L'auteur :
Peng Shepherd est née et a grandi à Phoenix, en Arizona, où elle montait à cheval et s'est formée au ballet classique. Elle a vécu à Pékin, Kuala Lumpur, Londres, Los Angeles, Washington, D.C. et New York. Son premier roman, Le Livre de M, est paru en 2018, suivi par The future Library en 2021 (non traduit) et Les Cartographes en 2022.
Résumé du roman :
Nell a perdu ses deux parents. Sa mère trente ans plus tôt, et maintenant son père, le Dr Young, un célèbre cartographe de la New York Public Library qui vient d’être retrouvé mort dans son bureau.
Elle l’adorait, elle voulait embrasser la même carrière que lui, mais parfois la famille c’est très compliqué. En fouillant dans les affaires du défunt, elle trouve, bien cachée, une carte routière a priori sans grand intérêt. Sauf que Nell se souvient parfaitement de cette maudite carte. Elle lui a valu une engueulade homérique et lui a coûté sa place, auprès de son père.
Intriguée, elle reconstitue avec un regard neuf ce vieil incident et ne tarde pas à se rendre compte que le document est aussi rare que précieux. Il comporte une erreur singulière, une signature pour ceux qui sont initiés à l’art de la cartographie. Pour percer ce mystère, Nell contacte certains amis de ses parents. Trente ans plus tôt, ils formaient un groupe de sept personnes, très soudé : les Cartographes.
Qu’ont-ils découvert ?
Quels crimes ont-ils commis contre la réalité ?
Après l’apocalypse magique du Livre de M, Peng Shepherd confirme tout son talent de romancière avec ce thriller surnaturel et culturel, qui lui vaut à nouveau d’être comparée à Stephen King (nous, Européens, rapprocherons plus volontiers Les Cartographes de l’œuvre de Borgès ou d’Arturo Perez-Reverte).
Extrait :
Même aujourd'hui, Nell, je serais bien incapable de te décrire ce que j'ai vu. Agloe défie les explications. Il est impossible de faire comprendre à quel point l'endroit est remarquable, parce que tout ce que je pourrais t'en dire donne la même impression de simple village, mais un village qui n'existe pas.
Ou plutôt, qui n'existe que sur la carte (à condition d'avoir en main la carte où il figure). Comment était-ce possible ? Et cependant, nous y étions.
Ce jour-là, nous y avons passé quelques heures, à nous introduire timidement dans quelques maisons, à comprendre comment tout cela pouvait tenir debout.
C'était un drôle d'endroit. Plein, mais désert. Il y avait des maisons, des bâtiments plus importants, mais pas âme qui vive. des jardins et des parcs, mais pas de piétons. Une station-service avec une pompe à essence, mais pas de véhicules, sauf les nôtres. Un petit restaurant, mais rien à manger, et le gril semblait ne jamais avoir été utilisé, même s'il fonctionnait, comme tous les ustensiles. Il y avait du gaz dans la cuisinière, les lumières éclairaient. L'eau coulait des robinets. Comme si l'endroit avait été construit dans un but inconnu, avant d'être perdu, ou bien oublié.
J'aurais tant de choses à te raconter sur Agloe. Et nous pourrions... Mais là n'est pas la question. La question, c'est de savoir ce que ce village nous a fait, à tous..."
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