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Je recopie ce témoignage d'une collègue de mon établissement de rattachement.


Il se trouve qu'il s'agit d'un collège "ZEP", mais ce genre de comportement n'est pas propre aux collèges situés en ZEP (Zone d'Education Prioritaire) et tend à se généraliser.

 

Si, pour certains, l'enseignement demeure une joie, il est devenu, pour beaucoup, un calvaire.


Ce témoignage figure, parmi d'autres, dans un classeur que j'ai pour ma part renoncé à remplir : à quoi bon ?

Il n'a rien d'exceptionnel. C'est ce que nous vivons tous, tous les jours :

"Cours d'espagnol de mardi 6, jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2009 :

Une bonne moitié des élèves de 4ème 4 a encore eu une attitude inadmissible cette semaine.

La plupart du temps, ce sont les garçons qui perturbent le cours par des commentaires mal venus, des bavardages incessants, des fous rires au moindre prétexte, des coups de règle qui se donnent dès que j'ai le dos tourné, sans parler des bruits bizarres que je serais la seule à entendre (T.B. a été dénoncé aujourd'hui par I.B. quand j'ai parlé de punition collective).

Ces élèves "exigent" des explications quand je les change de place et/ou refusent de donner leur carnet de liaison, sous prétexte qu'ils ne sont pas les seuls concernés (par les bavardages en particulier).

Je demande sans arrêt aux élèves de ne pas se balancer. Je les ennuie avec mes interdictions ou mes recommandations : ils savent parfaitement ce qu'ils font de toutes façons, ils dominent la situation.

A tel point que mardi, M.L. est tombé et s'est fait mal (passage à l'infirmerie) ; jeudi, c'est K.R. qui s'est cassé la figure et a eu très mal.

Ces deux chutes ont provoqué l'hilarité générale dans une ambiance déjà peu encline au travail.

Hier, jeudi, J.M. m'a demandé la permission de dire à voix haute, pour toute la classe "ce que D. avait dit à T."

Je n'ai même pas eu le temps d'ouvrir la bouche pour lui répondre (par la négative, bien sûr, j'espère que cela ne fait aucun doute pour personne) qu'il était déjà debout et lançait triomphalement à la ronde à qui voulait bien l'entendre :

"D. a dit à T. qu'il avait léché les boules de son chien !"

Pauvre J.M. ! Il avait cru en toute bonne foi que je lui avais donné l'aval pour faire sa tonitruante déclaration ! Il n'était donc ni responsable, ni coupable de quoi que ce soit ! Tout comme ses camarades. Puisqu'ils ne sont pas les seuls à perturber les cours, ils méritent l'impunité. Il faut que je m'occupe du sort des autres, mais surtout pas du leur. Ils sont au "goulag", les pauvres !

Ce matin (vendredi), W.A. s'est mis un nez de clown pour faire le guignol : cette attitude reflète tout-à-fait la mentalité des élèves de cette classe.

Ils n'ont pas encore compris qu'ils sont au collège. Non, ils se croient au cirque."

 

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