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Objet d'étude : Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

Corpus de textes :

Texte A : Balzac, La fille aux yeux d'or (1835)

Texte B : Zola, Le ventre de Paris (1873)

Texte C : Le Clézio, Désert (1980)

 

Question de corpus : Quelle vision de la ville chacun de ces trois textes présente-t-il ? Comment les descriptions sont-elles construites ? Quels sont leurs points communs ?

 

Dans le texte A, le narrateur, porte-parole de l'auteur, porte un regard sans concession sur les Parisiens. Dans le second texte, la ville : Paris, et tout particulièrement le marché des Halles sous le Second Empire, est vue à travers le regard de Florent, l'un des personnages du roman. Dans le troisième texte, la ville - un quartier de la Marseille - est vue à travers le regard d'une jeune fille prénommée Lalla.

Dans le texte A, le narrateur multiplie les modalisateurs négatifs à travers lesquels l'auteur, H. de Balzac fait entendre sa voix : le peuple de Paris est "horrible à voir", "jaune", "hâve", "tanné". Le narrateur donne à son évocation un caractère mythologique, comparant le peuple de Paris à une moisson que la mort touche et qui repousse sans cesse et en affirmant que les Parisiens portent un masque.

Pour le narrateur, l'apparence des Parisiens s'explique par leur psychologie, leur "âme", une âme avide de nouveauté et où aucun sentiment ne domine, sinon la soif de l'or et du plaisir. Le narrateur a donc choisi d'évoquer la ville à travers ses habitants auxquels il attribue une identité commune, une "typologie" : non pas "les" Parisiens, mais un personnage collectif :  "Le" Parisien.

Cette évocation relève d'un pacte de lecture : "Aimeriez-vous lire une étrange histoire d'amour et de mort qui a pour cadre une ville où règne l'argent et le plaisir ?"

Dans le texte B, le personnage (Florent), après avoir découvert le marché des Halles cherche à s'en éloigner. Il s'agit d'une description itinérante. On suit Florent dans sa marche erratique à travers les rues encombrées par les charrettes et les étalages de légumes, depuis la rue Montorgueil jusqu'à la Porte Saint-Eustache. Le personnage semble prisonnier du "ventre de Paris" comme d'un labyrinthe dévorateur dont il ne parvient pas à s'échapper. Après avoir butté contre les obstacles, il se retrouve à son point de départ, comme un nageur entraîné par la puissance du courant.

Contrairement au texte A, le texte B évoque une topologie réelle et précise, celle d'un quartier de Paris. Dans le texte A, on parle des Parisiens, mais on n'apprend rien de Paris. Dans le texte B, on parle du quartier des Halles, mais ne sait rien de Florent.

Le texte C est également une description itinérante. Le lecteur suit la course d'une jeune fille à travers les rues de Marseille. Elle ne perçoit de la ville que son côté inquiétant car son regard est déformé par la peur. Mais contrairement à Florent dans le texte B, elle parvient à s'échapper : "elle redescend vers la mer".

Le texte de Le Clézio et celui de Balzac ont en commun une vision fantastique de la ville, alors que la vision de Zola est plus réaliste, bien que l'impossibilité pour le personnage d'échapper au quartier des Halles relève d'une sorte de fatalité surnaturelle.

Les trois textes proposent une vision dysphorique de la ville : chaudron bouillonnant chez Balzac, prison "dévoratrice" chez Zola, labyrinthe menaçant chez Le Clézio. Chacun insiste à sa manière sur l'effacement ou la solitude de l'individu perdu dans la masse et soumis à des forces qui le dépassent..

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