Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Explication d'un texte de Bergson sur la double imperfection de l'homme (Textes + Questions)

L'auteur :

Henri Bergson, né le 18 octobre 1859 à Paris, ville où il meurt le 4 janvier 1941, est un philosophe français. Parmi les ouvrages qu'on lui doit, les quatre principaux sont l’Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), Matière et mémoire (1896), L'Évolution créatrice (1907) et Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932). Bergson est élu à l'Académie Française en 1914 et il reçoit le prix Nobel de littérature en 1927. Il est également l'auteur du Rire, un essai sur la signification du comique (1900). Ses idées pacifistes ont influencé la rédaction des statuts de la Société des Nations. Il fut à la SDN le premier président de la Commission internationale de coopération intellectuelle, ancêtre de l'UNESCO. (source : encyclopédie en ligne Wikipédia)

L'œuvre : 

Les Deux Sources de la morale et de la religion est un ouvrage du philosophe français Henri Bergson paru en 1932. Il s’agit du dernier ouvrage du philosophe. Sa réflexion sur la morale l’amène à discuter les approches sociologiques de son temps (Émile Durkheim, Lucien Lévy-Bruhl) en insistant particulièrement sur le concept d’obligation qu’il place au cœur des relations interindividuelles. Il pose la distinction restée célèbre entre « société ouverte » et « société fermée » (qui sera reprise dans une autre perspective par l’épistémologue Karl R. Popper). Le dernier chapitre expose la vision de l’avenir de l’auteur et contient le passage célèbre sur le « supplément d’âme » dont le corps serait en attente, à la suite des possibilités extraordinaires que lui confère la technique. Cette réflexion est placée sous le signe de la dualité mécanique/mystique. (source : ibidem)

Le texte :

L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l’espoir de réussir et la crainte d’échouer. C’est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu’il doit mourir.

Le reste de la nature s’épanouit dans une tranquillité parfaite. Plantes et animaux ont beau être livrés à tous les hasards, ils ne s’en reposent pas moins sur l’instant qui passe comme ils le feraient sur l’éternité. De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous (1) quelque chose dans une promenade à la campagne, d’où nous revenons apaisés.

Mais ce n’est pas assez dire. De tous les êtres vivant en société, l’homme est le seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à des préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause ; partout ailleurs, l’intérêt individuel est inévitablement coordonné ou subordonné à l’intérêt général.

Cette double imperfection est la rançon de (2) l’intelligence. L’homme ne peut pas exercer sa faculté de penser sans se représenter un avenir incertain, qui éveille sa crainte et son espérance. Il ne peut pas réfléchir à ce que la nature lui demande, en tant qu’elle a fait de lui un être sociable, sans se dire qu’il trouverait souvent son avantage à négliger les autres, à ne se soucier que de lui-même.

BERGSON, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932

(1) « Nous aspirons à nous » : nous recevons

(2) « La rançon de » : le prix à payer pour

QUESTIONS :

A. Éléments d’analyse 1. Bergson écrit : « L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne ». Pourquoi pourrait-on dire des animaux qu’ils n’hésitent pas, ne tâtonnent pas ?

2. Pourquoi, dans le seul cas des êtres humains, des « préoccupations égoïstes » conduisent-elles les individus à « dévier de la ligne sociale » ?

3. Que veut dire Bergson lorsqu’il affirme que notre intelligence entraîne toujours une « double imperfection » ?

B. Éléments de synthèse

1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre ?

2. Dégagez les différents moments de l’argumentation.

3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.

C. Commentaire

1. Doit-on considérer, à partir de ce texte, que l’appartenance sociale des êtres humains fait obstacle à leur liberté ?

2. Quel sens le texte permet-il de donner à l’idée de liberté ?

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :