
Milosz par Milosz, entretiens de Czeslaw Milosz avec Ewa Czanecka et Aleksander Fiut, traduit du polonais par Daniel Beauvois, éditions Fayard, 1986
"Amalgame de deux ouvrages distincts, l'un d'Aleksander Fiut, paru à Cracovie en 1981, l'autre d'Ewa Czarecka, paru à New York en 1983, Milosz par Milosz devrait combler aussi bien ceux qu'intéressent l'histoire de la Pologne, sa culture et sa littérature, que les lecteurs de Milosz."
Table des matières :
Avant-propos - repères chronologiques -
Première partie : Le dwor (mot désignant en Pologne une maison de propriétaire terrien noble) et ses environs - Le lycée - L'université - Wilno - Le travail et les voyages - Essai d'appréciation sur la Pologne de l'entre-deux guerres - Les années d'occupation - Après la guerre
Deuxième partie : Trois hivers - Les poèmes des années 1937 à 1943 - Le Monde et Voix des pauvres gens - Le Traité moral et la Pensée captive - Lumière du jour - La prise de pouvoir - Sur les bords de l'Issa - Le Traité poétique - Une autre Europe - Le Roi Popiel et autres poèmes - Gugusse métamorphosé - La ville sans nom - Là où le soleil se lève et où il se couche - La Terre d'Ulro - Quelques poèmes de Californie - Phrases - Le Cahier séparé
Troisième partie : Préférences philosophiques - L'art et la pensée - L'impossible portrait

Czeslaw Milosz (1911-2004) fut poète, romancier, essayiste et traducteur. Après des études de droit à Vilnius, il se consacre à la poésie. Il fonde avec d'autres poètes le groupe littéraire et la revue d'avant-garde Zagary. Socialiste engagé, il travaille à la radio polonaise de Vilnius en 1937, avant de rejoindre la résistance. À Varsovie, il apporte son aide aux personnes traquées par le régime nazi : le mémorial de Yad Vashem en Israël lui a attribué le titre de Juste parmi les Nations. De 1945 à 1950, il collabore au service diplomatique de la République Populaire de Pologne, puis, prenant ses distances, il demande l'asile politique à la France. En 1961, Czeslaw Milosz s'installe aux États-Unis, où il occupe la chaire de langues et littératures slaves à l'université de Berkeley (Californie) et adopte la nationalité américaine, en 1970. En 1980, il reçoit le prix Nobel de littérature et ses poèmes sont enfin autorisés dans son pays d'origine. À partir de 1995, Czeslaw Milosz effectue des séjours de plus en plus fréquents en Pologne et s'y réinstalle finalement les dernières années de sa vie.
Auteur d'une oeuvre considérable, Czeslaw Milosz a notamment publié L'Immoralité de l'art (Fayard, 1988), Terre inépuisable (Fayard, 1989),Chroniques (Fayard, 1990), La Terre d'Ulro (Albin Michel, 2000), Le Chien mandarin (Mille et une nuits, 2004) et Abécédaire (Fayard, 2004). (Source : éditions Fayard)

La première partie de ces entretiens évoque un monde pour nous particulièrement "exotique", la Lituanie d'avant-guerre, aux langues et cultures multiples - ces "bords de l'Issa" où Milosz grandit et qu'il immortalisa plus tard dans le livre du même nom -, puis les années d'occupation, à Varsovie ; enfin, après la guerre, les raisons pour lesquelles il fut l'un des premiers intellectuels du bloc de l'Est à choisir l'exil.
La deuxième partie, tout entière consacrée à l'oeuvre de Milosz - qu'elle suit chronologiquement de Trois hivers au Cahier séparé -, constitue un guide unique à travers le labyrinthe de sa création poétique, éclairant le sens de telle image ou de telle tournure, les comparant à d'autres, les situant dans la culture mondiale en une véritable exploration de la poésie contemporaine - polonaise et universelle. C'est, par ailleurs, une mine de révélations sur les personnages de ses romans politiques, cachés jusque-là sous des pseudonymes.
Dans la troisième partie, enfin, Milosz répond à des questions sur sa vision du monde, l'importance de l'eschatologie chrétienne dans son oeuvre, et tente un "impossible portrait".
Mon avis sur le livre :
Dans la première partie, Milosz parle à bâtons rompus de son enfance, de ses parents et de ses grands-parents, de son adolescence et de ses années de formation, de ses voyages, de la Pologne avant la première guerre mondiale et entre les deux guerres, de la résistance à l'occupation nazie, puis du joug commmuniste et de son exil à l'Ouest Dans la seconde, de son oeuvre littéraire, tandis que la troisième est consacrée à l'art et à la philosophie.
Une lecture indispensable pour qui veut tenter de saisir "de l'intérieur" l'inspiration d'un grand témoin de l'histoire et de l'un des plus grands écrivains et poètes du XXème siècle.
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