
Sémiologue et écrivain français (Cherbourg 1915-Paris 1980). Grande figure de la sémiologie et du structuralisme français des années 1950 à 1970, attaché aux avant-gardes littéraires de son temps comme aux classiques, Roland Barthes concilia l'approche savante et le plaisir esthétique. Son rayonnement reste considérable sur la critique et les pratiques littéraires contemporaines. A partir de 1955, Barthes s'impose auprès d'un large public avec les Mythologies (1957). Chroniqueur rigoureux à l'acuité subtile, il y analyse quelques-uns des symboles de la société de l'époque (de la DS Citroën à Greta Garbo, du péplum à Paris-Match, des Guides bleus aux produits détergents), révélant derrière des évidences trop lisses un système de valeurs petit-bourgeois analysable scientifiquement. Tel est l'objet de la méthode qu'il théorise dans les Éléments de sémiologie (1965) : science générale des signes, la sémiologie élargit le modèle linguistique de Ferdinand de Saussure et le structuralisme de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss à toutes les pratiques symboliques d'une société. Le sémiologue, affirmant que le sens d'un signe quel qu'il soit tient toujours au rapport qu'il entretient avec les autres signes, s'attache aux réseaux de relations entre les signes pour dégager leur signification. Barthes, nommé entre-temps directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1962), appliquera la sémiologie au vêtement (Système de la mode, 1967) et poursuivra l'aventure dans l'Empire des signes (1970), à propos du Japon. (source : encyclopédie Larousse)
C'est à Roland Barthes que nous devons la notion de "rhétorique de l'image". La rhétorique est la « technique de la mise en œuvre des moyens d’expression pour persuader » (Le Robert)
Le propre de toute rhétorique est de mettre en jeu au moins deux niveaux de langage, le propre ou le dénoté et le figuré ou le connoté.
Analyser des images c’est passer par la sémiologie – par l’étude des signes – science que l’on doit au linguiste Ferdinand de Saussure, reprise ensuite par Roland Barthes, notamment dans son étude, désormais célèbre, de la publicité Panzani (datant des années 60).

"Voici une publicité Panzani : des paquets de pâtes, une boîte, un sachet, des tomates, un champignon, le tout sortant d’un filet à demi ouvert, dans des teintes jaunes et vertes sur fond rouge. Essayons d’ « écrémer » les différents messages qu’elle peut contenir.
L’image nous livre tout de suite un premier message, dont la substance est linguistique : les supports en sont la légende, marginale, et les étiquettes, qui, elles, sont insérées dans le naturel de la scène, comme « en abyme » : le code dans lequel est prélevé ce message n’est autre que celui de la langue française ; pour être déchiffré, ce message n’exige d’autre savoir que la connaissance de l’écriture et du Français. À vrai dire, ce message peut encore se décomposer, car le signe Panzani ne livre pas seulement le nom de la firme, mais aussi, par son assonance, un signifié supplémentaire qui est, si l’on veut, l’« italianité »[…]
Le message linguistique mis de côté, il reste l’image pure (même si les étiquettes en font partie à titre anecdotique). Cette image livre aussitôt une série de signes discontinus. Voici d’abord (cet ordre est indifférent, car ces signes ne sont pas linéaires), l’idée qu’il s’agit, dans la scène représentée, d’un retour de marché ; ce signifié implique lui-même deux valeurs euphoriques : celle de la fraîcheur des produits et celle de la préparation purement ménagère à laquelle ils sont destinés ; son signifiant est le filet entrouvert qui laisse s’épandre les provisions sur la table, comme « au déballé ». Pour lire ce premier signe, il suffit d’un savoir en quelque sorte implanté dans les usages d’une civilisation très large, où « faire soi-même son marché » s’oppose à l’approvisionnement expéditif (conserve, frigidaire) d’une civilisation plus « mécanique ».
Un second signe est à peu près aussi évident ; son signifiant est la réunion de la tomate, du poivron et de la teinte tricolore (jaune, vert, rouge) de l’affiche ; son signifié est l’Italie, ou plutôt l’italianité ; ce signe est dans un rapport de redondance avec le signe connoté du message linguistique (l’assonance italienne du nom Panzani) ; le savoir mobilisé par ce signe est déjà plus particulier : c’est un savoir proprement « français » […] fondé sur une connaissance de stéréotypes linguistiques.
