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1) Définition :

Etymologiquement, le mot "conscience" signifie "savoir ensemble", "savoir rassemblé" (cum scientia). La conscience, au sens général, est le savoir intérieur immédiat que l'homme possède de ses propres sentiments, actes et pensées. C'est une faculté qui permet de saisir à la fois ce qui se passe en nous et hors de nous.

L'idée de conscience évoque l'image d'un pinceaux. La conscience se déplacerait comme un plot lumineux sur un tableau ; elle serait comme une lampe de poche, une torche électrique, ou encore un phare.

Il s'agir d'une conception fausse... La conscience n'est pas un "épiphénomène", elle n'est pas une simple lumière qui ferait jaillir des formes dans un champ instructuré et sans signification. Elle est à la fois ce qui illumine et ce qui est illuminé.

Epiphénoménisme : théorie selon laquelle la conscience est un phénomène surajouté. Opinion de Th. Huxley (1823-1895), Mandsley (1835-1918), Le Dantec, Godfernaux, Théodule Ribot : les véritables phénomènes sont organiques ("le fait psychologique est physiologique") ; certains sont accompagnés de conscience, mais celle-ci n'est jamais une cause.

2) Les caractères de la conscience :

Dans son Précis de psychologie, William James atttribue à la conscience quatre caractères :

a) Chaque état tend à s'intégrer à une conscience personnelle

b) Aucun élément ne demeure identique à lui-même. On perçoit le même objet, mais la conscience ne cesse de changer.

c) La conscience est continue ("stream of consciousness")

d) La conscience a un caractère sélectif : elle ne reçoit pas également et passivement toutes les sollicitations. Deux individus différents remarquent des choses différentes dans le même champ perceptif.

3) La conception bergsonienne

Selon Henri Bergson (1859-1941), la conscience est une fonction au service de l'action (Matière et Mémoire, 1896)

Il existe, pour Bergson deux types de consciences :

a) une conscience tendue, fixe et travailleuse, ancrée dans le présent, le réel qui se manifeste par l'attention.

b) une conscience détendue, détachée, distraite et oisive, qui s'évade dans la rêverie, le souvenir, le possible.

Le rêve est la manifestation de la conscience à son maximum de détente et de désintérêt à l'égard du moment présent et de l'action.

Les deux caractères de la conscience tendue dans une tâche actuelle sont la sélection et la projection.

a) la sélection : la conscience choisit incessamment des souvenirs

b) la projection : elle projette ces souvenirs sur les perceptions actuelles.

4) La conscience comme activité de synthèse

Pierre Janet (L'automatisme psychologique, 1919), définit la conscience comme "l'unité et la synthèse des automatismes en vue de l'adaptation au réel. Une structure psychologique inconsciente est donc une structure qui n'est pas contrôlée par le Moi.

Dans le Traité de Psychologie générale, Pradines, définit la conscience comme un rassemblement du savoir et des savoir-faire, une activité de synthèse des disponibilités mentales, dans une intention, dans un dessein d'adaptation ou de compréhension." : "Je ne puis à chaque moment de mon existence, avoir conscience de mon âge, de mon aspect, du caractère des personnes qui m'entourent, de la ville où je suis, de ma situation, de mes travaux, de mon état de santé, de tous les événements de mon passé, de toutes mes connaissances ; tout cela qui, semble-t-il, repose dans ce que nous appelons notre "inconscient", n'est cependant ni absent, ni étranger à mon action actuelle, puisque toute mon activité consciente y est accordée avec la plus parfaite exactitude ; et chacun de ces souvenirs et chacune de ces habitudes agissent à leur manière, puisque l'absence de l'un ou de l'autre de l'une d'elles donnerait aussitôt à ma conduite l'allure d'un dérèglement."

5) La conscience comme "intentionnalité

A la suite de Franz Brentano (1838-1917), Edmund Husserl (1859-1938) décrit la conscience telle qu'elle apparaît dans le vécu quotidien individuel. La conscience apparaît alors comme "intentionnalité". Pour Husserl, la conscience de soi étudiée pour elle-même est un non sens. Ce qui est essentiel, c'est le rapport de la conscience au monde : "Toute conscience est conscience de quelque chose.","La conscience est destinée à un monde qu'elle n'embrasse ni ne possède, mais vers lequel elle ne cesse de se diriger."

Cette définition de la conscience comme "intentionnalité" implique au moins trois conséquences essentielles :

a) Il n'y a pas de conscience "thétique" de soi (la conscience n'est pas une chose et je n'ai pas conscience de moi-même comme d'une chose). Je prends conscience de ma situation actuelle ou passée, d'un certain rapport entre le monde et moi, de ma manière d'être au monde.

b) Jean-Paul Sartre, ne cesse de dénoncer "l'illusion d'immanence" : la conscience n'a pas de "contenus", c'est un acte par lequel je vise un objet. Il y a autant de types de consciences que de façon de viser l'objet (percevante, imageante, désirante, émue, etc.) La conscience est au monde, on ne peut pas comprendre la conscience et le monde séparément : il n'y a de monde que pour une conscience et il n'y a de conscience que d'un monde.

c) Le monde est un ensemble de significations et la conscience est l'opération active de la signification.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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