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Vercors : Les animaux dénaturés
Vercors : Les animaux dénaturés

Vercors, Les animaux dénaturés, LGF/ Livre de Poche, 2007

Biographie de l'auteur :

Jean Bruller, dit “Vercors”, est né le 26 février 1902 à Paris, de l'union d'une mère française (Ernestine Bourbon, institutrice) et d'un père d'origine hongroise (Louis Bruller, éditeur) qui est venu de Hongrie à Paris. L'histoire de son père, arrivé à Paris et auquel des amis de ses parents vont trouver un emploi, a inspiré la nouvelle La marche à l'Étoile publiée pendant l'Occupation. Après des études d'ingénieur électricien, dont il obtient le diplôme à l'École Breguet (ESIEE-Paris). En 1923, il devient dessinateur humoristique et illustrateur dans la lignée de Gus Bofa. Il illustre en particulier l'album pour enfants Patapoufs et Filifers, fable d'André Maurois sur les méfaits de la ségrégation, et écrit 21 recettes pratiques de mort violente. Pacifiste jusqu'en 1938, il est mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale à Mours St-Eusèbe près de Romans au pied du massif du Vercors. Il entre ensuite dans la Résistance, encouragé par Pierre de Lescure, et prend le pseudonyme de Vercors. En 1941, il co-fonde, avec Pierre de Lescure, les Éditions de Minuit, maison d'édition clandestine et y publie sa nouvelle Le Silence de la mer en 1942. Il participe également au Comité national des écrivains (CNE) et au Mouvement de la paix. Il a écrit ses souvenirs dans La Bataille du silence. Il fait partie de la Commission d'épuration de l'édition, mais il en démissionne en raison de l'inégalité des sanctions à l'encontre des écrivains, collaborateurs avec l'Allemagne nazie, et à l'encontre de leurs éditeurs, jamais pénalisés. Il refuse dans le même temps de participer à l'établissement d'une « liste noire » et renvoie les auteurs au jugement de leur conscience  En 1960, il fait partie, avec Sartre, des signataires du Manifeste des 121 écrivains et artistes qui déclarent « le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie ». En guise de protestation contre la torture pratiquée en Algérie, Vercors refusa la Légion d'honneur. Dans Le Silence de la mer, Vercors ne dédie pas son livre à un grand résistant ou à une figure de la liberté mais à Saint-Pol-Roux, "Poète assassiné". Saint-Pol-Roux mourut de chagrin en 1940 quand son manoir contenant tous ses textes inédits est pillé, peu après qu'un soldat allemand a violé sa servante et blessé sa fille. Tout comme Le Silence de la mer  veut évoquer une résistance muette au bord des cris, cet homme qui meurt brisé, presque futilement, est le symbole même de la lutte silencieuse de Vercors.

Il est aussi connu pour un roman philosophique, Les Animaux dénaturés, dont fut tirée la pièce Zoo ou l'assassin philanthrope. Il meurt à Paris le 10 juin1991.

Le fonds d'archives de l'écrivain est désormais consultable à la bibliothèque de l'Université du Maine rebaptisée Vercors depuis. (source : wikipidia)

Résumé : 

En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux « chaînon manquant » dans l'évolution du singe à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie bien vivante. Une colonie de quadrumanes, donc de singes. Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes ? Enterrant leurs morts ? Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs « tropis », un homme d'affaires voit en eux une potentielle main-d'oeuvre à bon marché. La seule parade aux noirs desseins du sieur Vancruysen est de prouver l'humanité des tropis. Raisonner en zoo-logues plutôt qu'en paléontologues ne résout qu'à demi le problème mais offre à Doug Templemore un moyen d'obtenir la preuve nécessaire. Ce qui l'amène à risquer sa tête pour notre plus vif divertissement, et notre édification, car sous le rire de cette satire allègre se pose la grave question de ce que nous sommes, nous les « personnes humaines », animaux dénaturés.