Continuant d’explorer l’image (ce qui ne veut pas dire qu’elle soit entièrement claire du premier coup), on y découvre sans peine au moins deux autres signes ; dans l’un, le rassemblement serré d’objets différents transmet l’idée d’un service culinaire total, comme si d’une part Panzani fournissait tout ce qui est nécessaire à un plat composé, et comme si d’autre part le concentré de la boîte égalait les produits naturels qui l’entourent, la scène faisant le pont en quelque sorte entre l’origine des produits et leur dernier état ; dans l’autre signe, la composition, évoquant le souvenir de tant de peintures alimentaires, renvoie à un signifié esthétique : c’est la « nature morte » ou comme il est mieux dit dans d’autres langues, le « still life » ; le savoir nécessaire est ici fortement culturel." (Roland Barthes, Rhétorique de l'image, inCommunication, n°4, 1964, pp. 41-42)
Pour la prochaine séance (le 1er décembre)
Questions sur le texte :
1. Expliquez les termes suivants : "signifiant", "signifié", dénotation", connotation"
2. Quels sont, selon Roland Barthes, les trois principaux messages que nous communique cette publicité pour les produits Panzani ?
3. Faites un tableau mettant en vis-à-vis les éléments dénotés et leur(s) connotation(s).
4. Complétez l'analyse de Barthes. Que vous évoque la forme du filet entrouvert ? (deux réponses) Quelle est l'opposition implicite entre le filet à provision et la boîte de conserve ? Pourquoi la précision "de luxe" dans la légende ?
5. Expliquez : "la composition (...) renvoie à un signifié esthétique : la nature morte (...) ; le savoir est ici fortement culturel."
6. choisissez une autre publicité et faites-en l'analyse à la manière de Roland Barthes en distinguant les signes iconiques, les signes plastiques et les signes linguistiques.
Note :
Barthes propose de distinguer trois types de signes présents dans l’image : les signes iconiques (= ce que l’on reconnait), les signes plastiques (= dimension esthétique pure) et les signes linguistiques (tout ce qui relève des mots écrits).
Concrètement, il s’agira lors d’une analyse d’énumérer dans un premier temps les choses que l’on voit (ex. un filet, des tomates, une boite de conserve) et d’en explorer les diverses significations (symboliques ou autres), autrement dit d’évoquer ce que ces objets connotent.
Par la suite, il s’agira de la même façon de repérer les signes plastiques, c’est-à-dire les choix de mise en forme (cadrage, échelle, angle de prise de vue, composition, lignes de forces, couleurs, lumière) et d’en interpréter la signification.
Enfin on finira par prendre en considération les signes linguistiques (= les mots) en étudiant leur forme et disposition (police, couleur, taille, formes…) et leur sens (à travers les figures de style convoquées, les rimes, jeux de mots, sonorités, etc.)
Eléments de réponse :
"signifiant", "signifié", "connotation", "dénotation" : Le linguiste distingue dans le signe deux éléments : le signifiant et le signifié.
Le signifié désigne le concept, c'est-à-dire la représentation mentale d'une chose (le référent) - Le signifiant désigne la dimension phonématique d'un mot. (Martinet)
En linguistique le sens ou signifié dénotatif, la dénotation, s'oppose au sens ou signifié connotatif, la connotation.
- La dénotation est le sens littéral d'un terme, que l'on peut définir (et trouver dans le dictionnaire).
- La connotation est l'ensemble des éléments de sens qui peuvent s'ajouter à ce sens littéral.
Selon Roland Barthes, cette publicité Panzani poursuit trois objectifs :
- nous vanter les mérites du « service culinaire total » proposé par les produits Panzani.
- nous faire croire que ces produits sont préparés à partir de produits frais.
- nous vendre le fantasme d'une "Italie éternelle" de cartes postales.
Les Eléments dénotés et leurs connotations :
Filet à provision :
- sein maternel, corne d’abondance
- retour du marché (ménagère qui fait elle-même son marché)
Oignons, tomates, poivrons :
- produits frais
- Italie
- soleil
- Méditerranée
- vacances
Couleurs rouge, jaune, vert : Italie
Rouge, jaune, blanc : drapeau de l’Italie
« Panzani » : « Italie »
Pâtes, sauce, parmesan : Repas complet (ordre de présentation des ingrédients dans l’assiette)
Roland Barthes propose de distinguer trois types de signes présents dans l’image : les signes iconiques (= ce que l’on reconnait), les signes plastiques (= dimension esthétique pure) et les signes linguistiques (tout ce qui relève des mots écrits).
