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Oswald Wirth Tarot

 

I/ Le Bateleur :

 

L'initiable ne doit dépendre de personne. Il n'a que faire d'un savoir d'emprunt, d'une pauvre science d'écolier. sans initiative intellectuelle, nul n'approche de la porte du Temple où il faut oser frapper avec l'énergie d'un indomptable vouloir pour y être admis et se taire.

 

II/ La Papesse :

 

La science initiatique n'est pas celle des objets qui tombent sous les sens. Elle se révèle à qui sait rentrer en soi-même. Détourne-toi du chatoiement des choses, descends dans la nuit intérieure où ton esprit se trouvera seul en face de lui-même.

 

III/ L'Impératrice :

 

Remonte ! Elève-toi au plus haut des cieux ! Apprends à contempler sans vertige l'immensité de ce qui est hors de toi. Pousse à l'extrême la largeur de tes vues afin d'échapper à toute étroitesse dans tes conceptions.

 

IV/ L'Empereur :

 

Songe à l'action ! Quitte les extrêmes et reconnais le terrain où les contraires se heurtent. Prends possession de toi-même, saisis le sceptre qui commande à ta personnalité, sois ton propre imperator.

 

V/ Le Pape :

 

Instruis-toi ! Ecoute autrui, mais écoute surtout ce qui parle en toi. Médite afin de comprendre. Formule à ton usage ta propre science et conçois en ton coeur la religion qui s'impose à toi.

 

VI/ L'Amoureux :

 

Décide librement de ton sort. Te sens-tu le courage de lutter âprement ou crains-tu l'effort ? Choisis entre la carrière héroïque et la vie d'un simple mortel. Sois averti que rien ne s'obtient gratuitement : si tu veux être fort, consens à souffrir ; en fuyant la souffrance, tu t'affaiblis. Or qui faiblit s'amoindrit, mais chacun reste libre de s'amoindrir et de s'acheminer vers le néant.

 

VII/ Le Chariot :

 

Marche dans la direction choisie et affronte d'un coeur ferme les épreuves qui t'attendent. Montre que tu sais te diriger et tu prendras la direction des énergies qui s'attacheront à toi. Des forces divergentes se relient à ta personnalité : sois leur conciliateur et laisse-toi porter en avant sur la route triomphale qui s'ouvre devant toi.

 

VIII/ La Justice :

 

Renferme-toi dans tes limites ! Concentre tes facultés, approfondis dans le silence et l'isolement. Puise en toi la lumière qui éclaire le sentier et que tu dois suivre. Que ta sagesse s'inspire de la tâche qui t'incombe ; avance avec circonspection afin de n'avoir jamais à reculer. 

 

IX/ L'Ermite (parfois orthographié L'Hermite) :

 

Renferme-toi dans tes limites ! Concentre tes facultés, approfondis dans le silence et l'isolement. Puise en toi la lumière qui éclaire le sentier que tu dois suivre. Que ta sagesse s'inspire de la tâche qui t'incombe ; avance avec circonspection afin de n'avoir jamais à reculer. 

 

X/ La Roue de Fortune :

 

Fort de ta concentration, sors de la solitude préparatoire pour entrer dans la ronde humaine. Tiens-y ta place et condescends aux faiblesses. Sois homme pour devenir dieu ; ne dédaigne pas l'inférieur que tu dois aider à monter. Seul, tu resterais ce que tu es sans accomplir aucun progrès. Tu ne peux vivre et progresser qu'en t'associant au sort d'autrui. 

 

XI/ La Force :

 

Toute association implique une action commune et concordante qui exige de chaque associé un effort de discipline. La collectivité bénéficie de la retenue qui s'imposent les individus. En donnant libre cours à tes impulsions véhémentes, tu fais preuve de faiblesse et non de force. Le fort est celui qui se dompte en contenant l'ardeur de ses passions sans éteindre leur feu stimulateur. 

 

XII/ Le Pendu :

 

Nul ne peut participer au Grand Oeuvre s'il entend ne travailler que pour soi. Le désinteressement fait l'artiste. Attache-toi à ce qui ne te rapporte rien et comporte-toi à l'encontre des égoïstes. Donne sans souci de recevoir.

 

XIII/ L'Arcane sans nom  :

 

Quand tu auras tout donné, tu seras réduit à l'état de squelette ambulant. Tu seras comme mort et l'on dira : la chair quitte les os. Fauchant les illusions du passé, tu prépareras alors le terrain des futures récoltes. Au sein de la noirceur sépulcrale prendra naissance l'Enfant philosophique dit Fils de la Putréfaction. 

 

XIV/ La Tempérance :

 

Il faut mourir pour ressusciter : en perdant la terre tu gagnes le ciel dont les eaux lavent et régénèrent. L'alliance avec les forces d'en haut te fait revivre non plus en serf récalcitrant attaché à la glèbe terrestre, mais en libre laboureur, ambitieux de moissonner au bénéfice de tous les affamés.

