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Gilles Lambert, Caravge (1571-1610), Taschen, 2001

"Un proscrit de l'art

Sa peinture était scandaleuse, sa vie ne le fut pas moins. Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (du nom de son village natal près de Bergame), fut un scélérat. Avant lui, d'autres artistes de génie aveint eu maille à partir avec la justice : Duccio était ivrogne et querelleur. Le Perugin, amateur de rixes et de combats de rue, fit de la prison dans sa jeunesse. L'orfèvre Benvenuto Cellini accusé d'escroquerie, de meurtre et de sodomie, fut enfermé à Rome, au château Saint-Ange. Le Caravage, lui, fut arrêté et incarcéré à maintes reprises, avoua l'assassinat d'un partenaire de jeu de paume qu'il soupçonnait d'avoir triché. La rumeur lui prêta d'autres crimes. ce peintre de génie, qui travaillait à une vitesse incroyable, directement sur la toile sans même esquisser ses personnages, vécut de cachot en cachot, d'où l'arrachaient de plus en plus difficilement de puissants protecteurs. de sa dernière prison, dans l'île de Malte, il s'évada à grand péril - comme Cellini du château Saint-Ange. Proscrit, recherché, persécuté, Le Caravage disparaît sur une plage au sud de Rome, peut-être assassiné comme le cinéaste Pier Paolo Pasolini. Il n'avait que quarante ans." (Gilles Lambert)

La conversion de Saint-Paul : le saint, tombé de cheval et gisant à terre, s’offre, désemparé, bras ouverts, à l’assaut cru de la lumière perpendiculaire, venant verticalement de haut en bas, et parallèle au plan de la toile. Le personnage et le cheval placés derrière permettent de convoquer en limite de lumière des morceaux de peinture exaltant la dureté de l'attaque par la lame lumineuse. (Henri Peire)

 

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