Peter Dempf, Le mystère Jérôme Bosch (Das Geheimnis des Hieronymus Bosch), traduit de l'allemand par Joël Falcoz, Editions du Cherche Midi, 2017
Né en 1959 à Augsbourg, Peter Dempf est professeur d'histoire et de littérature allemande. Il a publié depuis 1983 une quinzaine de romans, des recueils de poèmes et des nouvelles. Le Mystère Jérôme Bosch est son premier roman publié en France.
Jheronimus van Aken, dit Jérôme Bosch, ou Jheronimus Bosch , né à Bois-Le-Duc (Hertogenbosch, en néerlandais, d'où son pseudonyme), vers 1450-1516, est un peintre néerlandais, du mouvement Primitifs flamands et membre de l'illustre Confrérie de Notre-Dame.
Le Jardin des délices est une peinture à l'huile sur bois du peintre néerlandais Jérôme Bosch, appartenant à la période des Primitifs flamands. L'œuvre est structurée en tryptique, format souvent utilisé par les peintres du début du XVème siècle jusqu'au début du XXème siècle dans la partie septentrionale de l'Europe. Elle est le plus souvent datée de 1494 à 1505, bien que des chercheurs en avancent la création jusqu'aux années 1480. Le commanditaire n'est pas connu avec certitude mais le plus probable semble être Henri de Nassau-Breda et ce serait à l'occasion de son mariage que le tryptique aurait été réalisé. L'œuvre, qui se trouve actuellement au musée du Prado, à Madrid, serait à lire de façon chronologique : les panneaux extérieurs présenteraient la création du monde ; le panneau de gauche décrirait l'union conduite par Dieu prenant la forme du Christ d'Adam et Eve dans le Paradis ; le panneau central représenterait une humanité pécheresse avant le Déluge ; et le panneau de droite offrirait la vision de l'Enfer.
Résumé du roman :
"2013 : Madrid. Le Prado. Le Jardin des délices, célèbre triptyque du peintre flamand Jérôme Bosch, a été vandalisé par un prêtre dominicain. Le religieux, convaincu que l’œuvre dissimule un dangereux secret susceptible de nuire à l’Église, a lancé du vitriol sur le tableau avant d’être maîtrisé par les gardiens du musée. Restaurateur de tableaux, Michael Keie se voit confier la tâche délicate de remettre le triptyque en état. Très vite, il fait une découverte stupéfiante : à plusieurs endroits, les couches de peinture altérées laissent transparaître des symboles cachés. Avec l’aide de son collègue madrilène Antonio de Nebrija, un vieil érudit fantasque, Keie va tenter de déchiffrer ces signes étranges. 1510 : Petronius Oris arrive à Bois-le-Duc dans les Flandres pour travailler aux côtés de Jerôme Bosch. Alors que la cité est envahie par les sbires de l’Inquisition, Petronius découvre que Bosch, initié à un secret hérétique, travaille en secret à un mystérieux triptyque. Avec ses deux enquêtes parallèles, l’une dans le présent, l’autre dans le passé, qui se font écho pour percer le secret du célèbre Jardin des délices, Peter Dempf fait preuve d’une incroyable érudition et nous offre un suspense magistral qui tient en haleine jusqu’à la dernière page. (source : babelio)
Postface :
"En lisant Le Mystère Jérôme Bosch, le lecteur doit prendre conscience que, dans un roman, la réalité décrite est toujours une interprétation issue de l'époque dans laquelle nous vivons. Un roman n'est pas forcément lié à la vérité historique, ce qui le différencie d'un ouvrage scientifique. Malgré tout, j'ai essayé de décrire aussi fidèlement que possible la vie de Bosch et les événements qui se sont déroulés à l'époque dans la cité de Bois-le-Duc, ce qui n'était pas une tâche aisée puisque les informations fiables sur ce sujet sont peu nombreuses. Je me suis écarté de l'Histoire là où cela me semblait nécessaire pour la dramaturgie du roman. Afin d'aider le lecteur à faire la distinction entre fiction et réalité, j'ai résumé ci-dessous les rares faits avérés dont nous disposons sur la vie de Bosch.
