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Francis Fukuyama, La Fin de l'Homme, Les conséquences de la révolution biotechnique, traduit de l'américain par Denis-Armand Canal, Editions de la Table ronde, 2002 et Folio/ Gallimard

Francis Fukuyama, né le 27 octobre 1952, à Chicago, est un philosophe, économiste et chercheur en sciences politiques .

Intellectuel influent, très connu pour ses thèses sur la fin de l'Histoire, Francis Fukuyama est actuellement professeur d'économie politique internationale à la SAIS de l'université Johns Hopkins à Washington.

Dans La Fin de l'Homme Fukuyama exprime ses inquiétudes face aux progrès des biotechnologies et en particulier de leurs applications possibles sur l'être humain. Parce qu'elles seront capables de transformer l'homme à un degré insoupçonné jusqu'alors, elles risquent d'avoir des conséquences extrêmement graves sur le système politique. Il est un ennemi acharné du "transhumanisme", mouvement appelant de ses vœux de nombreuses évolutions technologiques afin de modifier l'humain et la société, notamment dans le domaine des biotechnologies.

Sommaire

Préface

première partie. - les chemins de l'avenir

1. Histoire de deux dystopies - 2. Les sciences du cerveau - 3. La neuropharmacologie et le contrôle du comportement - La prolongation de la vie - 5. L'ingénierie génétique - 6. Les raisons de l'inquiétude.

Deuxième partie. - L'homme

7. Les Droits de l'homme - 8. La nature de l'homme - 9. La dignité de l'homme

Troisième partie. - Que faire ?

10. Le contrôle politique de la biotechnique - 12. Une politique pour l'avenir

Notes

Bibliographie

Aux élèves :

Je vous conseille vivement la lecture de ce livre en relation avec les notions de nature et de culture, de Droit et de Liberté, notamment le chapitre 9 sur la question du fondement de la "dignité humaine" et sur la difficulté philosophique que pose la notion de "nature humaine".

La problématique est la suivante : une fois admis qu'il n'y a pas de nature humaine (d'essence humaine) et évacuée la dimension fondatrice d'une transcendance étrangère à la raison, ne restent plus que les pouvoirs de l'homme et l'exercice illimité d'une liberté qui se fixe à elle-même ses propres normes, tout ce qui est scientifiquement et technologiquement possible devenant dès lors moralement légitime.

Un article sur le livre :

«Aldous Huxley avait raison : la menace la plus grave exercée par la biotechnique contemporaine est bien la possibilité qu’elle altère la nature humaine et qu’elle nous propulse dans une phase post-humaine de notre histoire. » 

Dans son dernier livre, La fin de l’homme. Les conséquences de la révolution biotechnique, Francis Fukuyama, philosophe, professeur à l’Université Johns Hopkins et membre du conseil de bioéthique de la Maison Blanche, lance un cri d’alarme.

L’une des raisons du pessimisme de Fukuyama est que, contrairement à d’autres progrès scientifiques, les biotechnologies mélangent des avantages manifestes et des inconvénients subtils dans une même enveloppe.

Ce défi n’est pas seulement d’ordre éthique, mais aussi d’ordre politique. Car ce sont les décisions politiques que nous allons prendre dans les années qui viennent, concernant nos relations avec cette technologie, qui détermineront si nous entrons ou non dans un avenir post-humain ; et elles définiront l’abîme moral potentiel qu’un tel avenir ouvre devant nos pas.

Les défis de la science

Les sciences du cerveau permettront de connaître et traiter des caractères héréditaires tels que l’intelligence, la criminalité, la sexualité… La neuropharmacologie contrôlera le comportement, comme le font déjà des antidépresseurs tels que le Prozac, ou la Ritaline qui stimule le système nerveux central ; la  prolongation de la vie entraînera un vieillissement de la population des pays riches tel que d’ici deux générations, la moyenne d’âge y sera de soixante ans et de vingt ans dans les pays moins développés ; avec quel impact social ?

L’ingénierie génétique et la création de bébés de synthèse possédant tous les gènes spécifiques de caractéristiques telles que l’intelligence, la taille, l’estime de soi…conduira  à un eugénisme "light", répondant à la demande des parents qui désirent le meilleur pour leur enfant, et non plus à l’obligation imposée par un Etat coercitif.  Les élites sociales auront ainsi la possibilité, non seulement de transmettre des avantages sociaux, mais aussi de les fixer génétiquement, entraînant des conflits sociaux inédits.

Quel homme protéger ?

Après ces conjectures, Fukuyama se demande ce qui fonde le statut moral "supérieur" humain et quelles sont leurs caractéristiques exclusives (création à l’image de Dieu pour les chrétiens, capacité humaine du choix moral pour Kant...), afin de savoir ce qui doit être protégé contre les développements biotechnologiques. Il conclut que c’est le respect  de la dignité humaine qui permettra d’éviter la croissance des inégalités génétiques et la politique de sélection des futurs êtres humains. 

Un optimisme candide

Malgré ces évocations parfois apocalyptiques de ce qui attend l’homme post-humain du XXIème siècle, Fukuyama se montre confiant dans la sagesse humaine et l’efficacité des mécanismes de contrôle existants. Il faut tout faire pour encadrer la science, mais si cela s'avère impossible, l'espèce humaine possède, selon l'auteur, ses propres ressources de régulation, une sorte d'instinct de survie, suffisant pour protéger la dignité des être humains adultes et normaux.

Cependant, les personnes défavorisées, « qui détiennent un peu moins que la dotation complète des capacités que nous avons définies comme caractérisant la spécificité humaine », à savoir les enfants à naître, les bébés, les malades en phase terminale, les vieillards frappés de maladies de dégénérescence et les personnes handicapées pourraient échapper à cette protection... (sources : site Généthique)

 

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