Personnages :

Douglas Templemore, journaliste, membre de l'expédition, il va risquer sa tête pour protéger les "tropis".

Frances Doran : fiancée, puis épouse de Templemore

Kreps : géologue et paléontologue, chef de l'expédition

Sybil Greame : paléontologue anglaise, darwinienne, athée

Cuthbert Greame : son mari, paléontologue

Le Père Dillingham (surnommé "Pop") : bénédictin irlandais, paléontologue, "orthogéniste" (finaliste, partisan de la théorie du "dessein intelligent")

Sir Arthur Draper : juge, favorable à Templemore

Vancruysen : "requin de la finance", veut réduire les tropis en esclavage et exploiter leur force de travail.

Le livre s'ouvre comme un roman policier, sur la découverte d'un cadavre. Pourquoi Douglas Templemore a-t-il tué son fils ?

Retour en arrière :

Des anthropologues découvrent par hasard, au fin fond de la Nouvelle Guinée, l'existence d'une tribu d'êtres vivants à mi-chemin entre le Sinanthrope et l'homme de Néanderthal, qu'ils surnomment "tropis", contraction "d'anthrope" et "pithèque". Découverte sensationnelle car le tropi, de son nom savant "Paranthropus Erectus", est peut-être le fameux "missing link" (chaînon manquant) entre les singes et les hommes.

Les tropis qui ne vivent pas dans les arbres, mais sur une falaise et sont troglodytes,  se montrent d'abord hostiles et bombardent l'expédition de "casse-têtes" (silex taillés), puis se laissent approcher et nouent des liens avec les hommes de l'expédition qui se prennent pour eux d'une affection sincère.

Mais un certain Vancruysen, un homme d'affaires australien, voit dans les tropis une potentielle main-d'oeuvre bon marché. Il s'arrange donc pour racheter en sous-main une société en sommeil, la Société Fermière de Takoma, qui détient les droits d'exploitation exclusifs de la flore et de la faune du territoire où vivent les tropis.

Pour Douglas Templemore, il n'y a qu'une solution pour sauver les tropis, c'est de provoquer un procès qui permettra d'établir officiellement que les tropis sont des hommes.

Il imagine donc de concevoir un enfant avec une femelle tropi par insémination artificielle ; il le fait baptiser, l'inscrit à l'Etat-Civil et lui injecte, pendant la nuit, une dose mortelle de chlorhydrate de strychnine. Puis il se dénonce à la police.

Si le jury décide que son fils est un homme, Vancruysen ne pourra plus mener son projet à son terme, mais Doug sera pendu pour homicide volontaire, si les jurés décident au contraire que les tropis ne sont pas des hommes, Doug sera acquitté, mais Vancruysen pourra exploiter les tropis.

Après avoir entendu les avis contradictoires de plusieurs experts cités aussi bien par l'accusation que par la défense, les jurés se déclarent incompétents sur le fond et refusent de se prononcer.

Le procès est ajourné et l'affaire est transférée au Parlement britannique qui décide finalement d'accueillir les tropis dans la famille humaine "car les tropis ont des tabous".

Lors d'un second procès, Templemore est acquitté au nom de la "non rétroactivité" de la loi (au moment où il a tué son fils, le législateur n'avait pas encore décidé si les tropis étaient des hommes ou non et on ne peut être condamné pour un délit qui n'est pas prévu par la loi)

Les tropis sont placés sous un statut spécial de protection, sous le contrôle de l'ONU.

Le livre pose, sous la forme d'un conte philosophique, à la manière de Voltaire ou de Swift, deux sortes de problèmes : 

a) le problème de l'évolution : l'expédition, dirigée par Kreps a pour but de retrouver le crâne et le squelette d'un anthropoïde dont Kreps a découvert la mandibule et trois dents ; cette découverte pourrait conduire à celui du fameux "chaînon manquant" : l'homme "descend-il" directement des primates ou a-t-il un ancêtre commun avec les primates ? Cette deuxième hypothèse semble avoir les faveurs de Sybil (pour des raisons strictement scientifiques), ainsi que du Père Dillingham (pour des raisons scientifiques, mais aussi religieuses).

Le Père Dillingham est un scientifique de valeur ; parfois malmené, mais jamais caricaturé. C'est un partisan de l'orthogénèse, autrement dit du "dessein intelligent". Pour le Père Dillingham (Pop) l'évolution a un but, une direction. "Il pense (c'est Sybil qui parle) que les mutations ne se font pas au hasard, par sélection naturelle, mais qu'elles obéissent à une volonté de perfectionnement... Oh ! zut, dit-elle devant cette incompréhension persistante (de Doug). Il pense qu'il y a un plan et un architecte et que le Bon Dieu sait d'avance ce qu'il veut ! résuma-t-elle (p. 34).

Sybil estime, de son côté, que la sélection naturelle a un rôle majeur, mais qu'elle n'est pas le seul facteur : "l'évolution est le produit de facteurs complexes, internes et externes, - de toutes sortes d'interactions. Je pense qu'on ne pourra jamais ramener l'évolution à un seul facteur (...) ; "les facteurs externes sont le climat, la nourriture, les autres animaux, la sélection, c'est que subsistent et prospèrent les formes les plus adaptables à ces facteurs, tandis que les moins adaptables disparaissent, les facteurs internes sont les forces de transformation, issues d'une sorte de volonté diffuse de l'espèce de se corriger peu à peu, de se rapprocher d'un prototype".

Le Père Dillingham n'est pas "créationniste, il admet l'évolution (et donc le darwinisme), il ne croit pas que "Dieu" a crée les espèces une fois pour toutes (fixisme) et que l'humanité dérive d'un couple primordial ; il n'interprète pas la Bible au pied de la lettre. Sybil ne rejette pas totalement l'hypothèse d'un "dessein", mais elle en fait le dessein de l'espèce et non d'un Dieu créateur. Vercors montre bien la différence entre une observation, une loi et une hypothèse.

b) le problème de la "nature humaine" : c'est le problème central du roman : qu'est-ce qu'un être humain ? Quelle est la limite entre l'homme et l'animal ? Les tropis fabriquent des outils, ont un langage rudimentaire, fument leur nourriture, enterrent leurs morts, mais les spécialistes qui s'affrontent devant le tribunal ne sont pas d'accord sur l'interprétation "naturelle" ou "culturelle" qu'il convient de donner à ces caractéristiques, pas plus qu'ils ne sont d'accord sur l'interprétation des caractères anatomiques, par exemple sur le rôle de la main : l'homme pense-t-il parce qu'il a une main (Aristote) ou a-t-il une main parce qu'il pense ? Ou de l'astragale (os du pied) dans la verticalisation, ou sur des caractéristiques biologiques comme l'interfécondité avec l'espèce humaine.

Vercors soulève un réel problème philosophique : les sociétés occidentales ont défini des "Droits de l'Homme", mais sans chercher à définir l'homme. A travers la fable des tropis, Vercors aborde la question du racisme (doctrine qui comporte dans le roman deux partisans déclarés : Julius Drexler et Eatons) : "Si l'on met en cause, sur des différences biologiques, l'unicité de l'espèce humaine, il n'existera plus de barrière où s'arrêter." (p. 167)

La  "preuve" qui est donnée de l'humanité des tropis assez étonnante : ils fument leur nourriture (la passent au feu) avant de la consommer. Les tropis qui ont accepté de vivre dans la réserve ont renoncé à cette pratique et mangent la viande sans la fumer. Les porteurs papous les dédaignent, mais vont consommer clandestinement la chair des tropis qui continuent à fumer leur nourriture (cette pratique étant associée au culte du feu), ce qui montre qu'ils les considèrent comme des hommes.

