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The Body of the Dead Christ in the Tomb by Hans Holbein the Younger ...

Le Christ mort (ou Le Corps du Christ mort dans la tombe ou encore Le Christ mort au tombeau) est une huile et tempera sur panneau de tilleul (30,5 cm × 200 cm) peinte par Hans Holbein le Jeune entre 1521 et 1522. L'œuvre est conservée au Kuntsmuseum de Bâle.

Ce tableau, grandeur nature, d'un réalisme cru, montre le corps de Jésus-Christ entre sa descente de Croix et sa résurrection. Les plaies du Christ sont touchées par la noirceur : l'afflux de sang stagnant à fleur de peau après les sévices endurés. Le réalisme de ce corps martyrisé, ses blessures, la raideur du cadavre, son regard vitreux, la bouche ouverte sont uniques dans l'histoire de la peinture.Le caractère morbide de cette représentation a été souvent commenté, notamment par Dostoïevski, mais aussi par le pape François.

En 1867, Fiodor Dostoïevski a vu le tableau au musée de Bâle et en est resté fortement impressionné. Il semble que ce Christ mort soit l'une des œuvres qui l'ont le plus marqué. Anna Dostoïevskaïa évoque l'émotion de son mari :

« Ce tableau est l'œuvre de Hans Holbein, il représente un Christ ayant subi des souffrances inhumaines, qu'on a descendu de la croix et dont le corps est offert à la décomposition. Son visage boursouflé est couvert de plaies sanglantes et son apparence est horrible. Ce tableau a produit sur Fiodor une impression écrasante, et il s'est arrêté devant, comme frappé par la foudre. Quant à moi, je n'avais pas la force de le regarder : il me faisait trop mal, surtout que ma santé n'était pas très bonne. Je suis allée voir les autres salles. Quand je suis revenue quinze minutes ou vingt minutes plus tard, Fiodor était toujours planté devant le tableau, comme enchaîné. Son visage bouleversé présentait cette expression d'épouvante que j'avais observée dans les premières minutes d'une crise d'épilepsie. J'ai pris doucement mon mari par le bras, je l'ai emmené dans une autre salle et fait asseoir sur un banc, Heureusement, elle n'eut pas lieu : Fiodor se calma peu à peu et, au moment de sortir du musée, il insista pour retourner voir le tableau qui l'avait tant impressionné. »

Dans ses notes sur L'idiot, Anna Dostoïevskaïa revient sur cet épisode : « Cette œuvre l'avait traumatisé et il m'avait dit alors : "Un tel tableau peut faire perdre la foi". L'incident réapparaît dans le roman, où le prince Mychkine, voyant une copie du Christ mort, s'exclame : « Mais ce tableau peut faire perdre la foi à n'importe qui ! » 

Dialogue devant un tableau :

"Nietzsche : Voici donc le tableau qui a ébranlé votre foi.

Dostoïevski : Il n'a pas ébranlé ma foi. Il a ébranlé ma certitude.

Nietzsche : Pourquoi donc ? Ce n'est jamais qu'un tableau. Êtes-vous donc si naïf ?

Dostoïevski : Bien sûr, ce n'est qu'un tableau. C'est pourquoi c'est honnête. Pas de miracles... Rien qu'une question : choisiras-tu la compassion ? La compassion sans aucune récompense ?

Nietzsche : La compassion ? C'est un mot que les gens emploient quand ils ont peur d'être forts.

Dostoïevski : Non. C'est un mot que les gens emploient quand ils sont suffisamment forts pour être responsables.

Nietzsche : Responsables de quoi ? Du silence de Dieu ?

Dostoïevski : De la personne en face de moi, même si Dieu demeure silencieux.

Nietzsche : Volà pourquoi je continue à vous lire. Pas à cause de votre Dieu, mais à cause de votre exactitude.

Dostoïevski : La vérité blesse.

Nietzsche : La souffrance est la monnaie la plus fiable.

Dostoïevski : De la soufrance à bon marché. Ce que vous en faites ne l'est pas.

Nietzsche : Alors pourquoi la compassion ? Pour se sentir pur ?

Dostoïevski : Non. Pour arrêter de chercher la pureté, mais rester humain au milieu du chaos.

Nietzsche : Et si la compassion vous rendait faible ?

Dostoïevski : Alors ce n'était pas la vraie compassion. C'était de la peur enveloppée de bonnes manières.

Nietzsche : Intéressant. Vous ne prêchez pas la faiblesse. Vous prêchez la retenue.

Dostoïevski : Oui. La force sans retenue n'est que vacarme.

Nietzsche : Alors répondez-moi. Devant ce tableau, qu'est-ce que vous adorez ?

Dostoïevski : Rien ici ne me promet quoi que ce soit.

Nietzsche : Alors pourquoi ne pas vous choisir vous-même ? 

Dostoïevski : C'est ce que je fais. Je choisis le "moi" qui peut encore prendre soin, non la liberté d'indifférence.

Nietzsche : Et alors si prendre soin (des autres) est un mensonge ?

Dostoïevski : Si rien n'est promis, que ce soit mon mensonge ; je refuse de devenir vide, je choisis la compassion. Non parce qu'elle gagne à tous les coups, mais parce qu'elle me rend plus humain." (source : Kopfkino, traduit de l'anglais)

 

 

 

 

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