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marivaux 1

 

 

Présentation du Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux (1ère STG)

 

 

La pièce de Marivaux s'intègre dans un vaste  "objet d'étude" : "Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours, à l'intérieur duquel on a circonscrit un thème : La représentation des maîtres et des valets.

 

I) Objet d'étude : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours

2) La représentation des maîtres et des valets

3) Le jeu de l'amour et du hasard

 

Il convient de situer la pièce dans son contexte culturel. Le XVIII ème siècle a été appelé en France "Le siècle des Lumières" ; cette période se caractérise par un désir de progrès dans tous les domaines : politique (remise en question de la monarchie absolue de droit divin), religieuse (critique de la superstition et du fanatisme), culturelle (intérêt renouvelé pour les sciences et les techiques et social (déclin de l'aristocratie, essor de la bourgeoisie).

 

Le "programme" des Lumières pourrait se résumer ainsi :


1) lutter contre l'ignorance en diffusant largement le savoir 2) augmenter les richesses en développant l'agriculture, l'industrie et les arts 3) substituer la raison à la superstition 4) assurer l'autonomie de l'éthique par rapport à la religion 5) rendre l'idée de Dieu indépendante de toute religion particulière 6) refuser de se résigner aux prétendus décrets de la Providence (cf. Candide de Voltaire).


Dans le domaine théâtral, le Siècle des Lumières en France est principalement marqué par deux auteurs (si l'on excepte Voltaire) : Marivaux (Le jeu de l'amour et du hasard, 1730) et Beaumarchais (Le Mariage de Figaro, 1778). Ils abandonnent le comique de caractère (Molière) et renouvellent, chacun à sa façon, le genre théâtral par un ton plus léger, en accord avec les goûts du public :  le badinage amoureux (badiner : plaisanter avec enjouement et légèreté) et la revendication de liberté.

 

Le jeu de l'amour et du hasard évoque cependant, sous une apparence de légèreté, des problèmes moraux. "Le théâtre des Lumières remplit la fonction de tribune morale (Jean-Paul Sartre)

 

Résumé de l'intrigue :  

 

Sylvia, fille de Monsieur Orgon attend un prétendant, Dorante qu'elle ne connaît pas et qui a été choisi par son père. Avec l'accord de son père et la complicité de son frère Mario, et à leur amusement, elle change de costume et de rôle avec Lisette, sa femme de chambre afin d'étudier le caractère de son prétendant sans se compromettre. Ce dernier a eu la même idée et prend la place et les habits de son valet, Arlequin. Que va-t-il se passer ? 

 

Remarques :

 

La "morale" de la pièce est que les maîtres ont beau se déguiser en valets et les domestiques en maîtres, chacun reconnaît celui qui appartient à son monde : Dorante épousera Sylvia et Arlequin épousera Lisette. Marivaux évoque donc sur un ton léger la question de la prédestination sociale, liée à la maîtrise (ou à la non maîtrise) du langage et des convenances. Le jeu de l'amour et du hasard démontre "expérimentalement" que l'amour n'est pas le fruit du hasard. (1)

 

La pièce est fondé sur le quiproquo : méprise qui fait que l'on prend une personne ou une chose pour une autre ; situation qui en résulte. "Le quiproquo est une situation qui présente en même temps deux sens différents, celui que les personnages lui prêtent, celui que les spectateurs lui donnent." (Henri Bergson, Le Rire).

 

Au théâtre, la parole a un double destinataire : un autre personnage (ou lui-même dans le monologue) et le public (on parle de "double énonciation"). Le plaisir du spectateur vient du fait qu'il en sait plus que les personnages.

 

 

(1) Ce thème de la "prédestination sociale" a été repris par un cinéaste contemporain, Abdellatif Kechiche dans l'Esquive (2005) ; on y voit les élèves d'un lycée de banlieue monter Le jeu de l'amour et du hasard pour un spectacle de fin d'année.

 

 

 

 

 

 

 

marivaux

 

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (Paris, (baptisé le) 4 février 1688 - Paris, 12 février 1763), communément appelé Marivaux, est un écrivain français. Homme solitaire et discret, longtemps mal compris, il fut un journaliste, un romancier, mais surtout un auteur dramatique fécond, qui, amoureux du théâtre et de la vérité, observait en spectateur lucide le monde en pleine évolution et écrivit pour les Comédiens italiens, entre 1722 et 1740, des comédies sur mesure et d'un ton nouveau, dans le langage « de la conversation ». Il est, après Molière, Racine, Pierre Corneille et Musset le cinquième auteur le plus joué par la Comédie française.

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