La conclusion du roman est qu'il n'y a pas de "nature humaine", que l'homme est un être de culture, un être qui s'est "arraché à la nature", un "animal dénaturé".

c) La conciliation des droits de l'Homme et des intérêts économiques :

La sollicitude des Anglais envers les tropis, n'est pas tout à fait "désintéressée". Vandercruysen voudrait implanter une filature de laine en Australie en y déportant les tropis de Nouvelle Guinée. Jusqu'alors, la laine australienne était exportée à l'état brut vers la Grande-Bretagne et transformée dans les filatures anglaises et non en Australie,  en raison du coût de la main-d'oeuvre australienne ; les industriels anglais réalisant une grosse plus-value (différence entre le prix d'achat de la laine brute et du prix de vente de la laine transformée).

La transformation de la laine en Australie, donc la maîtrise de la totalité du processus, entraînerait à terme la ruine de l'industrie lainière anglaise. Les industriels anglais se joignent donc aux défenseurs des droits de l'Homme pour faire pression sur le Parlement britannique afin que les députés statuent sur l'humanité des tropis.

Peut-être Vercors s'est-il souvenu d'Adam Smith qui, dans La Richesse des nations, défend le principe de la spécialisation des échanges commerciaux.

d) Trois femmes et un homme :

Le roman commence par la découverte d'un crime, mais se poursuit pas l'évocation de la rencontre entre Doug et Frances. Doug revoit par hasard son ancien condisciple Cuthbert Greame qui lui parle de l'expédition, mais c'est Frances qui pousse Doug, à s'y joindre, alors qu'il n'est pas particulièrement intéressé au départ. Âgé d'une soixantaine d'années, Cuthbert a une ravissante épouse de trente ans, Sybil, avec laquelle Doug a eu, jadis, une brève liaison. Pendant le séjour de Doug en Nouvelle Guinée et alors que Doug et Frances se sont fiancés avant le départ de Doug et promis l'un à l'autre, Doug succombe aux charmes de Sybil. Il éprouve l'étrange besoin de se confesser de cette "passade" à Frances dans une lettre. Avec ce "triangle amoureux", nous sommes loin d'une conception naïve d'une spontanéité du désir. Loin de détacher Frances de Doug (malgré une première réaction de colère et de rejet), la relation entre Doug et de Sybil renforce l'attirance que Frances éprouve envers Doug. Frances finira par pardonner à Doug et même par se lier d'amitié avec Sybil.

La femelle tropi éprouve aussi des sentiments de jalousie. Elle accepte d'être avec Sybil sans Doug ou avec Doug sans Sybil, ou avec Doug et Sybil, mais elle n'accepte pas qu'ils soient ensemble et séparés d'elle.

Vercors montre que l'humanisation est consubstantielle au  développement de la culture  (l'art, la religion, le langage, la technique...) mais aussi à la complexification de l'instinct sexuel, du désir et de l'affectivité dans le processus d'évolution, mais il ne montre pas les problèmes particuliers que cette complexification pose à l'espèce humaine, avec l'augmentation constante de la taille du cerveau (l'homme pense parce qu'il a un cerveau et il a un cerveau parce qu'il pense) et comment les sociétés humaines ont essayé d'y faire face, en d'autres termes, il ne dit rien de la fonction principale de la culture (et notamment la religion, l'interdit, le rituel, le sacrifice) comme régulateur structurel des effets de la mimesis.

Extraits : (Albin Michel, Le Livre de Poche)

"- Le Père Dillingham pense que les mutations ne se font pas au hasard, par sélection naturelle, mais qu'elles ont provoquées, dirigées, qu'elles obéissent à une volonté de perfectionnement... Oh ! zut, dit-elle devant cette incompréhension persistante. Il pense qu'il y a un plan, un architecte, que le Bon Dieu sait d'avance ce qu'il veut ! résuma-t-elle.

 - Ce n'est pas un crime, dit Douglas en souriant. 