Concrètement, il s’agira lors d’une analyse d’énumérer dans un premier temps les choses que l’on voit (ex. un filet, des tomates, une boite de conserve) et d’en explorer les diverses significations (symboliques ou autres), autrement dit d’évoquer ce que ces objets connotent.
Par la suite, il s’agira de la même façon de repérer les signes plastiques, c’est-à-dire les choix de mise en forme (cadrage, échelle, angle de prise de vue, composition, lignes de forces, couleurs, lumière) et d’en interpréter la signification.
Enfin on finira par prendre en considération les signes linguistiques (= les mots) en étudiant leur forme et disposition (police, couleur, taille, formes…) et leur sens (à travers les figures de style convoquées, les rimes, jeux de mots, sonorités, etc.).
a) Les signes iconiques :
Deux sachets de pâtes, une boîte de sauce, un sachet de parmesan - trois poivrons rouges, trois oignons, une tomate au premier plan devant le filet à provision
Les pâtes et le parmesan connotent l’Italie, ainsi que les poivrons et la tomate, mais aussi le soleil, la méditerranée, les vacances.
Les couleurs dominantes sont le vert (étiquettes), le rouge (tomate, poivrons) et le blanc (filet, parmesan, boîte de sauce). Comment ne pas faire le lien avec le drapeau de l’Italie ?
Le filet prend la forme d’une corne d’abondance faisant ainsi référence à la mythologie ou encore à l’Evangile avec l’épisode de « La pêche miraculeuse » : en achetant les produits Panzani, on ne manquera de rien.
Le filet à provision a aussi la forme d’un sein maternel, ce qui renvoie au mythe de la « mamma » italienne qui achète les légumes au marché et qui fait elle-même les pâtes et la sauce, ce qui est plutôt paradoxal puisque les produits vendus par Panzani et montrés dans la publicité sont des produits industriels, des boîtes de conserve, des pâtes et du parmesan en sachet.
Le contexte sociologique : il faut se souvenir qu’à cette époque la femme reste majoritairement une mère au foyer mais tend à s’émanciper, à vouloir travailler. La publicité a un effet « déculpabilisant » sur la consommatrice qui travaille à l’extérieur de son foyer : en achetant les produits Panzani, elle reste une « mamma » italienne généreuse et attentionnée qui fait la cuisine de manière traditionnelle et qui s’occupe avec soin de ses enfants et de son mari.
b) Les signes plastiques :
Il y a deux types de formes, les formes géométriques régulières et les formes arrondies irrégulières. Les formes géométriques représentent les produits manufacturés (pâtes, sauce, parmesan) et les formes rondes représentent les produits naturels (oignons, tomates, poivrons).
On remarque que les aliments : pâtes, sauce, parmesan, sont placés dans le même ordre que dans l’assiette.
Gros plan sur le filet et sur ce qu’il contient qui occupent (saturent) la quasi-totalité de l’affiche. Idée de plénitude, d’abondance. Lumière dorée, chaude.
Arrière-plan rouge, à la manière d’un rideau de velours (l’Italie est considéré comme le pays de l’opéra), les produits sont « mis en scène » - « Panzani » pourrait être le nom d’un ténor italien.
c) Les signes linguistiques :
« PATES PANZANI – PARTHENAY FRANCE» - « SALSA PANZANI A L’ITALIANA DE LUSSO » « PATES – SAUCE – PARMESAN A L’ITALIANA DE LUXE (en majuscules)
Pour un locuteur français, le mot « Panzani » connote l’Italie (ce qui ne serait pas forcément le cas pour un locuteur italien). Les pâtes évoquent l’Italie (spécialité italienne), mais sont fabriquées en France à Parthenay : il ne faut pas donner l’impression que les produits viennent de trop loin ; il est plus rassurant pour le consommateur français de savoir que les produits « italiens » sont fabriqués en France (et non en Italie) avec du « bon blé français ». Les mots italiens renforcent de manière quasiment tautologique l’italianité du produit, mais la dénotation (« Parthenay ») corrige la connotation « proviennent d’Italie ».