Jheronimus Aken est né en 1450 à Bois-le-Duc, où il décèdera en 1516. Il était le cinquième et dernier enfant du peintre Anthonis Van Aken. devenu peintre à son tour, il choisit - pour des raisons inconnues - comme pseudonyme le nom de sa cité natale.
Bosch était membre de l'Illustre Confrérie de Notre-Dame, qui se réunissait dans l'une des chapelles absidiales de la cathédrale Saint-Jean. Il faisait partie du noyau central de cette société oecuménique. La Confrérie organisait des mystères et des processions pour Pâques, Noël et d'autres fêtes religieuses. Bosch réalisait les costumes et les décors.
Il est également prouvé que le peintre possédait à Oirschot une propriété probablement apportée en dot par son épouse Aleyt Goyaert Van der Mervenne, issue d'une riche famille patricienne. On sait que le domaine a été la proie d'un incendie qui a détruit une grange. La demeure, en revanche, a été épargnée par les flammes.
Philipp Van Sint Jan, alias Jacob Van Almaengien, n'est pas une invention de l'auteur. Il était lui aussi membre de l'Illustre Confrérie de Notre-Dame. Van Almaengien a probablement été brûlé en place publique à Cologne.
A l'époque où Bosch peignait, Bois-le-Duc subissait l'oppression de l'Inquisition. L'Inquisiteur général nommé par le diocèse de Liège s'appelait Jean de Baerle. Sous le joug des chiens du Seigneur (dominicains), la cité, qui vivait dans la peur, a beaucoup souffert économiquement.
Au même moment, une secte s'est implantée dans la ville et dans tout le duché de Brabant. Ses membres se faisaient appeler "Frères et Soeurs du Libre Esprit" ou "Adamites". Leur existence est confirmée par les procès-verbaux de l'Inquisition. Il n'est pas prouvé que Jérôme Bosch ait été en contact avec les Adamites. Néanmoins, le contenu de ses tableaux présente d'étranges similitudes avec les idées répandues par cette secte.
Comme l'attestent certains documents de l'époque, la cathédrale Saint-Jean était bel et bien en cours de construction au moment des événements décrits dans le roman. Seuls le chœur et l'ossature de la nef étaient achevés." (p.443-444)
Adamites :
Les Adamites (ou Adamiens) constituaient un mouvement religieux intermittent inspiré par la nostalgie de l'Eden et peut-être par la pensée de Carpocrate. Rattachés au christianisme, les Adamites tentaient d'imiter Adam avant la chute. Partisans de l'amour libre, ils rejetaient le mariage de même que le travail et vivaient nus le plus souvent possible, dans une sorte d'état d'innocence originelle. Après une notoriété rapidement éclipsée dans l'Antiquité (IIème siècle après J.-C.), les Adamites réapparaissent en Europe vers la fin du XIIIème siècle, en Autriche, en Bohême et en Flandres, mais leur comportement ainsi que leur doctrine théologique indisposent les autorités. Persécutés, ils tentent de survivre mais, avant la fin du XVème siècle, ils auront tous disparu. On en trouve néanmoins des traces au XVIIe siècle, par exemple dans les agissements de religieux (Pierre David) mentionnés dans les aveux de Magdelaine Bavent. Le fond de leur doctrine était que « l'homme doit être aussi heureux ici-bas qu'il sera un jour dans le ciel » (Tommasi Campanella, La Cité du Soleil, 1568). On a pu penser que Le Jardin des délices, le célèbre triptyque de Jérôme Bosch, était une représentation de la mythologie adamite, parce que la secte des Frères du Libre-Esprit qui suivait ses principes se développait à Bois-le-Duc, la ville où il résidait. (source : wikipedia)
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