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Le canal Danube-mer Noire : une construction douloureuse, une rentabilité hasardeuse
La réalisation du canal Danube-mer Noire (rive droite, km 299,2) ou de Cernavodǎ au port de Constanţa est un ouvrage colossal qui rappelle un douloureux souvenir de l'histoire du communisme en ...
Ion Omesco, La métamorphose de la tragédie, Presses universitaires de France, collection littérature moderne, 1978
Plan de l'ouvrage : Introduction - Chapitre premier : Le personnage - Chapitre II. L'action. Catégories et formes du tragique - Chapitre III. L'intrigue et ses modalités - Chapitre IV. Le discours - Conclusion. - Du sublime à l'humour - Index des œuvres citées - Index des pièces
"La tragédie contemporaine est une tragédie du non-choix dans laquelle l'être-avec-personne, réduit à sa plus petite grandeur, recherche et fuit sa mort certaine, absolue, qui rend toutes choses égales, en consommant son attente, devenue jeu, au sein d'un univers fantastique rendu provisoirement habitable par la présence du seul humour." (p.254)
Ion Omesco ou Omescu (26 Novembre 1925 , Arad - 14 août 2000, Paris) est un poète, essayiste, écrivain et comédien roumain polyglotte (roumain, français,anglais, allemand), émigré en France. Il est le fils unique de parents pharmaciens, Aurica (née Ştirbulescu) et Cornel Omescu. Après avoir fréquenté l'école primaire à Arad (1932-1936), il est élève au lycée "Moise Nicoară". En 1944, il s'inscrit au Drama Art Conservatory de Bucarest. Immédiatement après l' obtention du diplôme (1948), un peu avant l'âge de 22 ans, il devient comédien et travaille au Théâtre National de Bucarest.
Il tente, en 1953, d'échapper à l'Ouest au régime communiste, avec le réalisateur Mircea Marosin mais il est rattrapé non loin de Vienne, en zone soviétique, menotté et envoyé en prison.
Après avoir purgé cinq ans de camp de travail forcé sur le canal Danube-mer Noire, il reprend son travail d'acteur au Théâtre National de Iasi. La Révolution hongroise de 1956 ayant entraîné une vague d'arrestations en Roumanie, il en est l'une des victimes, après que la "Securidad" ait trouvé sur lui le manuscrit d'un livre dans lequel il décrit les horreurs du canal Danube-Mer Noire.
Il est détenu dans les camps des bassins du Danube (Salcia, Balta Brăilei, Stoeneşti). Il est considéré parmi les autres détenus comme un excellent orateur et un très bon professeur de langues (selon le témoignage d'Alexandru Zub, d'Alex Mihalcea et de Fl. Pavlovici).
Il est libéré en 1964 à la suite de l'amnistie générale des prisonniers politiques, le décret du pardon 411. En 1965, il reprend son travail d'acteur, interprétant des personnages tels que Romeo, Franz Moor, Oreste, Thomas Becket. Il joue le rôle d'un écrivain dans un film intitulé Pour l' amour, dirigé par Michael James, aux côtés d' Alexandru Repan et Ilinca Tomoroveanu .
Il écrit un volume de pièces historiques (parmi lesquels le drame Siècle hiver, en référence au totalitarisme, mis en scène à Constanta) et un volume de poésie, intitulé Filtre. En 1972, au titre d'interprète de Shakespeare, il est invité à un colloque international à Stratford-on-Avon, la ville natale du grand dramaturge anglais. À l'issu de ce colloque, Ion Omesco prend la décision de ne pas retourner en Roumanie.
Il s'installe en France, à Paris et demande l'asile politique. Pendant dix ans, entre 1975 et 1985, il enseigne le théâtre au Conservatoire de Maastricht et fonde en 1981, une compagnie théâtrale avec laquelle il met en scène à Paris des pièces de Michel de Ghelderode, Strindberg et Slawomir Mrozek et en 1991, en Belgique, à Courtrai, Othello de Shakespeare.
L'intégralité de son oeuvre, y compris sa thèse de doctorat intitulée Hamlet ou la Tentation du possible (1987) qui a reçu Prix Biguet de l'Académie Française, a été publiée aux Presses Universitaires de France. (traduction et adaptation personnelle de l'article en roumain sur wikipedia)
Quatrième de couverture :
"Chaque fois que la tragédie a changé de visage, le long des siècles, on s'est empressé de conclure à sa mort. ce phénomène semble se reproduire aujourd'hui : le dossier de la tragédie - source autrefois, de maints débats aussi passionnés que célèbres - a été remis aux archives.