Le mot « luxe » suggère que les produits que propose Panzani, sont parfaits, tout comme les Ferrari et les vêtements de luxe italiens (chaussures, costumes).
Nous savons bien (et les publicitaires mieux que personne) que les seuls véritables produits culinaires « de luxe » sont les produits naturels (« du jardin » ou « du marché »), comme l’espace - et non les « poutres apparentes » - est le seul véritable luxe en matière d’habitat.
Le seul véritable luxe est le fait de proposer et de consommer - dans des restaurants coûteux ou chez soi, mais à rebours du mode de vie moderne dans lequel s’inscrit la publicité pour les produits Panzani - des produits frais naturels (des pâtes faites à la main, de la sauce faite avec des tomates fraîches, des oignons, des poivrons frais, du parmesan râpé maison)
Dans la publicité, le signifiant (par exemple « de luxe », « authentique », « comme à la maison », etc.) vaut le signifié et la valeur de vérité est mise entre parenthèses.

« Nature morte : terme qui désigne la représentation peinte d'objets, de fleurs, de fruits, de légumes, de gibier ou de poissons. Quand la juxtaposition de certains motifs évoque la vanité des choses de ce monde, il s'agit d'un genre particulier de nature morte : la vanité.
Le genre de la nature morte sera fixé au début du XVIIème siècle, mais le nom ne s'impose qu'au milieu du XVème siècle. Au XVI siècle. Diderot commente avec intérêt, au Salon, la peinture de " nature inanimée ". Le succès de Chardin décide finalement de l'adoption d'un terme nouveau et, en 1756, apparaît l'expression nature morte. On a quelquefois voulu utiliser la locution vie silencieuse, expression qui interprète poétiquement " still-leven " et " still-life ", mais le terme nature morte résiste et a même remplacé (" natura morta "). » (source : dictionnaire Larousse de la peinture)
Roland Barthes estime que l’expression « still life » est plus appropriée pour désigner la publicité pour les pâtes Panzani car l’expression « nature morte » désigne traditionnellement une œuvre où apparaît le thème de la mort sous la forme d’une allégorie (le plus souvent un crâne), ce qui n’est pas le cas dans la publicité pour Panzani (ni d’ailleurs dans la publicité en général) car la mort représente l’échec du désir. Or, la publicité est censée représenter des valeurs euphoriques : le plaisir, la vie, l’abondance, la liberté, la jeunesse, la santé, etc.
« Le savoir est ici fortement culturel » : la publicité s’adresse à tous, aussi bien à un public « populaire » qu’à un public « cultivé » qui a vu des natures mortes dans des musées (qui a été « initié »). La « lecture » d’une publicité mobilise des savoirs conscients et/ou inconscients. La publicité pour les produits Panzani ne serait pas comprise de la même manière par un enfant du Tiers-Monde sans contact avec la civilisation occidentale. Il passerait « à côté » du symbolisme du filet, de la nature morte, de l’italianité, etc.
La publicité s’adresse à un public relativement large, mais néanmoins « ciblé », dont les membres partagent à peu près les mêmes références culturelles.
Retour sur la séance du mercredi 25 novembre 2015 :

Adaline
Une silhouette longiligne vêtue d’une longue robe noire, de longs cheveux longs blonds et un regard perçant, ça c’est Adaline Bahoman. Adaline, de son surnom Déla, est âgée d’une trentaine d’années et travaille dans une bibliothèque de San Francisco. A ce moment précis, elle sourit, regardant une photo en noir et blanc, l’air nostalgique. Nous sommes le 31 janvier, jour de fête. Pourtant son cœur ne semble pas l’être …
L’histoire de cette jeune femme pourrait paraitre tout à fait ordinaire, un travail passionnant, des amis aimants et une fille qui représente tout pour elle. Adaline Bahoman semble avoir tout pour être heureuse.
Sa vie a pourtant basculé, un soir d’hiver 1945…
Depuis cet épisode tragique, sa vie est à jamais bousculée. Elle vit, mais n’a jamais eu de vie, passant son temps à fuir pour ne pas souffrir. Une rencontre va néanmoins tout remettre en question. Adaline continuera-t-elle de fuir ?
