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Martin Heidegger, Lettre sur l'Humanisme, Ueber den Humanismus, Verlag A. Francke, Berne, texte allemand traduit et présenté par Roger Munier, coll. philosophie de l'esprit bilingue, Aubier Montaigne, 1964, 1983

 

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Roger Munier en compagnie de Martin Heidegger

 

Aux élèves : la meilleure introduction à la pensée de Heidegger, pour mieux comprendre les principaux thèmes de sa philosophie, notamment la notion de "Dasein"...

 

La Lettre sur l'Humanisme faut adressée en automne 1946 à Jean Beaufret, en réponse à plusieurs questions posées par le philosophe à Heidegger dans une précédente lettre. L"humanisme" n'est pas le thème exclusif de ce court écrit. Souvent même, Heidegger ne l'aborde qu'indirectement par une confrontation de sa propre pensée avec les postulats fondamentaux ("métaphysiques") de cette vision de l'homme. L'intérêt de la Lettre tient avant tout dans le rappel des thèmes heideggeriens auquel cette confrontation donne lieu. A ce titre, c'est avec l'Einleitung à la conférence Was ist Metaphysik ? la meilleure introduction à la lecture de Sein un Zeit.

 

La pensée de Heidegger est, on le sait, dominée par cette unique question : qu'en est-il de l'essence de l'Etre lui-même ? Avant lui, les philosophes s'étaient déjà posé la question de l'Etre, mais ils la concevaient en général comme une question portant sur la Totalité. Fondant (ou essayant de fonder) un système de la Totalité, ils pensaient répondre à la question de l'Etre lui-même. Mais la question de l'Etre  (die Seinsfrage) n'était nullement abordée par eux, assure Heidegger, comme la question portant sur l'Etre (die Frage nach dem Sein). Pensant (ou croyant penser) l'Etre comme tel, ils ne pensaient en réalité que l'étant comme tel, plus exactement l'être de l'étant. L'Etre, qui donnait à leur pensée de se constituer en savoir de l'étant, demeurait dans l'oubli. Au départ de cette réflexion, Heidegger place l'affirmation de la "différence ontologique". Il importe de distinguer absolument l'Etre (das Sein) de l'étant comme tel (das Seiende) ou, si l'on veut, ce qui existe (=la Totalité), de l'Etre (qui est au fondement de ce qui existe dans son existence même). reprenant, en un sens absolu, l'entreprise critique de Kant, Heidegger veut redescendre aux fondements mêmes de la "métaphysique", vers ce qui fonde toute question possible sur l'étant et conditionne la pensée dans son effort de dévoilement : l'Etre lui-même.

 

"Dasein" : 

 

"On a jadis traduit bien inexactement ce mot-clé de la réflexion heideggerienne par l'expression "réalité humaine". C'était interpréter en un sens anthropologique cet "existential" qui ne désigne nullement le sujet existant, pas plus d'ailleurs que l'être-là de l'existence contingente.

 

Da-sein signifie que l'homme, dans le dévoilement de l'Alèthéia est le "da", le "là" de l'Etre, cet étant par qui l'Etre a pouvoir d'être là, de se produire comme éclaircie. Le "là", en quoi l'homme existe, est la zone d'éclaircie de l'Etre. Tel est le sens ultime de l' "existence" dont parle Sein un Zeit. "Cet être du là, et lui seul, comporte le trait fondamental de l'ek-sistence, c'est-à-dire de l'in-stance extatique de la vérité de l'Etre." (Roger Munier, Lettre sur l'Humanisme, introduction, pg. 15)

 


 


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