P.D. James, Les douze indices de Noël et autres récits, traduit de l'anglais par Odile Demange, Fayard, 2016
L'auteur :
Née à Oxford en 1920, Phyllis Dorothy James a exercé diverses fonctions à la section criminelle du ministère anglais de l'Intérieur jusqu'en 1979. Mélange d'understatement britannique et de sadisme, d'analyse sociale et d'humour, ses romans lui ont valu les prix les plus prestigieux, dont, en France, le Grand prix de littérature policière en 1988. Anoblie par la reine en 1991, elle est l'auteure d'une vingtaine de romans policiers, dont Meurtres en soutane, Le Phare ou encore Une mort esthétique, d'un roman de science-fiction, Les Fils de l'homme, ainsi que d'un "fragment d'autobiographie", Il serait temps d'être sérieuse. P.D. James est décédée le 27 novembre 2014 dans sa ville de naissance.
Une romancière à succès revient sur un crime commis dans la demeure de sa grand-mère pendant la guerre, un soir de réveillon... Un employé de bureau qui s’est introduit de nuit dans le bureau de son patron pour feuilleter ses revues pornographiques devient le témoin d’une aventure amoureuse illicite, et bientôt d’un meurtre qui le place face à un dilemme atroce.
Le fringant inspecteur Adam Dalgliesh enquête sur la mort d’un patriarche qui s’est suicidé dans des circonstances suspectes, puis sur celle d’un très vieux monsieur très riche qui aurait été empoisonné par sa très jeune femme soixante-sept ans plus tôt…
Dans la lignée de ses illustres prédécesseurs – Edgar Allan Poe, Arthur Conan Doyle, Agatha Christie ou G. K. Chesterton –, Phyllis Dorothy James s’est adonnée avec brio à l’écriture de nouvelles piquantes et raffinées.
Les plus savoureuses d’entre elles sont rassemblées dans ce recueil posthume où l’on retrouve avec bonheur la plume acérée de la grande dame de la littérature policière. (source : babelio)
Extrait de la préface :
"L'envergure de la nouvelle étant forcément limitée, elle est plus efficace quand elle traite d'un seul événement ou d'une unique idée maîtresse. C'est l'originalité et la force de cette dernière qui déterminent largement la réussite du récit. Bien que sa structure soit nettement moins complexe que celle du roman, que son intrigue soit plus linéaire, se dirigeant résolument vers le dénouement, la nouvelle n'en est pas moins capable de créer, à l'intérieur de ses limites, un univers vraisemblable dans lequel le lecteur peut s'immerger pour en tirer les satisfactions que nous attendons d'une bonne histoire policière : une énigme plausible, de la tension et du frisson, des personnages auxquels nous pouvons nous identifier même s'ils ne nous inspirent aucune sympathie et une fin qui ne soit pas décevante. Il est assez réjouissant de faire tenir dans quelques milliers de mots tous les éléments - intrigue, décor, peinture des personnages et effet de surprise - qui contribuent à faire un bon récit policier.
Bien que j'aie été principalement romancière, le défi de la nouvelle m'a apporté un grand plaisir. Il faut réaliser beaucoup, avec peu de moyens. Les longues descriptions des lieux sont à bannir, mais le lecteur doit tout de même trouver le cadre vivant. Et s'il est essentiel que les personnages soient aussi bien campés que dans un roman, il faut définir les traits d'une personnalité avec une grande économie de mots. Il convient que l'intrigue soit solide mais pas trop complexe, et que le dénouement, vers lequel chaque phrase du récit doit tendre inexorablement, surprenne le lecteur sans lui donner l'impression d'avoir été berné. Tout doit concourir à imposer l'élément le plus ingénieux de la nouvelle : le choc de la surprise. Aussi est-il difficile d'écrire une bonne nouvelle, mais en cette époque affairée, ce genre offre une des expériences de lecture les plus satisfaisantes. (P.D. James, p.10-11)
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