Remarques :
"de longs cheveux blonds" - "Nous sommes le 31 janvier, pourtant son coeur ne semble pas à la fête" - Il vaut mieux rédiger au présent (et éventuellement au futur) : "Pourtant, un soir d'hiver 1945, sa vie bascule." - "Elle vit, mais elle n'a pas de vie" -
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X-Men
Sur la planète Terre, il existe des êtres qui se cachent derrière la race humaine. Certaines personnes les qualifiraient de monstres, mais ils se cachent pour une seule raison : la peur. La peur de l’autre au XIXe siècle est un fléau. Elle nous transperce et nous fige. C’est pourquoi, une école va permettre à ces êtres surnaturels de développer leurs pouvoirs pour sauver les Hommes. Les professeurs particuliers qui y enseignent, cherchent à enseigner à leurs élèves le contrôle de soi, la tolérance, la confiance en l’autre. Mais quand certains les poussent du bon côté, d’autres se ralient à une cause beaucoup plus osbcure. Quel sera le destin choisit par chacun ? Arriveront-ils à convaincre les politiques qu’ils sont juste différents ?
Remarques :
"Elle transperce et elle fige" (supprimer "nous") - choisi (participe passé) et non choisit (verbe choisir conjugué à la 3ème personne du singulier du présent de l'indicatif) - "qu'ils ne sont pas dangereux, mais seulement différents" (ou "que leur différence n'est pas une menace")

Bel ami :
Inspiré du livre de Guy de Maupassant
Il raconte l’histoire d’un combattant de la guerre d’Algérie Monsieur Georges Duroy, qui et revenue à Paris pour faire fortune. Malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous…
Mais un ami de son ancien bataillon, M. Forestier, rencontré par hasard à Paris va l’aider en le sortant de la misère et l’introduire dans le cercle de la presse et du le journaliste.
Cependant Georges Duroy va vite se rendre compte qu’à Paris se ne sont pas les hommes tire les ficelles mais leur femme… Et il va en profité !
Remarques :
Inspiré du livre de Maupassant, ce film raconte l'histoire... (à la suite) - d'un combattant de la guerre d'Algérie, Georges Duroy (ajouter une virgule après guerre d'Algérie et supprimer "Monsieur" - qui est revenu (accord du participe passé avec le verbe "être" : qui est-ce qui est revenu ? George Duroy : masculin singulier) - "un ancien camarade de bataillon" - et du journalisme (supprimer "le") - ce ne sont pas les hommes qui tirent les ficelles (accord du verbe avec le sujet : qui est-ce qui tirent ? Les hommes, masculin pluriel) - leurs femmes - il va en profiter (infinitif et non participe passé ; test : remplacer par un verbe du troisième groupe, par exemple "vivre" ; "il va en vivre" et non "il va en vécu".)
Pour le jeudi 10 décembre : Etudiez une publicité de votre choix en analysant, comme le fait Roland Barthes dans son article sur la publicité Panzani les éléments dénotés et leurs connotations, les objectifs de la publicité et les trois types de signes : iconiques, plastiques et linguistiques.
Le mercredi 2 décembre
L'argumentation
Objectif : distinguer le thème, la thèse, les arguments et les exemples Rappel : Le thème c'est ce dont il est question dans le texte. La thèse, c'est le point de vue de l'auteur. Un argument est un raisonnement destiné à prouver une thèse. Un exemple est un cas particulier illustrant un argument.