 - Non, c'est une ineptie." (p.34)

"Pourquoi - si nos capacités cérébrales n'ont d'autre fin que la prospérité biologique de l'espèce humaine - notre cerveau s'occupe-t-il en même temps gratuitement de tout autre chose ? Et s'il s'agit de cet "autre chose", dans ce cas c'est une belle faillite." (p. 36)

 " - Je veux dire... qu'il y a dans les mobiles des actions humaines... quelque chose de... de particulier, de... quoi, de spécifique, de tout à fait unique, qu'on ne retrouve dans aucune autre espèce. Quand ce ne serait, par exemple, que... que, d'une génération à l'autre, notre comportement est différent. Il change constamment. Les animaux ne varient jamais dans leur manière d'être, même en mille ans. Tandis que dans la façon de considérer la vie, et donc de la vivre, entre mon grand-père et moi, il y a autant de distance qu'entre une tortue et un casoar." (p. 38)

"Peut-être est-ce la survivance des anciennes croyances dans lesquelles on m'a élevée : je me prends parfois à me dire qu'il faut absolument savoir si vos tropis ont une âme, ou s'ils n'en ont pas. Après tout, le plus mécréant d'entre nous ne peut tout à fait rejeter l'idée que l'homme a reçu, seul, une étincelle divine. Oui, n'est-ce pas de là que vient notre malaise ? Si l'homme est tout doucement venu de l'animal, à quel moment   a-t-il reçu cette étincelle ? Avant d'être tropi ou après ? Ou pendant ? N'est-ce pas toute la question, Doug, en définitive : est-ce que vos tropis ont une âme ?" (p. 53)

"Il s'agit de faire en sorte que toute l'humanité soit enfin obligée de se définir une bonne fois elle-même. De se définir sans équivoque, d'une façon irrécusable et formelle. De telle manière que ses droits et ses devoirs envers ses membres cessent d'être fondés confusément sur quelques traditions discutables, des sentiments transitoires, des commandements religieux ou des obligations sectaires, qu'on peut à chaque instant attaquer ou contredire ; mais qu'ils le soient solidement sur la claire notion de ce qui, en vérité, distingue spécifiquement les hommes du reste de la création." (p. 93)

" - Devons-nous en conclure, dit Sir Arthur, que la psychologie, pas plus que la zoologie, n'est apte à définir à quelle place précisément se trouve la frontière qui sépare la bête de l'homme ?

- Je le crains." (p. 148)

" - C'est vrai, convint Sir Peter. L'esprit métaphysique est propre à l'homme. L'animal ne le connaît pas." (p. 149)

"  - Cela ira plus loin. Car on vous a montré aussi que si l'on met en cause, sur des différences biologiques, l'unicité sacrée de l'espèce humaine, il n'existera plus de barrière où s'arrêter." (p. 157)

" Le rapport du comité Summer fut donc que les tropis ayant montré par une pratique rituelle de l'adoration du feu des signes d'esprit religieux, devaient être admis dans la communauté humaine." (p. 206)

" - Cela montre qu'il ne dépendait pas des tropis d'être ou de n'être pas des membres de la communauté humaine, mais bien à nous de les y admettre." (p. 208)

" - Les tropis, grâce d'ailleurs à l'accusé - ont été légalement admis dans la communauté humaine. Ils participent aux droits de l'homme. Rien non plus ne menace d'autres peuples arriérés ou sauvages, que l'absence de toute définition légale était seule à mettre en danger." (p. 209)

" - L'affaire des tropis nous a du moins appris une chose, dit Frances : l'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir. Dignité douloureuse. On la conquiert au prix des larmes..." (p. 212)

Lectures complémentaires :

Lucien Malson, Les enfants sauvages, 1964, UGE, coll. 10/18

Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, Plon, coll. Terres humaines

René Girard, Des choses cachées depuis le commencement du monde, recherches avec J.-M. Oughourlian et Guy Lefort, Grasset

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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