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Nick Wilgus, Meurtre et Méditation
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Nick Wilgus, Meurtre et Méditation

Nick Wilgus, Meurtre et Méditation (Mindfulness and Murder), roman policier traduit de l'anglais par Julie Sibony, Editions Philippe Picquier, 2006

Né aux Etats-Unis en 1964, ancien moine franciscain devenu journaliste au Bangkok Post en Thaïlande, où il vit depuis les années 1990, Nick Wilgus a déjà une longue expérience d'écriture derrière lui ; sa première fiction fut une histoire d'horreur achetée par un magazine américain quand il avait dix-sept ans. Aux Etats-Unis, sous le pseudonyme de Sulayman X, il a publié Bilal's Bread, l'histoire d'une famille kurde venue chercher refuge en Amérique et Adventures of the Birdshit Foreigner

"La vie s'écoule paisiblement au temple bouddhiste de Wat Mahanat, au coeur de Bangkok. Jusqu'à ce matin où l'on y découvre, plongé dans une jarre de la salle aux ablutions, un corps affreusement mutilé. Ce n'est qu'un jeune drogué tout juste arraché à la rue, mais toute vie est précieuse et le père Ananda veut rendre justice à ce gamin au funeste karma. Entre deux tournées d'aumône, accompagné du fidèle Jak, un petit orphelin éclopé, il va lever le voile sur le labyrinthe des cellules du monastère, affronter les gangrènes sociales de la drogue et de la corruption, et découvrir que le mal se trouve intimement lié au bien. Avec pour seules armes la patience et les exercices de méditation où il laisse son esprit flotter afin que la vérité lui apparaisse. Lorsque les pluies de la mousson éclateront enfin, Ananda retrouvera la paix, et le lecteur aura vécu une véritable plongée dans le quotidien d'un temple bouddhiste, ses rituels et ses enseignements, décidément bien difficiles à mettre en pratique, de détachement et de sagesse."

Extraits :

"J'accomplis mon rituel du matin, en m'efforçant d'être conscient de chaque chose que je faisais. Quand je marchais, d'être conscient que je marchais. Quand je m'habillais, d'être conscient que je m'habillais. Quand je priais, d'être conscient que je priais. Comme me l'avait appris le frère Thammarato.

J'avais le sentiment que tous les morceaux du puzzle - le puzzle du meurtre de Noi, mais aussi de ma vie en général - étaient sous mes yeux. Tout ce qu'il me manquait, c'était un peu de concentration et d'attention, un peu d'observation.

Pendant la prière et la séance de méditation matinales, je laissai mon esprit se vider de toute pensée, porté par la mélodie des mots palis, puis je restai assis en silence, savourant la paix intérieure que m'apportait ce rituel..." (p.117)

"Le lendemain, j'allai toquer à la porte de la kuti (cellule) du frère Thammarato.

Chaque fois que je voyais dans ma tête le corps profané de Noi, je revoyais aussi celui de mon fils. criblé de balles. Son uniforme d'écolier maculé de sang. Du sang lui coulant de la bouche. Un spasme de douleur figé sur son visage d'enfant.

De là, mon cerveau passait à l'image de ma femme. Elle était étendue sur le ventre, le dos de son chemisier jaune imbibé de sang et criblé de trous, ses longs cheveux bruns pendant dans le caniveau, ses jambes tordues dans une position anormale.

D'un coup, ma vie entière avait été détruite.

Comment pourrais-je un jour me résoudre à l'accepter ? Pourquoi n'aurais-je pas le droit de ressentir éternellement de la haine et de la  colère à l'égard des hommes qui avaient fait cela, les membres d'un gang de la drogue qui ne faisaient qu'exécuter les ordres, qu'on n'avait jamais arrêtés et qu'on n'arrêterait probablement jamais, protégés par de puissants hommes politiques et de richissismes parrains, des hommes qui vivaient du malheur qu'ils semaient sur leur passage ?Pourquoi ne me consumerai-je pas de haine envers ces gens-là ?

Mais ce n'était pas là le chemin d'un bouddhiste, et je le savais. La haine n'est pas entravée par la haine, avait dit le Bouddha, mais seulement par l'amour, et parfois cet amour n'est pas si facile..." (p.275-276)

Mon avis sur le roman :

Je suis tombé sous le charme de ce roman policier qui se déroule dans et autour d'un monastère bouddhiste à Bangkok. 

Ancien inspecteur de police devenu moine pour échapper à la violence (l'assassinat de sa femme et de son fils) et à la corruption, le père Ananda est confronté à un double crime et à un trafic de drogue organisé depuis son monastère et échappe lui-même de peu et par deux fois à la mort.

Mettant les ficelles de son ancien métier et les ressources spirituelles du bouddhisme au service de la vérité et de la compassion, Ananada résoudra toutes les énigmes et retrouvera en partie la sérénité, grâce à son guide spirituel, le frère Thammarato et à un personnage particulièrement touchant, Jak, un petit orphelin infirme. 

 

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