Né en Suisse, Blaise Cendrars (1887-1961), de son vrai nom Frédéric-Louis Sausser, partit à seize ans à la découverte du monde : l'Asie d'abord, puis New-York, enfin la Russie et l'Extrême-Orient qui lui inspireront La Prose du Transsibérien (1913). Gravement blessé pendant la Grande Guerre, ce poète baroudeur se tournera plus tard vers le roman autobiographique (Moravagine, 1926) et d'autres passions : le cinéma, la musique américaine et les littératures africaines. (cf. lien vers "Pâques à New York" de Blaise Cendrars, voir aussi sur ce blog un article sur "La Prose du Transsibérien", l'un des poèmes les plus célèbres de Cendrars)
Voici un texte de Blaise Cendrars, écrit dans les années 30, glorifiant la publicité :
"La publicité La publicité est la fleur de la vie contemporaine ; elle est une affirmation d'optimisme et de gaieté ; elle distrait l'oeil et l'esprit. C'est la plus chaleureuse manifestation de la vitalité des hommes d'aujourd'hui, de leur puissance, de leur puérilité, de leur don d'invention et d'imagination, et la plus belle réussite de leur volonté de moderniser le monde dans tous ses aspects et dans tous les domaines. Avez-vous déjà pensé à la tristesse que représenteraient les rues, les places, les gares, le métro, les palaces, les dancings, les cinémas, le wagon-restaurant, les voyages, les routes pour automobiles, la nature, sans les innombrables affiches, sans les vitrines (ces beaux joujoux tout neufs pour familles soucieuses), sans les enseignes lumineuses, sans les boniments des haut-parleurs, et concevez-vous la tristesse et la monotonie des repas et des vins sans les menus polychromés et sans les belles étiquettes ? Oui, vraiment, la publicité est la plus belle expression de notre époque, la plus grande nouveauté du jour, un Art." (Blaise Cendrars, Aujourd'hui, Editions Denoël, 1972)
1. Cendrars est-il, à votre avis, un partisan ou un détracteur de la publicité ? a) Relevez les phrases dans lesquelles il énonce, puis résume sa thèse (voir ci-dessus la signification de ce mot) b) Relevez les modalisateurs (termes appréciatifs) qui portent les marques de son jugement.
2. Distinguer dans le texte : - le passage qui énonce des arguments, - le passage qui illustre ces arguments par des exemples.
3. regroupez les arguments de l'auteur sous forme de plan.
4. Ecriture. Proposez trois arguments pour défendre la thèse inverse à celle de l'auteur et insérerez-les dans un texte argumentatif.
Le 10 décembre 2015
"Le travail extérieur au domicile du père et de la mère, leurs horaires souvent décalés d'avec les rythmes de l'enfant, des médias anésthésiants (télévision et journaux) et rongeurs du temps des parents, des réunions amicales ou des distractions différentes pour parents et enfants, la fatigue provoquée par les contraintes professionnnelles ou urbaines (déplacements notamment) sont autant d'éléments qui réduisent les conversations entre parents et enfants à la seule rencontre chargée de communications utilitaires. (...) Les enfants urbains semblent être plus que jamais choyés par leurs parents (cadeaux, argent de poche, etc.) quelle que soit leur condition sociale. Serait-ce parce que les enfants sont moins nombreux, parce qu'ils vivent avec leurs parents moins longtemps et moins souvent ? L'affection reste aussi présente, mais les parents n'estiment-ils pas nécessaire de trouver une compensation à cet amenuisement du temps qu'ils consacrent à la formation et à l'éducation de leurs enfants ?"
J. Mullender, La Ville et l'Enfant, CCI (1977)
1. Quelle est la thèse que l'auteur veut démontrer ? 2. Retrouvez les cinq raisons avancées par l'auteur pour expliquer ce phénomène. 3. Les enfants sont plus que jamais choyés. L'auteur analyse dans le deuxième paragraphe les trois causes de ce qu'il considère comme un fait de société. Retrouvez-les dans le texte.
4. Ecriture. Donnez des exemples de communications utilitaires entre parents et enfants, sous forme de brefs dialogues (10 lignes) 5. Ecriture. Vous arrive-t-il d'avoir, avec vos parents, des conversations autres qu'utilitaires ? Sur quels sujets ? Qu'attendez-vous de ces conversations ? Vous semblent-elles essentielles à une vie de famille ? Justifiez votre réponse à l'aide de deux arguments.
