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Sophie Hannah, Meurtres en majuscules (The Monogram Murders), une nouvelle enquête du personnage d'Hercule Poirot imaginé par Agatha Christie, traduit de l'anglais par Valérie Rosier, aux Editions du masque

"Hercule Poirot a décidé de mettre au repos ses petites cellules grises en surchauffe. Il se réfugie incognito dans une pension londonienne, où il fait la connaissance de l'inspecteur Catchpool. Un soir, trois meurtres sont commis dans trois chambres à trois étages différents au Bloxham, un hôtel luxueux de Londres. On retrouve un bouton de manchette en or, gravé des initiales PIJ, dans la bouche de chacune des victimes. L'énigme est trop tentante ! Poirot n'y résiste pas et offre ses services à l'inspecteur Catchpool. Pour démêler les fils de l'intrigue, il va falloir à Poirot toute son habileté, et à Catchpool beaucoup de patience..." (quatrième de couv.)

Sophie Hannah est née en 1971 à Manchester. Diplômée d'Espagnol et de littérature anglaise, elle enseigne à la Manchester Metropolitan University's Writing Scholl. Après plusieurs recueils de poésie récompensés par de nombreux prix (dont le prix du festival Daphné du Maurier), elle se tourne vers l'écriture de thrillers psychologiques qui deviennent rapidement des best-sellers. Ses romans son traduits dans plus de vingt pays.

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller, est une femme de Lettres britannique, auteur de nombreux romans policiers à succès, qui a aussi écrit sous le pseudonyme de Mary Westmacott. Agatha Christie a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre traduits dans le monde entier. Son nom est associé à celui de ses deux héros récurrents : Hercule Poirot, détective professionnel et Miss Marple, détective amateur. Un grand nombre de ses écrits a été adapté au cinéma, à la télévision ainsi qu'au théâtre. On pourra citer, parmi son œuvre prolifique, Le Crime de l'Orient-Express, Dix petits nègres, Mort sur le Nil, Le Train de 16 h 50 ou Le Meurtre de Roger Ackroyd. L’œuvre d'Agatha Christie fait partie des auteures les plus lues dans le monde. Son style simple, sage et flegmatique, l'inventivité sans fin de ses énigmes policières, lui assurent encore aujourd'hui un statut de référence. (source : babelio)

Statuette d'Hercule Poirot à Ellezelles.

Statuette d'Hercule Poirot à Ellezelles en Belgique

Mon avis sur le livre :

Les passionnés des nouvelles et romans de sir Arthur Conan Doyle ont toujours la possibilité de se consoler d'avoir tout lu avec l'un des nombreux pastiches, dont certains excellents, de l'oeuvre du maître.

Il n'en allait pas de même jusqu'à présent en ce qui concerne Agatha Christie dont les héritiers veillaient farouchement sur le "corpus", refusant toute nouvelle oeuvre inspirée de l'impératrice du crime et campant le personnage de Poirot.  Mais cette fois-ci, le petit fils d'Agatha Christie a fait une exception à la règle en cédant aux instances de Sophie Hannah.

Cette dernière, à ce que l'on dit, s'est plongée dans les archives inédites de son modèle et a travaillé d'arrache-pied pendant des mois.

Je fais partie des mordus qui ont lu et relu jusqu'à trois fois l'oeuvre d'Agatha Christie, qui se souviennent du moment où ils ont ouvert pour la première fois Le meurtre de Roger Ackoyd, du frisson d'horreur qu'ils ont éprouvé en pressentant à un moment bien précis du livre l'identité du meurtrier et qui ne se consolent pas d'en connaître désormais la fin. Voilà un problème philosophico-littéraire interessant ou oiseux, c'est selon, du genre "peut-on être et avoir été ?"

Malgré mon impatience, j'ai attendu que Meurtres en majuscules paraisse en édition de poche.

On retrouve le personnage d'Hercule Poirot avec son accent belge, sa coqueterie, son immense estime de soi, sa moustache en croc et ses "petites cellules grises".

Le narrateur, l'inspecteur Catchpool est un jeune policier de Scotland Yard que Poirot a pris sous son aile et qui ressemble beaucoup à Hastings.

Tous les ingrédients traditionnels sont réunis : le grand hôtel londonien, la campagne anglaise, le cimetière près de l'église, le vieux presbytère, la vieille auberge...

Poirot et Catchpool mènent parallèlement l'enquête, le premier à Londres, le second à la campagne.

Le roman comporte l'inévitable scène finale : tous les protagonistes sont réunis par Poirot dans la salle-à-manger de l'hôtel Bloxham. Mais la vérité tout entière ne nous est révélé que dans les toutes dernières pages, de retour à Scotland Yard.

Un bon roman qui réussit le tour de force de combiner la fidélité  à l'esprit de l'oeuvre d'Agatha Christie et une originalité certaine.

Un petit bémol cependant : il porte sur la complexité de l'intrigue, une complexité qui donne le tournis au pauvre inspecteur Catchpool (et parfois aussi, il faut bien le dire, au pauvre lecteur !) et qui est rarement dans le style d'Agatha Christie dont la plupart des intrigues brillent au contraire par leur extrême simplicité. Chez Sophie Hannah, l'opacité de l'énigme est en raison directe de la complexité de l'intrigue, ce qui est plutôt dans la manière de John Dickson Carr que d'Agatha Christie. Cette complexité se mesure au nombre de pages (Le Vallon, dans la collection Le Masque : 254 pages ; Meurtres en majuscules : 397 p. dans la même collection).

Meurtres en majuscules est donc un livre honorable, mais il ne peut rivaliser avec Les dix petits nègres, Le crime de l'Orient Express, Le meurtre de Roger Ackroyd ou même avec La troisième fille qui commence de la même manière car il y manque ce "je ne sais quoi" qui sépare le talent du génie.

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