 

XV/ Le Diable :

 

Si le feu de l'enfer ne réchauffait la terre, l'eau du ciel resterait inféconde. Sans les forces d'en bas, celles d'en haut restent improductives. Le Diable qui est en toi reste un ennemi que tant que tu n'as pas su le réduire en servitude. Ton animalité n'est pas maudite ; elle te vaut des pouvoirs illimités, pourvu que tu saches la surmonter. La magie n'est pas un leurre pour celui qui se fait obéir par l'instinct.

 

XVI/ La Maison Dieu :

 

L'Art est difficile. En théorie tout est simple, mais gare aux complications de la pratique ! Crains d'être la victime de la témérité de tes entreprises. Dans leur application, tes forces sont limitées ; sache les ménager et ne les épuise jamais. La modération s'impose au fort, soucieux d'accomplir sa tâche. Il importe de s'assigner des bornes jusque dans la recherche du vrai car l'erreur guette celui qui veut trop savoir. Sois mesuré dans tes ambitions et discret dans ta curiosité légitime.

 

XVII/ Les Etoiles :

 

Vis sans fièvre, attentif à t'accorder le repos qui répare les forces et accumule les énergies à déployer. Le sommeil met au service de ton activité le dynamisme à mettre en oeuvre. Tu ne perds ton temps ni en dormant ni en goûtant le charme des douceurs de la vie. Le maître en l'art de vivre n'est pas un ascète morose ; il use de ce qui s'offre à lui et apprécie sur terre les dons du ciel, sans abuser de rien. Il admire les belles choses et s'éprend de ce qui est digne d'être aimé.

 

XVIII/ La Lune : 

 

Pour t'encourager à remplir fidèlement la tâche qu'elle t'impose, la vie t'accorde des agréments qu'il est sage de ne point dédaigner. Tu y as droit dans ta lutte opiniâtre contre les obstacles que t'oppose la matérialité. Astreints à nous débattre dans la pénombre d'un discernement hasardeux, nous ne nous instruisons qu'à nos dépens et ne progressons qu'au prix d'expériences douloureuses. Victimes des apparences, nous ne cessons de nous tromper, tombant d'une erreur grossière en une autre moins grossière, sans parvenir à la connaissance réelle. Fondée sur des constatations nécessairement incomplètes, la science humaine procède de vraisemblances et reste à jamais équivoque.

 

XIX/ Le Soleil :

 

La lumière se fait dans les esprits lorsqu'ils dépassent le champ de la matérialité. Le soleil éclaire les intelligences qui s'élèvent au-dessus du brouillard des opinions reçues. L'illumination vraie est d'ordre purement moral. L'univers ne te dévoile pas ses secrets, mais tu peux savoir avec certitude comment tu dois te comporter en ce monde. Aie la sagesse de ne désirer voir clair qu'à l'égard de ta conduite. Apprenons à nous comprendre les uns les autres, afin de nous entraider fraternellement. En aspirant au bonheur terrestre, n'oublie jamais qu'il ne saurait être que collectif. Rends-toi digne de ce que tu n'obtiendras pas sans le mériter.

 

XX/ Le Jugement :

 

L'esprit de l'homme éclairé se dégage de l'étroitesse des liens corporels. Il communie avec le souffle animateur qui ressuscite les morts intellectuels et moraux. l'inspiration récompense celui qui sort de lui-même pour participer à une vie plus large et plus haute. Rien ne se perd ; le passé reste vivant en ce qui intéresse l'avenir et tu peux l'évoquer pour retrouver la parole perdue des anciens Sages. 

 

XXI/ Le Monde :

 

Le passé nous révèle l'avenir : nous concevons ce qui sera d'après ce qui fut. En t'élevant au-dessus du présent, tu t'inities au Grand Oeuvre achevé ; tu entres dans le Cosmos, c'est-à-dire dans le Monde en puissance de coordination définitive. Il s'agit d'une réalisation subjective qui n'a rien de chimérique. L'homme est l'athanor où mûrit le pur or philosophal. Réalise en toi-même l'idéal de la création, pour conformer ton Microcosme à l'harmonie du Macrocosme, car tel est le suprême objectif du Sage.

 

.../ Le Fou ou le Mat :

 

Quand tu auras atteint le sommet d'où se contemplent tous les royaumes de la Terre, ta vue plongera au-delà du concevable et tu succomberas au vertige de l'infini. Ensoph, l'Abîme sans fond, t'absorbera pour te ramener dans le sein maternel de la Grande Nuit, génératrice des êtres et des choses. Ici la raison se tait devant l'ineffable Mystère des mystères, fatalement muet. Prends conscience de ton néant, car, sans pieuse humilité, pas de réintégration dans le Tout primordial.

 

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