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L’Italie est dans l’impasse politique. Les possibilités de former une coalition sont maigres, à moins de mouiller Beppe Grillo. Qui refuse.


Le chaos. Au lendemain du tsunami qui a redessiné la carte politique de l’Italie ce week-end, l’heure des comptes a sonné. Ils sont sans appel : - 28 % de voix pour le PD (Bersani) par rapport à 2008, - 46 % pour le PDL (Berlusconi), - 54 % pour la Ligue du Nord et - 70 % pour l’UDC. La déferlante Beppe Grillo (un vote sur quatre) a fait mal, très mal même puisque le pays se retrouve paralysé, faute de coalition claire au Sénat.


1. Les chiffres La majorité absolue au Sénat est fixée à 158 sièges. Or, la coalition de gauche n’en obtient que 123. Une alliance avec Monti serait trop courte (142 sièges). Mathématiquement, trois alliances pourraient donc être envisagées : gauche-droite (240 sièges), gauche-Grillo (177 sièges) ou droite-Grillo (171 sièges).


2. La réalité politique Sur papier, ces alliances sont possibles. Dans les faits… «C’est assez difficile, je ne dis pas impossible ou improbable, d’envisager un gouvernement de salut national qui soit au pouvoir pendant tout le mandat ou pendant quelques mois ou années, analyse Giulia Sandri, professeur assistant à l’Université catholique de Lille. Le scénario qui semble le plus probable, après les dernières déclarations, c’est plutôt un gouvernement droite-gauche mais avec un mandat très précis : réforme électorale, réformes économiques, et on vote.»


Si Berlusconi, pour qui «l’Italie ne mérite pas de ne pas être gouvernée», a ouvert la porte à ce scénario, il s’est vu opposer une fin de non-recevoir par la présidente des sénateurs de gauche, Anna Finocchiaro. Celle-ci estime que c’est à cause du «centre-droit » que des réformes importantes n’ont pu être menées. Elle ne voit dès lors pas l’intérêt de reformer une large coalition.


D’autant que si cette solution était retenue, les partenaires devront s’entendre sur le nom du futur Président du Conseil. Or, poursuit la politologue, «pour l’instant, il y a très peu de figures neutres, de techniciens comme l’était en novembre 2011 la figure de Monti ».


En se lançant en politique, l’économiste respecté a perdu cette étiquette de technicien au-dessus de la mêlée (lire ci-dessous). Sa politique a été désavouée dans les urnes. Le remettre en selle enverrait un dangereux message à cette partie de l’opinion déjà échaudée.


3. Le dilemme Grillo L’autre option possible est une alliance du M5S avec la gauche ou la droite. Mais «Beppe Grillo a été très clair lundi soir en disant qu’il ne souhaitait pas un ‘‘inciucio’’, un accord post-électoral pour soutenir une majorité », rappelle Mme Sandri. Un point de vue réaffirmé hier sans ambiguïté par l’ancien humoriste : «Le M5S ne s’allie avec personne comme il l’a toujours dit ».


«Il n’a pas trop intérêt à trouver un compromis en ce moment, fait remarquer Giulia Sandri. Car si un gouvernement d’union nationale voit le jour (Beppe Grillo a fait savoir qu’il combattrait cette hypothèse, NDLR), il peut continuer à jouer sa carte de la critique des partis traditionnels qui occupent le pouvoir. Et si on va vers de nouvelles élections, il fera encore un ras de marée.» Une situation qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Bart De Wever en Belgique.


Reste alors une dernière possibilité, pour éviter de retourner aux urnes : un gouvernement Monti-Bersani, sans majorité absolue, appuyé de l’extérieur par le M5S. Beppe Grillo n’a pas fermé la porte hier à cette possibilité : « Nous ne sommes pas contre tout le monde. Nous allons voir, réforme par réforme, loi par loi. S’il y a des propositions qui sont compatibles avec notre programme, nous allons les évaluer ».


Cette solution présente un avantage : elle permettrait de faire adopter des réformes jusqu’ici bloquées par la droite. Mais elle a un gros défaut : le gouvernement serait suspendu au vote du M5S qui pourrait à tout moment décider de retirer la prise.

 

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