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baudelaireI

I/ Introduction à Baudelaire :

Né à Paris en 1821 ; sa mère, veuve en 1827, se remarie l'année suivante avec le commandant Aupick, qui deviendra général, ambassadeur et sénateur sous l'Empire. Mésentente avec  Baudelaire. Pensionnaire à Lyon, puis au lycée Louis-le-Grand. Elève cynique, singulier, qui éprouve de "lourdes mélancolies", "un sentiment de destinée éternellement solitaire". La psychanalyse  parlerait d'un "conflit oedipien" qui expliquerait en partie ses opinions politiques ; participe à la Révolution de 1848 en criant : "Il faut fusiller le général Aupick!" (en réalité le général Aupick est le beau-père et non le père de Baudelaire, ce qui fait penser à Hamlet, plutôt qu'à Oedipe). Se rapprochera de sa mère en vieillissant.

Pendant 3 ans (1839-1841), mène au quartier latin (à Paris) la vie dissipée de la bohème littéraire.

1) La bohème : lit beaucoup, devient "ultra-romantique" et disciple de Théophile Gautier.

2) Le voyage : sa famille tente de l'arracher à cette vie qu'elle juge scandaleuse en l'embarquant à Bordeaux sur un voilier en partance pour les Indes (1841). Baudelaire ira jusqu'à l'île Bourbon  (La Réunion) et sera de retour au bout de 10 mois. Influence de ce voyage sur sa sensibilité, éveil à la poésie de la mer, du soleil, de l'exotisme...

3) Le dandysme : à son retour, Baudelaire exige sa part d'héritage paternel et se lance dans l'existence dorée de la bohème riche. Habite l'Hôtel Pimodan, est vêtu avec recherche, suit l'idéal du "dandysme". Se lie avec Jeanne Duval (mûlatresse), la "Vénus noire" qui sera sa compagne jusqu'à sa mort. Période heureuse, écrit certains poèmes des "Fleurs du Mal"1844 : Sa famille lui impose un conseil judiciaire qui le limite à une rente mensuelle de 200 francs ; vivra désormais misérablement.

Dandysme : de "dandy" (1830) : manières élégantes, raffinement de dandy (au XIXème siècle) "Le dandysme n'est pas un goût immodéré de la toilette et de l'élégance matérielle. Ces choses ne sont pour le parfait dandy qu'un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit." (Baudelaire)... Le  dandy ne travaille pas !

Dandy (1817) : homme qui se pique d'une suprême élégance dans sa mise et ses manières (type d'élégant au XIXème siècle). "Le dandy doit avoir un air conquérant, léger, insolent." (Chateaubriand)

Activités littéraires : Baudelaire critique d'art : Salon de 1845, 1846, Exposition universelle de 1855 et Salon de 1859

Participe quelque temps aux événements politiques au moment de la Révolution de 1848, puis revient à la littérature, découvre en 1846 l'oeuvre de l'Américain Edgar Poe, "esprit frère du sien", traduit ses contes.

Parution des "Fleurs du Mal" en 1857. Baudelaire est condamné en correctionnelle pour immoralité. remplace les 6 poèmes incriminés et publie une seconde édition avec 35 nouveaux poèmes (1861).

Maladie, toxicomanie (haschich, opium), est obligé de produire beaucoup (dettes), découvre des talents : de Quincey, Wagner, Constantin Guys

L'exil et la mort : s'exile en Belgique en 1865, crise en 1866, tranporté à Paris, meurt en 1867

II/ L'oeuvre

"Les Fleurs du Mal" : publié en 1857, remanié en 1861, seconde édition : 129 poèmes. "Dans ce livre atroce, j'ai mis toute ma pensée, tout mon coeur, toute ma religion (travestie), toute ma haine." (à Ancelle, 1866). Sorte de "confession" ; se propose d'extraire la "beauté du mal", veut retracer la tragédie de l'être humain, dissimulé par une fausse pudeur ("hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère !"), tragédie de l'homme double, créature déchue, objet de conflit entre le ciel et l'enfer : "Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. La postulation vers Dieu ou spiritualité est un désir de monter en grade ; celle vers Satan ou animalité est une joie de descendre." La composition du recueil repose sur ce conflit. : aspiration vers l'idéal/chutes, sources du mal moral.

