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Martin Buber, Gog et Magog (Gog und Magog), chronique de l'époque napoléonienne, traduit de l'allemand par Jean Loewenson-Lavi, NRF Gallimard, 1958

 

"Fils d'homme, tourne ton visage vers Gog du pays de Magog.." (Ezéchiel, XXXVIII, 2.)

 

"Dans les guerres de Gog et de Magog, c'est Dieu qui est en cause." (Rabbi Loewe ben Bezalel de Prague)

 

 

Magog (en hébreu מגוג, en grec Μαγώγ) est un nom qui apparaît 5 fois dans la Bible et 2 fois dans le Coran.


Ce nom désigne soit une personne, soit une peuplade, soit une réalité géographique (pays ou ville). Sous la plume du prophète Ezéchiel, les peuplades païennes de Gog et Magog vivent « au nord du Monde », et représentent métaphoriquement les forces du Mal. (source : encyclopédie en ligne wikipedia)

 

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Carte du monde ayant Jérusalem pour centre. le pays de Gog correspond au n°5

 

"La colline du château, au nord-est de la ville polonaise de Lublin, était entourée jadis de marécages, et personne ne songeait à s'établir en un lieu aussi peu hospitalier. Or, c'est là, hors des murs, qu'il y a quatre siècles environ, les Juifs qui faisaient du commerce à Lublin et auxquels il était interdit de résider en ville eurent l'idée d'acheter des terrains. Un emplacement après l'autre fut asséché autour de la hauteur. Aux côtés de la maison de prière et d'étude vinrent se ranger bientôt les habitations de Juifs grands d'abord, puis moyens et petits ; elles se pressèrent, elles se serrèrent contre les flancs de la colline, elles s'y collèrent, si bien qu'entre les solides créneaux de ses murailles, avec son donjon et son église, le vénérable château finit par émerger d'un dédale de ruelles juives, de venelles juives, de voûtes juives.

 

Quand on suit la rue principale,le "Grand'rue" de cette ville juive, on arrive devant une maison que rien, de l'extérieur, ne distingue de ses voisines. Mais si, par la pénombre d'un étroit couloir, on entre dans la cour, autour de laquelle le corps de logis se dresse, comme le font tous les autres, on se trouve vis-à-vis d'une construction basse, aux vastes dimensions, recouverte d'un toit de charpente, et la longue rangée de grandes et sombres fenêtres indique tout de suite que cet endroit sert non pas d'habitation, mais de lieu de réunion. En ouvrant la porte, on aperçoit une salle aux parois salies de taches et un plafond aux poutres noircies de fumée. C'est dans cette maison qui la domine, à un premier étage surmonté uniquement d'une mansarde, que vivait à l'époque des guerres napoléoniennes le "Voyant", Rabbi Yaakob Yitzhak, et la construction dans la cour était sa "Klaus", sa petite synagogue, où il priait et étudiait avec les siens. Ces gens ne prenaient pas part à l'office et aux études de la grande synagogue : c'étaient des "Hassidim" (ou "qui aiment le monde en Dieu". La signification originale du mot, dans la Bible, me semble être "hommes-liges de Dieu", Note de l'auteur), étroitement groupés autour de leur Rabbi, comme autour d'un noyau ; et dans l'éloignement où on les tenait des rangs officiels, s'en tenant eux-mêmes à distance, ils luttaient pour les âmes des générations montantes et cherchaient à les gagner à leur cause...."

 

Martin Buber, l'un des plus grand penseurs juifs du XXème siècle,  évoque, sous une forme romanesque, le hassidisme, cette grande doctrine mystique qui a dominé les derniers siècles du judaïsme, à l'époque napoléonienne.


 

Hassidisme : nom donné à deux courants mystiques juifs, dont l'un, qui a fortement structuré le judaïsme allemand, s'est développé au Moyen Âge et l'autre au XIXème siècle.


Le hassidisme médiéval


Insistant sur le renoncement, la contemplation, l'amour de Dieu et l'amour du prochain poussés à un très haut degré, il a eu une influence marquante sur le destin spirituel, intellectuel et littéraire du judaïsme d'Allemagne, ainsi que du nord de la France, et sur les kabbalistes espagnols.


Le hassidisme moderne


Le hassidisme moderne est le dernier en date des grands courants apparus au sein du judaïsme. Son initiateur, Ba'al Shem Tov, est un personnage mystérieux qui eut un immense rayonnement tant par ses cures miraculeuses et ses amulettes que par un enseignement de type charismatique célébrant l'humilité, la joie purgée de toute mortification et l'embrasement de l'amour.


Ce message, qui survenait à la suite de l'échec, au siècle précédent, du mouvement messianique de Sabbatai Zevi (1626-1676), se répandit très rapidement en Pologne et en Ukraine. Il réhabilitait la piété libérée et débordante de joie des croyants incultes, sanctifiait tout acte de la vie ordinaire, magnifiait la danse et l'exaltation. Les chefs spirituels du mouvement, les rebbe, établis à l'écart des communautés officielles, rassemblèrent un nombre de plus en plus grand d'adeptes.


Le hassidisme devint un courant important du judaïsme, réhabilitant l'étude du Talmud, proclamant son attachement à la morale traditionnelle et constituant, de nos jours, avec plusieurs dizaines de milliers de fidèles, un pôle majeur de la tendance orthodoxe (notamment avec les influents loubavitch). (source : encyclopédie Larousse)

 


 

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Philosophe de la relation, traducteur inspiré de la Bible, historien fécond de la mystique comparée en même temps que chantre contesté du hassidisme, Martin Buber est aussi le héraut courageux du renouveau juif en Allemagne. Professeur à l'université de Francfort de 1924 à 1933, puis animateur têtu de la résistance spirituelle sous le nazisme, il enseigne à partir de 1938 la sociologie générale à l'université hébraïque de Jérusalem, tout en restant l'avocat inlassable depuis 1925 de l'entente entre Juifs et Arabes. La trajectoire de Martin Buber est en vérité des plus inclassables. (source : Encyclopedia universalis)

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