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Jean-François Revel, Pourquoi des philosophes ?
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Jean-Francois Revel, La démocratie libérale à l'épreuve du XXe siecle Par Philippe Boulanger, préface d'Alain Laquièze "Loin de n'avoir été qu'un polémiste de talent, Jean-François Revel (1924-2006) a été, de Pourquoi des philosophes ? (1957) à L'Obsession antiaméricaine (2002), l'auteur d'une œuvre de première importance, jalonnée par de fracassants succès populaires et internationaux. Allant bien au-delà du seul engagement anticommuniste, la force et la singularité intellectuelles de sa pensée n'avaient jamais, jusqu'ici, fait l'objet d'une synthèse exhaustive qui aurait permis d'en éclairer la place dans l'histoire contemporaine des idées, une béance que le présent ouvrage vient enfin combler. Avant tout animé par la passion des faits, ce philosophe s'est constamment employé à pourfendre et à déconstruire les impostures idéologiques dont se sont nourries les diverses tentations totalitaires qui ont marqué le XXe siècle, jusque sous leurs récents avatars de l'islamisme et de l'antiracisme dévoyé. Philippe Boulanger, dans cette passionnante biographie intellectuelle, expose les étapes successives et les multiples aspects de cette pensée de combat qui trouve son unité profonde dans la volonté de réaffirmer sans concession l'insigne valeur des principes d une démocratie libérale, en économie comme en politique. Chaque jour qui passe semble en rappeler l'intempestive et remarquable pertinence." "Lorsque, en 1957, Jean-François Revel publie Pourquoi des philosophes, une controverse, souvent polémique, s'élève autour de ce mince livre. Il connaît le succès non seulement parmi les intellectuels, mais dans le grand public, et se voit décerner le prix Fénéon par un jury comprenant, entre autres, Louis Aragon et Jean Paulhan. C'est que l'auteur y remet en question les fondements de la philosophie, ne se bornant pas à la philosophie contemporaine, mais remontant aux origines de cette discipline, notamment à son statut depuis la naissance de la science moderne, au XVIIe siècle. Il montre en particulier que Descartes est non pas le premier penseur scientifique moderne, mais le dernier philosophe médiéval (Descartes inutile et incertain, 1976). Les principaux éléments de la discussion autour de Pourquoi des philosophes ? fournissent la matière de La cabale des dévots (1962), où l'auteur répond à ses objecteurs. Ces textes révèlent aux lecteurs un style critique nouveau, que l'on a défini " voir ce que tout le monde a vu, penser ce que personne n'a pensé ". Revel l'applique aussi bien au récit de voyage (Pour l'Italie, 1958) qu'à la critique littéraire (Sur Proust, 1960) et à son activité d'éditorialiste dans la grande presse (Contrecensures, 1966)." Mon avis sur Pourquoi des philosophes ? Jean-François Revel tire sur tout ce qui bouge : Descartes, Bergson, Heidegger, Merleau-Ponty, Derrida... et sur d'autres complètement tombés dans l'oubli, mais qui étaient au programme du Bac quand Revel faisait ses études de philosophie comme Renouvier. C'est tantôt injuste, tantôt juste et souvent drôle, un peu à la manière des Femmes savantes de Molière. Sur la quatrième de couverture de l'édition de Poche (Laffont, 1976), on peut lire : "traîné dans la boue ou porté aux nues, ce livre constituait, au-delà du pamphlet de circonstance, une mise en question de l'essence même de la l'activité philosophique. Une lecture attentive du livre montre qu'il n'en est pas tout à fait ainsi. Revel dit du bien de la méthode freudienne (mais Freud, il est vrai, n'aimait pas la philosophie), parce qu'elle s'appuye sur une pratique et il ne dit pas du mal de tous les philosophes (il ne s'attaque pas à Platon, par exemple). Ce qu'il rejette par dessus tout, me semble-t-il, ce n'est pas tant la philosophie qu'une certaine manière de philosopher : le philosophe qui donne des leçons aux chercheurs, le philosophe qui bâtit des systèmes dans les nuées, le philosophe qui s'enferme dans un langage uniquement compréhensible de quelques initiés, tout en affirmant qu'il écrit "pour le prolétariat" (Tel Quel et Philippe Sollers en prennent en passant pour leur grade et le passage est assez réjouissant), L'idéalisme dogmatique (un certain Hegel et un certain Marx et leurs épigones). Comme tous les pamphlets, l'oeuvre est fortement marquée par le contexte de l'époque : la vogue de Jean-Paul Sartre, les philosophes "compagnons de route" du PCF, les modes successives de la phénoménologie et du structuralisme.
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