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Philip K. Dick, Les marteaux de Vulcain (Vulcan's Hammer), traduit de l'américain par Monique Benatre, le Masque Science-Fiction, 1975 

Philip Kindred Dick, né le 16 décembre 1928 à Chicago dans l'État de l'Illinois aux États-Unis et mort le 2 mars 1982 à Santa Ana en Californie aux États-Unis, est un auteur américain de romans, de nouvelles et d'essais de science-fiction.

De son vivant, il a reçu plusieurs prix de littérature, comme le prix Hugo pour Le Maître du Haut Château, et le prix John Wood Campbell Memorial pour Coulez mes larmes, dit le policier. Alors qu'il a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté, son apport à la science-fiction est important, et certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films culte : Blade Runner, Total recall, Minority Report, Planète hurlante, A. Scanner Darkly... 

"L'Intelligence artificielle appelée Vulcain III dirigeait la race humaine. C'était plus qu'une machine et moins qu'un Dieu. Il avait sorti le genre humain de l'âge sombre qui avait précédé le machinisme. Il avait mis fin à la guerre, au chômage et à la pauvreté... mais il n'avait pas mis fin à la plus corrosive des craintes, celle de Vulcain III lui-même.

Au début, ceux qui avaient peur de lui étaient écartés comme extravagants et fanatiques religieux. Puis le monde apprit ce que la terreur signifiait lorsque les implacables et brillants messagers de la mort apparurent, montant en flèche dans les airs, pour redescendre frapper de la même manière amis et ennemis de Vulcain III. Qui les dirigeait ? Quelle était la force étrange qui maniait... les Marteaux de Vulcain ?"

L'histoire : 

Les hommes ont remis le pouvoir de décision aux machines censées échapper aux émotions, aux sentiments et aux passions humaines et obéir à la raison pure. La société se divise en deux groupes : les producteurs et les "personnes de la classe T" de l'Organisation, le rôle de ces derniers se bornant à alimenter la machine en informations.

Mais plus les ordinateurs se perfectionnent, plus leur goût du pouvoir et leur sens de l'autoconservation se développe. Vulcain III, l'ordinateur de la troisième génération est prêt à tout, y compris à détruire les humains, pour conserver le pouvoir absolu.

Un groupe d'hommes déterminés, "Les Défenseurs", dirigé par le Père Fields, cherche à détrôner l'ordinateur et à rendre la liberté au peuple. De son côté, le directeur Jason Dill, responsable mondial de l'Organisation, alerté par l'ordinateur de la génération précédente, Vulcain II sur l'éventuelle nocivité de Vulcain III, dissimule à ce dernier les informations concernant l'activité des Défenseurs.

Le directeur William Barris, haut responsable pour l'Amérique du Nord, s'interroge de son côté sur la loyauté de Dill à l'égard de Vulcain III...

Mon avis :

Les Marteaux de Vulcain se situe dans la ligne des deux grandes dystopies archétypales de la SF : 1984 de George Orwell et Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley. Il s'agit de l'un des premiers romans de Philip K. Dick. L'auteur y aborde le thème du triomphe de la technologie et de la démission de l'humanité face aux machines. Mais contrairement au Meilleur des Mondes et à 1984, le roman de Philip K. Dick se termine sur une note d'espoir.

Un extrait : 

"Vulcain III, cependant, continuait à progresser dans la direction opposée ; en un sens, par degré, il tendait vers l'inévitable rectitude du jugement ou du moins une maturité, si par cela on entendait une claire, précise et complète image des choses telles qu'elles étaient réellement.

"Une image, réalisait Jason Dill, qu'aucun être humain n'a jamais eue et n'aura jamais, tous les humains étant partiaux. Et ce géant ne l'est pas."

- Je vais faire activer le contrôle des déviations dans les écoles. Désirez-vous autre chose ?

- Le rapport statistique sur la linguistique rurale ne m'est pas parvenu. Pourquoi ? Il était envoyé à la supervision personnelle de l'envoyé spécial, Arthur Graveson Pitt.

Dill sacra silencieusement. Seigneur ! Vulcain III n'égarait pas un seul renseignement sur les milliards qu'il ingérait et emmagasinait.

- Pitt a été blessé.

Dill réfléchissait désespérément et aussi vite qu'il le pouvait.

- Sa voiture s'est retournée sur une route de montagne dans le Colorado. Ou du moins c'est ce dont je me souviens. Il faudrait que je vérifie pour être sûr ; mais...

- Faites compléter son rapport par quelqu'un d'autre. Il me le faut absolument. Ses blessures sont-elles graves ?

Dill hésita :

- En fait, ils ne pensent pas qu'il vivra. Ils disent...

- Pourquoi tant de personnes de la Classe T ont-elles été tuées au cours de l'année ? Je veux plus d'informations sur ce sujet. Selon mes statistiques, un cinquième seulement de ceux-ci aurait dû mourir de causes naturelles. Il y a un facteur vital qui manque. Il me faut plus de renseignements.

- Très bien. Nous vous donnerons plus de renseignements. Tous les renseignements que vous voudrez.

- J'envisage de convoquer une réunion extraordinaire du Conseil de Contrôle. Je vais peut-être décider de questionner personnellement l'équipe des onze directeurs régionaux.

Dill en était abasourdi. Il essaya de parler, mais il ne le put. Il pouvait seulement regarder fixement le ruban de mots qui défilait inexorablement.

- Je ne suis pas satisfait de la façon dont les informations arrivent. Il est possible que je demande votre révocation et un système entièrement nouveau pour fournir les renseignements.

Dill ouvrit la bouche, puis la referma. Conscient que son tremblement était visible, il s'éloigna de l'ordinateur.

- A moins que vous ne vouliez quelque chose d'autre, j'ai du travail qui m'attend à Genève.

Tout ce qu'il voulait, c'était de sortir de cette situation, quitter la pièce.

- Rien d'autre. Vous pouvez aller.

 

 

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