Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE LANGAGE ET LA PENSEE CHEZ L'ENFANT - Piaget, Jean: 9782282302430 ...

Le langage et la pensée chez l'enfant, Etudes sur la logique de l'enfant, Denoël/Gonthier, 1984

Voir les détails de l’image associée. ژان پیاژه | روانشناسی رشد

Jean Piaget, né le 9 août 1896 à Neuchâtel et mort le 16 septembre 1980 à Genève, est un biologiste, psychologue, épistémologue et sociologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu'il a appelé l'épistémologie génétique (ou structuralisme génétique). Ses travaux apportent un éclairage sur l'« intelligence », comprise comme une forme spécifique de l'adaptation du vivant à son milieu, ainsi que sur les stades d'évolution de celle-ci chez l'enfant. Cet éclairage et sa théorie de l'apprentissage exerceront une influence notable sur la pédagogie et les méthodes éducatives.

4 ème de couverture :

"Avant Paget, le langage et la pensée chez l'enfant étaient envisagés par rapport au langage et à la pensée adultes. C'est-à-dire que les psychologues en retaient surtout les faiblesses et les manques. Ce livre, dont la première édition remonte à 1923, est, au contraire, la première tentative jamais tentée de les saisir pour eux-mêmes et d'en retracer les différents stades de développement. C'est en cela qu'il est un grand classique et c'est en cela qu'il fut, à l'époque, révolutionnaire. Il montre à l'oeuvre le génial fondateur de la psychologie de l'enfant, aussi important dans son domaine que Freud dans celui de la psychanalyse."

Table :

Préface, avant-propos de la troisième édition - chapitre I - Les fonctions du langage de deux enfants de six ans - I. Les matériaux - II. Conclusion - Chapitre II. La mesure du langage égocentrique dans les échanges verbaux avec l'adulte et les échanges entre enfants - Chapitre III. Les types et les stades de conversations entre enfants de quatre à sept ans - Chapitre IV. La compréhension et l'explication verbales entre enfants de même âge, de six à huit ans - Chapitre V. Quelques particularités de la compréhension verbale chez l'enfant de neuf à onze ans - Chapitre VI. Les questions d'un enfant de six ans : I. Les "pourquoi" - II. Les questions ne se présentant pas sous forme de "pourquoi" - III. Conclusions - Appendice.

Edouard Claparède. Sur la psychanalyse. Le Disque Vert. 1924.

Édouard Claparède, né le  à Genève et mort le  dans la même ville, est un neurologue et psychologue suisse. Ses principaux centres d'intérêt sont la psychologie de l'enfant, l'enseignement et l'étude de la mémoire, notamment dans le domaine du témoignage. Il est le fondateur et directeur de l’Institut Jean-Jacques Rousseau de Genève.

Préface d'Edouard Claparède (extraits)

"L'importance du remarquable ouvrage dont voici le premier volume mérite d'être doublement soulignée, car cet ouvrage est nouveau, et par les résultats auxquels il aboutit, et par les méthodes qui a permis de les acquérir.

Comment l'enfant pense-t-il ? Comment parle-t-il ? Quels sont les caractères de son jugement, de ses raisonnements ? Voilà un demi-siècle qu'on travaille à résoudre ces questions qui sont les premières que se soient posées, à son aurore, la psychologie de l'enfant. Si le philosophe et le biologiste ont porté leur intérêt sur l'âme de l'enfant, c'est pour avoir tout d'abord été étonnés par sa logique et par son langage. Faut-l rappeler les observations de Taine, de Darwin, d'Egger, qui comptent parmi les premières qu'ait enregistrées la science pédologique ?

(...) Les recherches poursuivies jusqu'ici sur l'intelligence et le langage de l'enfant ont pour trait général et commun d'être essentiellement analytiques : on a décrit  les formes particulières que revêt chez l'enfant le raisonnement ou l'abstraction, l'acquisition ou la formation des mots et des des phrases, et l'on a relevé minutieusement, et certes on a eu raison de le faire, tous les faux pas, toutes les erreurs, toutes les confusions de cette pensée encore incertaine, tous les accidents, toutes les déformations du langage qui l'exprime.

Mais ce travail ne semble pas appris au psychologue ce que justement il désirait savoir : pourquoi l'enfant pense et s'exprime de cette façon-là, pourquoi cet inlassable curieux se satisfait si aisément des réponses quelconques qu'on lui donne, ou qu'il se donne à lui-même - témoignant de ce n'importequisme dont Binet faisait un des traits essentiels de l'intelligence des imbéciles - pourquoi il affirme et croit des choses si manifestement contraires à la réalité, d'où vient son verbalisme si caractéristique, et comment, par quelles démarches, se substitue peu à peu à cette incohérence la logique de la pensée adulte. En un mot, les recherches contemporaines nous ont montre  clairement les éléments de l'énigme à résoudre mais, de cette énigme elle-même, elles ne nous ont pas donné la clef. L'esprit de l'enfant donne encore aux psychologues l'impression d'un effrayant chaos. "La pensée de l'enfant est comme un réseau de fils ténus, embrouillés, et que l'on risque de casser à tout instant, si l'on tente de le mettre en ordre", remarquait naguère, et très justement, M. Cramaussel".

Sans doute, on a cherché à expliquer des faits si frappants. On a invoqué la "faiblesse", la "débilité" du cerveau de l'enfant. Mais, je vous le demande, cela nous apprend-il grand chose ? On a aussi accusé l'insuffisance de l'expérience acquise, l'inhabileté des sens, un trop maigre contingent d'associations, les accidents de l'imitation... En fait, ces affirmations, pour justes qu'elles soient, se sont montrées sans fécondité.

En somme, l'erreur était, si je ne me trompe, d'avoir considéré la pensée de l'enfant en lui appliquant les moules, les patrons de l'esprit de l'adulte, de l'avoir envisagé en logicien plus qu'en psychologue. Cette méthode, bonne peut-être pour établir un premier inventaire, a donné tout ce qu'elle pouvait donner : elle conduit à un cul-de-sac. Elle a permis de repérer l'écheveau, elle ne nous enseigne pas à le débrouiller.

Les recherches de M. Jean Piaget nous offrent, de l'esprit de l'enfant, une vison toute nouvelle.

M. Piaget a la chance d'être encore très jeune ; c'est dire qu'il s'est initié à la psychologie à une époque où l'associationnisme superficiel qui avait plus ou moins intoxiqué ses aînés, il y a trente ou quarante ans, avait achevé d'agoniser, et où notre science s'engageait dans des voies pleines de promesses. C'était avec James, Flournoy, Dewey, la tendance dynamique et pragmatique, avec Freud, la psychanalyse, avec Durkheim (peu importe ici le bien-fondé de ses doctrines), la reconnaissance du rôle joué par la vie sociale dans la formation des esprits individuels, avec les Hall, les Groos, les Binet, une psychologie génétique étayée sur une conception biologique de l'enfant.

Le génie de M. Piaget, c'est, s'étant assimilé ces théories nouvelles - je veux dire ayant su extraire de chacune d'elles son suc nourricier - de les avoir fait converger sur une interprétation de l'intelligence enfantine. A ce foyer vont se dissiper bien des obscurités qui décontenançaient les pédologues."...

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :