oui, les insurgés syriens financés par le Qatar sont aussi des tortionnaires…


Et encore : oui, une femme voilée, c’est anecdotique, mais dix mille voiles, c’est une stratégie. Oui, le voile est le symbole ostensible de l’aliénation de a femme — et le premier qui prétend qu’elles sont libres de se voiler se prendra mon poing dans la gueule — comme ça il réfléchira à deux fois avant de les lapider quand elles le feront cocu. Oui, une ministre qui ne voit pas en quoi le voile à l’université — une belle brochette de filles voilées, assises au premier rang, pour surveiller de près les propos des profs, comme en ont témoigné auprès du HCI pas mal de profs de fac — est une menace pour la liberté de parole et la liberté de penser joue avec des allumettes dans une poudrière.


Et non, je n’attaquerai jamais une femme voilée dans la rue : mais je lui expliquerai à l’occasion qu’elle est une pauvre esclave, bibelot aboli d’inanité muette, victime d’une religion machiste, où l’homme voile la femme tant il a de doutes sur sa propre virilité. Non, je ne déteste pas les Arabes qui déambulent les rues de nos cités — est-ce que je sais seulement qu’ils sont arabes ? et qu’est-ce que cela me fait ? — mais je hais de toutes mes forces la superstition qui anime certains. Et non, on ne peut pas mettre toutes les religions dans le même sac. Les Juifs n’ont jamais incité au prosélytisme — on naît juif, on ne le devient pas —, les catholiques, après avoir digéré l’Inquisition, les Borgia, Tartuffe et la pensée jésuite, ont pris suffisamment de recul pour ne pas chercher de noises — à quelques frigides près qui sont complètement barjots. Bouddha et Krishna ne recrutent guère que de doux illuminés — de toute façon ils sont non-violents. Restent certaines sectes protestantes, qui vont faire suer les tribus découvertes dans une Papouasie heureuse, et font chanter les candidats à la présidence américaine ; et les Musulmans, qui ont le devoir d’islamiser le monde.


J’ai dit ailleurs que le voile n’était qu’un symptôme, une façon de disposer les pions noirs du jeu de go pour occuper l’échiquier. Ce qui se passe en petit dans les rues se passe en grand sur l’échiquier mondial. Aujourd’hui Nairobi, hier le Caire ou Damas — ou Toulouse avec Mohammed Merah.


Je sens bien que les plus imbéciles — disons, pour ne pas le nommer, quelqu’un comme Claude Askolovitch, qui ne sait plus que faire pour qu’on parle de lui et qui a choisi la position du collabo — crieront à l’amalgame. Mais qui fait l’amalgame, sinon ceux qui hurlent à l’islamophobie dès que l’on dit les quatre vérités de l’islamisme militant ? Que des Musulmans vivent tranquillement et n’aient comme extrémisme que d’acheter leurs pâtisseries à la Rose de Tunis — 5, rue Pavillon, 13001, Marseille, publicité gratuite —, à la bonne heure ! Ceux-là ne pensent pas à affubler leurs femmes ou leurs filles de catafalques, ils savent que la vertu ne consiste pas à avoir chaud sous du tissu noir, ni à porter des gants en pleine été.


Mais sur les plus sensés la pression s’accentue. Le halal s’impose, le ramadan se surveille, les petites filles sont harcelées. Répétons-le à l’usage des jeunes générations : il y a trente ans, il n’y avait pas de femmes voilées dans les rues de France, pas plus à Marseille qu’ailleurs. Les femmes nouvellement réunies à leurs maris au nom du regroupement familial profitaient à plein des libertés inconnues au « bled ».


Fin de partie : elles sont désormais sommées de reprendre les défroques de la superstition, parce qu’elles rendent visibles le maillage des cités, des mœurs, des institutions.
Stratégie de termites. Encore quelques années et la maison France s’effondrera, sous les applaudissements de Libé et de quelques autres — par exemple ces « historiens » qui ne voient pas que s’attaquer au « roman national » c’est miner la possibilité même d’une commune culture.


Les plus sensés savent bien que je défends la République, la laïcité, la liberté — à commencer par la liberté d’expression — et le droit de lire l’article « Superstition » du Dictionnaire philosophique. Que je défends les gosses musulmans — et les autres —, tiraillés par ceux qui veulent leur faire croire qu’une religion est une culture, quand elle en est l’abolition, et qu’une barre HLM constitue un territoire pour une communauté (boycottons tout média qui donne droit de cité, si je puis dire, au mot communauté).


Nous savons, depuis les fuites de Wikileaks, que les Américains, via leur ambassade, ont multiplié les contacts avec les journalistes français pour qu’ils implantent dans les consciences l’acceptation des tribus, des différences, et des communautés : tout émiettement leur est forcément profitable. Le seul sursaut sera républicain — ou ne sera pas. Ce qui se joue en ce moment est un épisode essentiel du conflit entre la civilisation et la barbarie. Et je n’ai pas envie que l’on prenne Rome une seconde fois, si je puis m’exprimer ainsi. Si certains se sentent munichois dans l’âme, grand bien leur fasse : ils ont déjà la guerre, ils auront la honte.
Mais non : d’ici là, ils se seront convertis.


Jean-Paul Brighelli

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :