Walter Benjamin, Sur la littérature, inédits radiophoniques, traduction inédite de l'allemand par Marianne Beauviche, Edition établie et préfacée par Philippe Baudoin, Edition Payot & Rivages, Petite bibliothèque Payot, Paris 2022
L'auteur :
Walter Bendix Schönflies Benjamin est un philosophe, critique littéraire, critique d'art et traducteur allemand né à Berlin le 15 juillet 1892 et mort à Portbou en Espagne, le 26 septembre 1940. Né de parents juifs, son père est banquier, puis antiquaire. Il passe son enfance à Berlin, mais, pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne, à Haubinda, en Thuringe. En 1912, il voyage en Italie et s'inscrit à l'Université à Berlin et à Fribourg-en-Brisgau pour étudier la philosophie. Il se fiance et commence la traduction des "Tableaux parisiens" de Charles Baudelaire. En 1917, il est mobilisé mais parvient à se procurer un certificat médical qui retarde son incorporation. Il se marie avec Dora Pollack, et passe quelque temps avec elle au sanatorium de Dachau, puis en Suisse. Il s'inscrit à l'Université de Berne où il commence une thèse sur la critique d'art à l'époque romantique. En 1918, il a un fils, Stephan, il achève la rédaction de sa thèse, soutenue à l'Université de Berne, et poursuit ses traductions de Baudelaire. En 1919, il rencontre Ernst Bloch. En 1920 il déménage à Berlin avec son fils et sa femme dont il se sépare l'année suivante. En 1922, à Heidelberg, il s'efforce d'obtenir une habilitation lui permettant d'enseigner à l'université. En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu'à Monaco. Il traduit Proust. En 1933, il émigre à Paris, et essaie de quitter l'Europe pour les États-Unis en 1940. En juin 1940, il est enfermé au camp de Vernuche près de Nevers, puis libéré grâce à ses amis intellectuels. Avant l'entrée de l'armée allemande dans Paris, Benjamin quitte la capitale et se rend à Lourdes. De là, il part à Marseille puis à Port-Vendres le 25 septembre 1940 avec l'intention de fuir en Espagne. Le 26 septembre 1940, la nuit de son arrivée en Espagne, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine. Bien que sa dépouille n'ait jamais été retrouvée, un monument funéraire lui est dédié au cimetière de Portbou. Sa pensée a largement été redécouverte, explorée et commentée à partir des années 1950, avec la publication de nombreux textes inédits et de sa correspondance. (source : babelio)
Table :
Préface. Walter Benjamin, un "combattant littéraire" au micro par Philippe Beaudoin. - 1. La vocation de Gide - 2. Têtes parisiennes - 3. Dieu est-il français ? Un essai de Friedrich Sieburg - 4. Les livres de Thorton Wilder et d'Ernest Hemingway - 5. Schelmuffsky de Reuter & Jobsiade de Kortum - 6. Sur la trace de lettres anciennes - 7. Graphologie ancienne et nouvelle - 8. Le carrousel des métiers - 9. "Recettes pour les auteurs de comédies" Conversation entre Wilhelm Speyer et Walter Benjamin
Quatrième de couverture :
Par le pouvoir de ses mots, tout ce qu'il touchait devenait radioactif (Theodor W. Adorno)
"Ses amis disent qu'il était un orateur exceptionnel, maîtrisant parfaitement l'art de la parole. Mais on ne sait rien de la voix de Walter Benjamin : il n'existe pas d'enregistrement de ce philosophe qu'on imagine plus facilement au milieu de ses livres que sur les ondes. Et pourtant, l'auteur de Sens unique fut aussi un homme de radio : de 1929 à 1933, il fit avec succès des dizaines de causeries littéraires dans une émission appelée "L'heure des livres". Pensées spécifiquement pour ce support, nerveuses et rythmées, portant sur la culture européenne, elles témoignent toutes du désir de Walter Benjamin de renouveler le genre de la critique littéraire. Recensions, lectures d'œuvres, histoire de l'écriture, réflexions sur le monde de l'édition, entretiens avec les grands écrivains de l'époque, elles offrent un regard malicieux et critique sur des auteurs fétiches ou qui l'ont marqué, de Gide à Thornton Wilder, en passant par Hemingway et Cocteau, ainsi que d'improbables anecdotes comme celle de la rencontre électrique, désopilante et sans lendemain de Joyce et Proust."
Extrait de la Préface de Philippe Beaudoin :
Rédigés entre 1929 et 1932, les textes qui composent le présent recueil traduisent, à leur manière, l'exploration ingénieuse que fit Benjamin du dispositif radiophonique, média alors florissant et regorgeant de potentialités à la fois artistiques et politiques, auquel il avait choisi de donner le nom savoureux de "pays des voix". De par une réflexion et une pratique singulières de la radio, Benjamin fut en effet l'un des rares philosophes à s'interroger sur cet objet et sans doute le seul qui en eut l'expérience la plus diversifiée. La période durant laquelle il officia aux micros de Berlin et Francfort représente, encore aujourd'hui pour les historiens des médias, l'âge d'or de la radio allemande. L'originalité et l'inventivité dont témoignaient les programmes de l'époque, et auxquels Benjamin contribua grandement, suscitèrent un engouement populaire sans précédent. Durant près d'une centaine d'émissions diffusées entre 1927 et 1933, Benjamin redoubla d'efforts pour dépasser les formes propres aux domaines du journalisme et du divertissement en donnant à ses auditeurs, les conditions nécessaires à son émancipation. La pédagogie et l'érudition qui caractérisaient sa démarche furent principalement mises au profit de deux types de réalisations. D'une part, Benjamin mit au jour de nouveaux genres radiophoniques et expérimenta de façon radicalement nouvelle le matériau sonore diffusé à l'antenne. Se prenant au jeu de l'écriture radiophonique, il réalisa des Franskpiele ("jeux radiophoniques"), sortes de distractions pour l'oreille invitant à la réalisation d'énigmes et autres devinettes, des Hörmodelle ("modèles radiophoniques") où l'enjeu majeur consistait à répondre à des difficultés de la vie quotidienne telles que le fait de demander une augmentation de salaire à son employeur, sans oublier les pièces expérimentales (Hörspiele") et les contes radiophoniques pour enfants. D'autre part, il tenta de redonner ses lettres de noblesse à un genre quelque peu méprisé à savoir : la critique littéraire. La plupart des écrits rassemblés dans le présent recueil attestent cette volonté de renouveler l'art de la recension, de lectures d'œuvres, de causeries consacrées à l'histoire de l'écriture, de réflexions sur le monde de l'édition, ou bien encore d'entretiens avec des écrivains de l'époque."
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