Le divan de Sigmund Freud à Vienne, Bergstrasse
Une psychanalyse consiste en l’analyse des formations de l’inconscient : notamment l’analyse des rêves, des lapsus et des actes manqués, de la vie quotidienne et des souvenirs infantiles.
La méthode est celle de la libre association, c’est-à-dire que la cure analytique est une cure par la parole. Le psychanalyste invite le patient à s’allonger sur un divan et à respecter l’unique règle fondamentale de la psychanalyse : dire tout ce qui lui « passe par la tête », sans préjuger du caractère illogique ou inconvenant des associations verbales qui viennent à l’esprit.
À l’aide de l’interprétation et du transfert le patient va progressivement résoudre ses conflits psychiques et pulsionnels et ainsi se libérer progressivement de ses inhibitions, symptômes ou angoisses jusqu’à la disparition totale du conflit névrotique.
La guérison est donc un processus et l’analyse elle-même ne peut être queprogressive. Ce n’est que par cette voie que l’on peut atteindre à la résolution radicale du conflit névrotique et à la véritable libération des inhibitions, symptômes et angoisses.
Croire que l’on peut résoudre une maladie psychique du jour au lendemain, comme d’un coup de baguette magique, c’est non seulement commettre une erreur thérapeutique fondamentale, mais c’est surtout sans résultat :
« Pas plus que ce que feraient les
pompiers si, en cas d’incendie d’une maisonprovoqué par une lampe à pétrole renversée, ils se contentaient d’enlever la lampe de la pièce où le feu s’est
déclaré », précise Freud à la fin de sa vie [1].
Car la névrose dévore comme un feu, qui une fois déclaré,
Un psychanalyste n’oblige personne à effectuer une psychanalyse ; que quelqu’un soit considéré par ses proches, ou se considère lui-même, malade ou pas, n’y change rien.
La situation qu’une psychanalyse exige, la seule dans laquelle elle peut mettre à l’épreuve son efficacité, est décrite par Freud en 1920 ; c’est la suivante :
« Quelqu’un, qui par ailleurs est son propre maître, souffre d’un conflit interne auquel il ne peut seul mettre fin, et vient alors trouver l’analyste, s’en plaint à lui et lui demande son aide. Le psychanalyste travaille alors main dans la main avec l’une des parts de la personnalité maladivement dédoublée, contre l’autre partenaire du conflit » [2].
Dans ce cas, le psychanalyste travaille donc « main dans la main » avec le patient afin de résoudre le conflit inconscient et pulsionnels.
Mais d’autres situations que celle-ci, explique également Freud, sont plus ou moins défavorables, en ce qu’elles ajoutent de nouvelles difficultés aux difficultés internes du cas. Ce sont essentiellement celles du maître d’ouvrage qui commande à l’architecte une villa selon ses goûts et ses besoins :
« Il arrive tous les jours qu’un mari s’adresse au psychanalyste avec l’information suivante : Ma
« Ou bien encore des parents réclament qu’on rende la santé à leur enfant qui est nerveux et indocile. Ils entendent par enfant en bonne santé celui qui ne crée pas de difficultés aux parents, un enfant en qui ils puissent trouver leur joie. Le psychanalyste peut bien réussir à rétablir l’enfant, mais après la guérison celui-ci va son propre chemin avec d’autant plus de détermination » [4].
La conclusion est claire :
« Bref, il n’est pas indifférent qu’un être humain vienne en analyse de son propre mouvement ou qu’il le fasse parce que d’autres l’y amènent, ni que ce soit lui-même qui souhaite sa modification ou bien seulement ses proches » [5].
Une psychanalyse est une démarche personnelle : elle ne doit pas tant être considérée comme un besoin que comme un désir vital. Elle s’adresse à toute personne désireuse de résoudre ses conflits inconscients par la libre association, par l’analyse des rêves, par la parole libre de la vie quotidienne et par la libre évocation des souvenirs de l’enfance qui reviennent à la surface. Il n’y a, en toute rigueur, que de cette manière qu’une véritable part de sa propre vérité peut être arraché, à soi-même et pour soi-même.
Notes
[1] « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin » [1937], Résultats, Idées, problèmes, vol. II, PUF, Paris, 1985, p. 232
[2] S. Freud, « De la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine » [1920], Œuvres complètes, vol. XV, PUF, Paris, 1996, pp. 233-262
[3] S. Freud, « De la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine » [1920], Œuvres complètes, vol. XV, PUF, Paris, 1996, pp. 233-262
[4] S. Freud, « De la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine » [1920], Œuvres complètes, vol. XV, PUF, Paris, 1996, pp. 233-262
[5] S. Freud, 1920, Op. Cit., pp. 233-262.
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