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Aux élèves : comme vous avez pu le constater, la lecture de Heidegger n'est pas la chose du monde la plus aisée. Je vous conseille donc, plutôt que de plonger la tête la première dans Sein und Zeit (Etre et Temps), de commencer par une oeuvre plus facile (et plus brève !), par exemple : Qu'appelle-t-on penser ?, Qu'est-ce que la philosophie ? ou encore Introduction à  la métaphysique.

 

"Qu'est-ce que la philosophie ?" ("Was ist Das - Die Philosophie ?") se trouve au début de Questions II (Gallimard, 1957 pour la traduction française). Ce texte d'une conférence prononcée à Cerisy-la-Salle en août 1955 ouvre le volume et délimite l'horizon de ce qui s'y débat.

 

Qu'appelle-t-on penser ? (Was Heist Denken ?), Presses universitaires de France, coll. Epiméthée, contient le texte inchangé de deux cours, d'une heure habdomadaire chacun, qui ont été tenus sous le même titre à l'université de Fribourg-en-Brisgau le semestre d'hiver 1951-1952 et le semestre d'été 1952.

 

"Penser, ce n'est pas ne rien faire ; la pensée est elle-même en soi l'action dans son dialogue avec le monde entendu comme destin. Il me semble que la distinction, qui tient son origine de la métaphysique, entre théorie et praxis, et la représentation d'une transmission se faisant de l'une à l'autre, barre le chemin à la compréhension de ce que j'entends par penser. Peut-être puis-je renvoyer ici aux leçons que j'ai fait paraître en 1954 sous le titre Qu'appelle-t-on penser ? peut-être est-ce aussi un signe de notre temps que cet écrit soit précisément le moins lu de tous ceux que j'ai publiés." (M. Heidegger)

 

Transcription d'un cours professé en 1935, Introduction à la métaphysique (Einführung in Die Metaphysik), est un jalon important entre Etre et Temps (Sein un Zeit) et l'oeuvre ultérieure de Heidegger. Son originalité consiste à présenter la métaphysique à partir des corrélatifs traditionnels de l'être : devenir, apparence, pensée, valeur. Le tiers du volume est consacré à l'opposition de l'être et du penser, décisive pour le destin de l'occident. Nous voyons en effet comment celui-ci est lié à la naissance de la métaphysique et à son déclin, déjà présent en germe dans le "grand commencement" grec.

 

"Pourquoi donc y a-t-il l'étant et non pas plutôt rien ?" Telle est la question. Et il y a lieu de croire que ce n'est pas une question arbitraire. "Pourquoi donc y a-t-il l'étant et non pas plutôt rien ?" Telle est manifestement la première de toutes les questions. La première, elle ne l'est pas, bien entendu, dans l'ordre de la suite temporelle des questions. Au cours de leur développement historique à travers le temps des individus, aussi bien que des peuples, posent beaucoup de questions. Ils recherchent, ils remuent, ils examinent quantité de choses, avant de se heurter à la question : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" Il arrive à beaucoup de ne jamais se heurter à cette question, s'il est vrai qu'il s'agit, non pas seulement d'entendre et de lire cette phrase interrogative comme simplement énoncée, mais de demander la question, c'est-à-dire de faire surgir son horizon, de la poser, de se forcer à pénétrer dans l'horizon de ce questionner..."

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