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J’avais fui le désert des villes pour arpenter les sentiers de solitude. Je m’étais ajusté au lichen des pierres grises, à la droiture des mélèzes, au peuple obstiné des sangliers, à la ferveur des jonquilles, à la chanson des sources, aux rochers chevauchés par le vent, aux brûlures de la neige, à la pierre plantée dans la tempête, à tout ce qui persiste, persévère et parle sa propre langue. J’ai partagé le pain des pauvres, j’ai acquis des richesses que personne ne m’a disputées. Je n’avais rien mais tout était à moi.

 Que me reste-t-il de ce temps-là ? Des cris d’enfants dans la cour d’une école, la saveur des airelles, le goût du miel sauvage, les morilles des sous-bois, les abeilles du silence, le courage de survivre à l’hiver…

La lampe à huile, sous le nuage d’Inconnaissance.

 

 

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