Expression écrite et rédaction des supports Vocabulaire
Complétez ces phrases en écrivant le mot qui manque (le choisir parmi la liste ci-dessous) : 1. ésotérique - 2. celer - 3. cabalistique - 4. entériner - 5. récuser - 6. réfuter - 7. transfuge - 8. latitude - 9. juguler - 10. hégémonie - 11. fustiger - 12. fomenter - 13. destituer - 14. despote - 15. coercition - 16. conférer - 17. clauses - 18. bannir - 19. cautionner - 20. assumer - 21. ascendant - 22. apanage - 23. annexer - 24. anarchie - 25. aliéner - 26. abroger
A. La loi anti-casseurs a été...................................... B. Les féministes pensent qu'en se mariant, elles................leurs libertés. C. Sous les derniers empereurs, l'Empire romain sombra dans...................... D. L'Autriche a été..............................par Hitler en 1938. E. Jusqu'au XXème siècle les croisières étaient..........................de la classe aisée. F. Madame de Pompadour avait beaucoup..............................sur Louis XV. G. J'entends bien..................................mes responsabilités. H. Le lauréat du prix Nobel de la paix a ................................la campagne anti-nucléaire. I. Lorsqu'il découvre son hypocrisie, Orgon veut............................Tartuffe de sa maison. J. On ne fait jamais attention aux...........................d'un contrat d'assurances. K. Les préfets agissent en vertu des pouvoirs qui leur sont............................... L. L'application de cette mesure n'a été obtenue que par................................. M. Napoléon a gouverné en........................................... N. A la suite d'une "bavure", le commissaire a été ..................................de ses fonctions. O. Brutus et ses amis ont.....................................un complot contre César. P. Les moralistes............................dans leurs écrits, les moeurs de leur temps. Q. Sparte et Athènes ont lutté pour............................de la Grèce. R. Comment.....................................la montée du chômage ? S. Vous avez toute......................................pour arriver à l'heure qui vous conviendra. T. Les..........................sont considérés comme des traîtres. U. C'est une théorie qui n'est pas difficile à ....................................... V. L'avocat de la défense a le droit de.................................un juré. W. Le Sénat a..................................les décisions de l'assemblée nationale. X. Tintin a trouvé des signes......................................sur un vieux parchemin. Y. On ne peut................................plus longtemps la vérité. Z. Le langage des alchimistes était......................................
Expression écrite et rédaction des supports
Objectif : exprimer un lien implicite
La bibliothèque
Sous l'occupation allemande, deux Français sont contraints d'héberger un officier allemand, auquel ils ne répondent que par leur silence.
L'officier s'arrête devant la bibliothèque de ses hôtes. "Pourquoi aimé-je tant cette pièce ? Dit-il pensivement. Elle n'est pas si belle, - pardonnez-moi !..." Il rit : "Je veux dire : ce n'est pas une pièce de musée... Vos meubles, on ne dit pas : volià des merveilles... Non... Mais cette pièce a une âme. Toute cette maison a une âme." Il était devant les rayons de la bibliothèque. Ses doigts suivaient les reliures d'une caresse légère. "... Balzac, Barrès, Baudelaire, Beaumarchais, Boileau, Buffon... Chateaubriand, Corneille, Descartes, Fénelon, Flaubert... La Fontaine, France, Gautier, Hugo... Quel appel !" dit-il avec un rire léger et hochant la tête. "Et je n'en qui qu'à la lettre H !... Ni Molière, ni Rabelais, ni Racine, ni Pascal, ni Stendhal, ni Voltaire, ni Montaigne, ni tous les autres !..." Il continuait de glisser lentement le long des livres, et de temps en temps, il laissait échapper un imperceptible "Ha !" quand, je suppose, il lisait un nom auquel il ne songeait pas. "Les Anglais, reprit-il, on pense aussitôt : Shakespeare. Les Italiens : Dante. L'Espagne : Cervantès. Et nous, tout de suite : Goethe. Après, il faut chercher. Mais on dit : et la France ? Alors, qui surgit à l'instant ? Molière ? Racine ? Hugo ? Voltaire ? Rabelais ? ou quel autre ? Ils se pressent, ils sont comme une foule à l'entrée d'un théâtre, on ne sait pas qui faire entrer d'abord." Il se retourna et dit gravement : "Mais pour la musique, alors c'est chez nous : Bach, Haendel, Beethoven, Wagner, Mozart... quel nom vient le premier ? (...) "Et nous nous sommes fait la guerre !" dit-il lentement en remuant la tête. (Vercors, Le Silence de la mer, 1943)
Questions sur le texte :
1. Quelle relation logique est implicite, sous-entendue, entre tout le début du texte et la dernière phrase ? Explicitez-la à l'aide du moyen grammatical de votre choix. 2. Quel paradoxe l'auteur souligne-t-il ainsi avec force ? 3. Quels arguments l'officier allemand oppose-t-il à la guerre ? Ecriture. rédigez un paragraphe (15 lignes) construit sur le même modèle, dans lequel vous évoquerez la profonde complicité qui vous unit à un parent, un frère, une soeur ou un ami, et que vous terminerez par la phrase : Et nous nous sommes disputés !
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