Thèmes récurrents :

Le spleen : (lire le poème "La cloche fêlée") survivance du mal romantique. détresse de Baudelaire, ennuis matériels, déficiences physiques, tourments de sa vie amoureuse, obsession de la vieillesse et de la mort, refus "d'un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve".

Origine métaphysique (religieuse ?) du spleen : le poète essaye de s'évader de la réalité vers l'Idéal, mais n'y parvient pas, sentiment de sa finitude, de ses limites, aspiration vers l'infini, découragement, nostalgie d'une âme exilée (platonisme, plutôt que christianisme de Baudelaire), sentiment de déchéance de la nature humaine et de l'impossibilité de s'en libérer : "C'est le diable qui tient les fils qui nous remuent." (manichéisme ?), conscience angoissée de la misère humaine.

spleen : (1745) d'un mot anglais qui veut dire "rate", d'où l'idée d'humeur noire (du latin, d'origine grecque splen), mélancolie passagère, sans cause apparente, caractérisée par le dégoût de toutes choses. Cf. cafard, ennui, hypocondrie, neurasthénie ; "J'ai le spleen, et un tel spleen que tout ce que je vois m'est un dégoût profond." (A. de Vigny)

spleenétique ou splénétique : (1776 - début XIXème), de spleen, d'après splénétique, splénique (XIVème siècle, du latin "spleneticus", qui ressent, exprime le spleen) ; "Sous la coupole spleenétique du ciel" (Baudelaire) - ("Le spleen de Paris", "Petits Poèmes en Prose")

La hantise du temps : hantise du temps perdu, lassitude, thème de l'ennui (expérience du temps pur), écrasement de l'être, sensation d'étouffement et d'impuissance, solitude morale, sentiment d'ennui sans remède, pensées macabres et cruelles, malaises et hallucinations qui peuvent mener à la folie.

Les correspondances : théorie d'après laquelle dans l'univers composé de règnes analogues, chaque élément correspond à un autre élément d'un autre règne ("Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.") ; Hermès Trismégiste, la Kabbale, intérêt du XIXème siècle pour l'ésotérisme, la mystique, l'alchimie, l'occultisme (cf. Novalis)

La composition des "Fleurs du Mal" :

1ère partie : "Spleen et idéal" ; Baudelaire veut guérir son âme et s'adonne :

- à la Poésie

- à l'Amour

- au spectacle de la ville et à la communion avec ses semblables

- aux paradis artificiels

- au vice

Échec de toutes ces tentatives, abandon à la "mystique noire" et appel à la mort.

Le Poète et la Poésie : "Spleen et Idéal"

Dix pièces sur la mission de la poésie et du poète. Le don poétique est à la fois une bénédiction et une malédiction : déshérité, étranger parmi les hommes et torturé par la foule qui ne le comprend pas, (cf. "L'Albatros"), le poète accepte la douleur ("noblesse unique"), moyen d'accès au monde de la Beauté, reflet de la perfection divine, elle permet d'entrer dans le monde des Correspondances entre le matériel et le spirituel.

"C'est cet admirable, cet immortel instinct du Beau qui nous fait considérer la Terre et ses spectacles comme un aperçu, une correspondance du réel." ("Notes nouvelles sur Edgar Poe", 1857)

Soif insatiable de ce qui est au-delà et que révèle la vie (preuve d'immortalité)

La poésie et la musique permettent d'entrevoir les splendeurs situées derrière le tombeau. Rôle du poète : saisir les correspondances pour atteindre une part de cette "splendeur surnaturelle".

"L'Art nous procure le pressentiment de ces joies divines et enivrantes qu'à travers la poésie et la musique nous ne faisions qu'entrevoir par échappées rapides et confuses."

Evasion hors du réel, guérison momentanée, mais obstacle du réel : la maladie ("La Muse malade"), la pauvreté ("La Muse vénale"), l'oisiveté ("Le mauvais moine"), le temps "qui mange la vie" ("L'Ennemi"), la malchance ("Le Guignon"), l'insatisfaction ("La mort des artistes")

 

 

 

 

 

 

 

 

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