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Karl R. Popper, La société ouverte et ses ennemis, traduit de l'anglais par Jacqueline Bernard et Philippe Monod, Tome 1 : L'ascendant de Platon, tome 2 : Hegel et Marx, aux éditions du Seuil, Paris, 1979 pour la traduction française.


 

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Philosophe et épistémologue, Karl Raimund Popper est né à Vienne en 1902. Une fréquentation longue et désintéressée de l'université de cette ville lui permit d'acquérir une formation scientifique, philosophique et musicale, tandis qu'il travaillait comme ébéniste, puis comme "social worker" auprès d'enfants défavorisés, enfin comme enseignant. Il obtient le doctorat de philosophie en 1928 et enseigne en Nouvelle-Zélande de 1937 à 1945, puis à Londres, où il sera professeur de logique et de méthodologie des sciences à la London School of Economics and Political Science (1945-1969) et à l'université elle-même (1949-1969), tout en donnant de nombreuses séries de cours dans les grandes universités américaines. Dans son Autobiography, il se présente comme ayant une vie humainement riche et équilibrée et un grand bonheur privé, mais aussi une vive sensibilité aux menaces politiques.

Son style offre souvent une verdeur et une vivacité très stimulantes pour le lecteur; (...) Sa formation s'est effectuée à partir de Frege et de Tarski, puis dans un dialogue avec Quine et avec Carnap.

Popper ne veut être ni un philosophe du langage ni un philosophe de la croyance: plus que les significations lui importent les vérités. Dans le domaine des sciences exactes comme dans celui des sciences humaines, cet épistémologue, qui est l'un des grands de notre temps, n'a cessé de nous avertir "que le roi est nu» (source : Université du Québec à Chicoutimi)

 

 

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"Les idées exposées dans cet ouvrage remontent à l'année 1919. La Première Guerre mondiale venait de s'achever et j'avais déjà rejeté le marxisme, parce qu'il me semblait créer l'illusion que la violence est justifiée.  Pendant toute cette période, et sans doute sous l'influence de mon éducation, de ma famille et de mes amis, j'ai été un adversaire de la violence.

 

Dans l'intervalle entre la Première Guerre mondiale et l'invasion de l'Autriche par Hitler en 1938, j'ai gardé le silence sur mes critiques de Marx, ne m'en ouvrant qu'à de très proches amis. A cette époque, il n'y avait en Autriche d'autre alternative au marxisme que le fascisme, la pire de toutes. Mais, le jour où l'Autriche fut envahie, je pris la décision d'écrire ce livre. C'est une attaque contre le totalitarisme et la tyrannie sous toutes leurs formes, qu'elles soient de droite ou de gauche.

 

Son objet est d'aider à la défense de la liberté et de la démocratie. Je n'ignore rien des dificultés et des dangers inhérents à la démocratie, mais je n'en pense pas moins qu'elle est notre seul espoir. Bien des exemples montrent que cet espoir n'est pas vain... (Karl Popper, Penn, Buckinghamshire, Angleterre, le 2 mai 1978, extrait de la Préface à l'édition française)

 

"Cet ouvrage décrit certaines des difficultés auxquelles doit faire face notre civilisation, une civilisation dont on pourrait sans doute dire qu'elle a pour objectif l'humanisme et la rationalité, l'égalité et la liberté ; une civilisation encore dans l'enfance, mais dont l'essor se poursuit en dépit des fréquentes trahisons de ses dirigeants intellectuels. Il s'efforce de montrer qu'elle ne s'est pas encore remis du choc de sa naissance, du passage de la société tribale ou close, soumise à des forces magiques, à la société ouverte, qui libère les capacités critiques de l'homme, et que c'est bien le choc de cette transition qui favorise les mouvements réactionnaires orientés vers un retour au tribalisme. Il en déduit également que ce qu'on appelle de nos jours "totalitarisme" se rattache à une tradition aussi ancienne et aussi jeune que notre civilisation ; il tente ainsi de nous faire mieux comprendre la nature du totalitarisme et le sens de l'éternel combat mené contre lui.

 

Cet ouvrage essaie aussi d'appliquer les méthodes critiques et rationnelles de la science aux problèmes de la société ouverte. Il analyse les principes d'une reconstruction sociale démocratique que je qualifierais "d'édification au coup par coup" ou "par interventions limitées" (piecemeal social engineering), par opposition à "l'édification utopiste" (utopian social engineering). Pour éliminer certains des obstacles qui s'opposent à ce que les problèmes de reconstruction sociale soient traités rationnellement, je présente une critique des philosophies auxquelles on doit le préjugé largement répandu selon lequel les réformes démocratiques ne sont pas possibles. La plus influente de ces philosophies est celle que j'ai désignée sous le nom d'historicisme, et on pourrait, d'une certaine manière, considérer ce livre comme un recueil de notes sur l'évolution de diverses doctrines historicistes..." K. Popper, Introduction, p. 9)

 

"Longtemps méconnue en France, l'oeuvre de Karl Popper, logicien et épistémologue, est un classique à l'étranger. La Société ouverte et ses ennemis, écrit au début de la Deuxième Guerre mondiale, est un ouvrage de philosophe politique : plaidoyer passionné pour la démocratie, contre le totalitarisme de droite ou de gauche.

 

A la société close et immuable à base de tribalisme et de magie, l'auteur oppose la société ouverte, contrôlée par la raison, où la volonté de l'individu peut librement s'exercer.

 

A Platon, à Hegel, à Marx, il reproche de ne reconnaître l'Histoire que pour ajouter qu'elle obéit à des lois qui déterminent le cours des événements : idée qui paralyse le progrès en le soumettant à la fatalité historique. Elle a conduit le premier à proposer une cité dirigée par une élite omnipotente et omnisciente, où l'individu n'est rien et où la collectivité est tout ; le second à se faire le maître à penser de l'Etat prussien et le théoricien d'une société dont se réclamera le totalitarisme ; le troisième, en dépit d'une description perspicace des rouages de la société de son temps, à transformer des hypothèses en dogmes ; la science, qui repose sur l'expérience, doit pouvoir à chaque instant être remise en question.

 

Karl Popper soutient que l'homme peut forger son destin collectif en s'appuyant sur l'expérimentation et en procédant au coup par coup, pour progresser en éliminant les erreurs..."

 


 

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