Allant à l'encontre de l'opinion courante et s'appuyant de préférence sur les textes de Beckett, ce livre essaie de dégager les structures spécifiques de la tragédie contemporaine qui - fascinée par la plus petite grandeur - s'éloigne de l'exception sous toutes ses formes, du spectaculaire, remplace le sublime par l'humour, ne reconnaît plus de transcendant, refuse le héros aussi bien que l'intrigue, reconsidère l'espace, déqualifie le temps, pour nous introduire dans un univers insignifiant mais d'autant plus terrible où le discours et la mort, seuls événements, se rencontrent selon les règles d'une nouvelle rhétorique. cette tragédie, la nôtre, finit pourtant par rejoindre sur certains points celle des Grecs (à force de s'en éloigner) et rend compte, elle aussi, à sa manière, du combat inutile que livre l'homme à l'univers qui l'écrase.
Extraits :
"La tragédie tourne autour de l'homme. sa persistance à travers les siècles, son déclin à l'âge théocratique, sa mise en question aujourd'hui , s'expliquent par cette vocation. Aussi, répétons-le, la tragédie n'est-elle pas un phénomène uniquement esthétique. Car l'homme agit dans un univers dont il cherche à connaître la raison d'être, pour en déduire la sienne.
Toujours aux prises avec ses semblables, avec ses dieux ou avec lui-même, le personnage tragique lutte, meurt et choisit. Et nous, assis dans des fauteuils capitonnés ou sur des bancs de pierre, sommes là pour juger s'il a bien choisi et s'il meurt convenablement ; s'il est resté fidèle à lui-même, s'il a eu raison de sacrifier son amour pour l'homme, sa famille pour le bonheur de la cité ou celle-ci pour la gloire de Dieu. Toute tragédie ouvre une perspective métaphysique.
Ce personnage qui se démène devant nos yeux pendant deux heures, dont nous entendons les cris et le silence, ne nous laisse pas indifférents. Et nous quittons notre identité pour emprunter la sienne. Le personnage nous pénètre, il s'introduit en nous comme le diable dans son succube. C'est une des raisons pour lesquelles Brecht repoussait la tragédie, art cannibale qui nous prend aux tripes et supprime notre lucidité au lieu de l’accroître
Art cannibale ou divin, il doit être examiné à trois niveaux : celui de l'oeuvre en soi - à savoir dans la convergence de ses signes -, celui du monde qu'il propose et celui des réactions qu'il produit. Nous ne soutiendrons plus aujourd'hui avec Volkelt, que la recherche esthétique ne peut être menée qu'en prenant appui sur la psychologie. Mais ce qui est hors de question pour d'autres produits artistiques reste valable, dans une certaine mesure, pour la tragédie, ce dernier refuge, non stérilisé, de la figure de l'homme." (p.29-30)
"La tragédie contemporaine est une tragédie du non-choix dans laquelle l'être-avec-personne, réduit à sa plus petite grandeur, recherche et fuit sa mort certaine, absolue, qui rend toutes choses égales, en consommant son attente, devenue jeu, au sein d'un univers fantastique rendu provisoirement habitable par la seule présence de l'humour." (p.254)
- Dramele puterii : teatru, 1968
- Filtru. Poezii, 1968
- Hamlet sau ispita posibilului, 1971 - 2010
- Iadul și pasărea, 1972
- Semnul ironiei. Măsură pentru măsură. Coriolan, 1972
- Teatru, 1972
- La métamorphose de la tragédie, 1978
- Hamlet, ou, La tentation du possible, 1987
- Othello, chef-d'œuvre en sursis, 1990
- Lui et l'autre : prétexte biblique en six tableaux, 1992
- Shakespeare, son art et sa "Tempête",1993
- Le fumet de la chimère : trois drames, 1997
- L'homme qui se dit Lénine : trois farces tragiques, 1997
- L'homme qui se dit Lénine : trois farces tragiques : comme des cafards sur un plafond laqué confectionner un demi-dieu, 1998
- L'homme à la balafre, 1999
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