
"Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion, n'affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je pourrais apprendre ce qu'elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n'avais pas vécu."
"David Thoreau, mieux connu sous le nom de Henry David Thoreau, était un essayiste, poète, philosophe et naturaliste américain. Il est né le 12 juillet 1817 à Concord, Massachusetts, et était le troisième des quatre enfants de sa famille. Thoreau a grandi dans une famille aux moyens modestes, mais a reçu une bonne éducation, fréquentant l’Université Harvard de 1833 à 1837.
Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Thoreau a commencé à enseigner dans une école publique à Concord, mais il a rapidement été désillusionné par le système éducatif et l'a quitté après seulement deux semaines. Il s’est alors tourné vers l’écriture, et en 1845, il a publié son œuvre la plus connue, Walden ou la Vie dans les bois, qui relate ses expériences de vie solitaire dans une cabane qu’il avait construite sur les rives de l’étang de Walden.
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Thoreau a été profondément influencé par le mouvement transcendantaliste, qui mettait l’accent sur l’individu, l’autonomie et une relation étroite avec la nature. Il s’est également impliqué dans le mouvement abolitionniste et a été un fervent partisan de la désobéissance civile comme moyen de protester contre les lois injustes.
Les autres œuvres notables de Thoreau comprennent La désobéissance civile, un essai dans lequel il soutient que les individus ont l’obligation morale de résister aux lois injustes, et Une semaine sur les rivières Concord et Merrimack, un récit de voyage qu’il a écrit avec son frère, John Thoreau.
La santé de Thoreau a commencé à décliner dans les années 1850, et il est décédé le 6 mai 1862, à l’âge de 44 ans, de la tuberculose. Malgré sa vie relativement courte, l’influence de Thoreau a été énorme, et il est considéré comme l’une des figures les plus importantes de la littérature et de la philosophie américaines."
Extrait de la préface de Frédéric Gros :
« Simplifiez, simplifiez ! » : telle est l'invitation de Thoreau dans ce chef-d'œuvre de la littérature américaine qu'est Walden. Au printemps 1845, l'écrivain a décidé de vivre cette expérience d'un quotidien fait de peu de choses et qui s'abandonne à la présence de la nature. « Ne devant rien à personne, travaillant juste assez pour pouvoir se nourrir, se vêtir et se chauffer, et surtout, surtout jouissant à profusion des dons du monde. Les bruits et les couleurs, les dessins des paysages, les rencontres animales, les brises du matin ou les caresses du soleil : ce seront ses uniques richesses pendant près de mille jours », résume le philosophe Fréderic Gros dans sa préface. Ce dernier souligne combien cette « vie dans les bois » allait bientôt résonner comme un appel au renouveau et à l'insoumission : « Tout est là : il ne s'agit pas d'accumuler, d'avancer, ni même de croire, mais de revivre à soi-même, de se surprendre, de se recommencer. » Un renouveau auquel la nature toujours nous éveille dans ces pages visionnaires."
Extrait :
"Je ne lus pas de livres le premier été ; je sarclai des haricots. Que dis-je ! Je fis souvent mieux que cela. Il y eut des heures où je ne me sentis pas en droit de sacrifier la fleur du moment présent à nul travail soit de tête, soit de mains. J’aime une large marge à ma vie. Quelquefois, par un matin d’été, ayant pris mon bain accoutumé, je restais assis sur mon seuil ensoleillé du lever du soleil à midi, perdu en rêve, emmi les pins, les hickorys et les sumacs, au sein d’une solitude et d’une paix que rien ne troublait, pendant que les oiseaux chantaient à la ronde ou voletaient sans bruit à travers la maison, jusqu’à ce que le soleil se présentant à ma fenêtre de l’ouest, ou le bruit de quelque chariot de voyageur là-bas sur la grand-route, me rappelassent le temps écoulé. Je croissais en ces moments-là comme maïs dans la nuit, et nul travail des mains n’en eût égalé le prix. Ce n’était point un temps soustrait à ma vie, mais tellement en sus de ma ration coutumière. Je me rendais compte de ce que les Orientaux entendent par contemplation et le délaissement des travaux. En général je ne m’inquiétais pas de la marche des heures. Le jour avançait comme pour éclairer quelque travail mien ; c’était le matin, or, voyez ! c’est le soir, et rien de remarquable n’est accompli. Au lieu de chanter comme les oiseaux, je souriais silencieusement à ma bonne fortune continue. De même que la fauvette, perchée sur l’hickory devant ma porte, avait son trille, de même avais-je mon rire intérieur ou gazouillement étouffé qu’elle pouvait entendre sortir de mon nid. Mes jours n’étaient pas les jours de la semaine portant l’estampille de quelque déité païenne, plus que n’étaient hachés en heures et rongés par le tic-tac d’une horloge ; car je vivais comme les Indiens Puri, dont on dit que « pour hier, aujourd’hui et demain ils n’ont qu’un seul mot, et expriment la diversité de sens en pointant le doigt derrière eux pour hier, devant eux pour demain, au-dessus de leur tête pour le jour qui passe ». Ce n’était autre que pure paresse aux yeux de mes concitoyens, sans doute ; mais les oiseaux et les fleurs m’eussent-ils jugé suivant leur loi, que point n’eussé-je été pris en défaut. L’homme doit trouver ses motifs en lui-même, c’est certain. La journée naturelle est très calme, et ne réprouvera guère son indolence."
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