Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

tsvetaeva.jpg

 

"Nous sommes tous des loups dans la forêt profonde de l'éternité." (M.S.)

 

Une fleur est accrochée à ma poitrine ;

Qui me l'a acrochée ? - Je ne sais plus.

Ma faim est insatiable

de tristesse, de passion, de mort.

 

Par le violoncelle, le grincement

Des portes et le tintement des verres,

Et par le cliquetis des éperons

Et le cri des trains de nuit -

 

Par le coup tiré à la chasse,

Par le grelot des troïkas -

Vous m'appelez, vous m'appelez,

Vous, que je n'aime pas !

 

Il est pourtant un délice :

J'attends celui qui le premier

Me comprendra enfin

Et tirera à bout portant.

 

Le 2 octobre 1915

 

(Le Ciel brûle, Traduction de Pierre Léon et Eve Malleret, NRF, Poésie/Gallimard, p. 54)

 

 

Figure importante de la poésie russe, méconnue de son vivant, Marina Tsvetaeva s'exila en 1922 à l'étranger, où elle poursuivit son œuvre poétique. Elle regagna la Russie en 1939. L'hostilité à laquelle elle fut confrontée la poussa au suicide en 1941.

 

N'est-il pas temps de saluer celle qui a écouté au plus pur "le pas de géant de l'âme/de l'âme dans la nuit" ? (Zéno Bianu)


 

 

 

 

 


Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :