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Emmanuel Levinas, Du sacré au saint, cinq nouvelles lectures talmudiques, Les Editions de Minuit, 1977, coll. "Critique".

 

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Emmanuel Levinas (12 janvier 1906 – 25 décembre 1995) est un philosophe français d'origine lituanienne, né à Kaunas et naturalisé français en 1930. Il a reçu dès son enfance une éducation juive traditionnelle, principalement axée sur la Torah. Plus tard, il a été introduit au Talmud par l'énigmatique « Monsieur Chouchani ». La Torah enseignée par Levinas est dérivée des leçons de Monsieur Chouchani.


La philosophie de Levinas est centrée sur la question éthique et métaphysique d'Autrui, caractérisé comme l'Infini impossible à totaliser, puis comme l'au-delà de l'être, à l'instar du Bien platonicien, ou de l'idée cartésienne d'infini que la pensée ne peut contenir. Levinas étend ses recherches à la philosophie de l'histoire et à la phénoménologie de l'amour. Il est également l'un des premiers à introduire en France la pensée de Husserl et celle de Heidegger.

 

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"Ceux qui me connaissent savent que je tiens le Talmud pour une pensée très haute, mais pas pour un oracle." (Emmanuel Lévinas)

 

"La judéïté, écrivait Pierre Goldmann ce ne sont pas les textes. C'est un certain rapport aux textes." Ce rapport aux textes, on le voit fonctionner admirablement avec Emmanuel Lévinas. exégèse qui est faite d'un mélange de pudeur respectueuse et de sollicitation constante. La phrase est lue d'abord lentement, avec une distance presque cérémonieuse. Au fil du discours, imperceptiblement, un appareil logique va se mettre en place, décodant les signes, dénouant les articulations, déployant l'ensemble. Tout cela avec d'infinies précautions, au point qu'on ignore et qu'il nous importe peu de savoir si la métaphore qui vient d'être lancée était dans la tête des "docteurs" rabbiniques ou si c'est le philosophe qui vient de la leur souffler." (Salomon Malka, Lire Lévinas, "Exigeant judaïsme", p. 51)

 

 

"Les conférences réunies dans ce volume ont été prononcées entre 1969 et 1975, au cours des Colloques des intellectuels juifs de langue française, organisés par la section française du Congrès juif mondial. On leur a laissé ici, sous leur forme écrite - comme à celles, plus anciennes, qui parurent sous le titre Quatre lectures talmudiques en 1968 - le rythme de leur version orale et quelques souvenirs des circonstances où elles avaient été dites (...)

 

Ce qui nous importe, c'est certes d'interroger ces textes - auxquels est lié, comme à un sol, la sagesse juive - en fonction de nos problèmes d'hommes modernes. Mais cela ne signifie pas un droit immédiat à la sélection et un prétentieux départage du périmé et du permanent. Il faut au préalable tenir compte du caractère non rhétorique de ce dire talmudique et le lire sans négliger ses articulations, en apparence contingentes, où souvent se dissimule l'essentiel et où s'entend comme la respiration de son esprit. C'est à cette tâche préalable et à l'idée même d'une telle tâche que notre petit livre essaye de contribuer. L'étude traditionnelle ne thématise pas toujours les significations qui ainsi apparaissent, ou elle les prend pour des évidences qui "vont sans dire", emportée qu'elle est par la dialectique qui les déborde ; ou elle les dit dans un langage et dans un contexte qui ne sont pas toujours audibles à ceux qui restent dehors. Nous nous efforçons de parler autrement.

 

Un mot enfin sur le fond. Il nous importait dans ces lectures de faire ressortir la catharsis ou la dé-mythisation du religieux qu'opère la sagesse juive et cela contre l'interprétation des mythes - anciens et modernes - par recours à d'autres mythes, souvent plus obscurs et plus cruels, fussent-ils, plus répandus, et qui passent, de ce fait, pour profonds, sacrés ou universels. La Thora orale parle "en esprit et en vérité", même quand elle semble triturer des versets et des lettres de la Thora écrite. Elle en dégage le sens éthique comme ultime intelligibilité de l'humain et même du sens cosmique. C'est pourquoi nous avons intitulé le présent livre par des mots qui, à proprement parler, ne concerne que le thème traité dans la troisième lecture de la série : Du Sacré au Saint." (Emmanuel Levinas)


 

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Table des matières :

 

Avant-propos

 

Première leçon. Judaïsme et révolution

 

Deuxième leçon. Jeunesse d'Israël

 

Troisième leçon. Désacralisation et désensorcellement

 

Quatrième leçon. Et Dieu créa la femme

 

Cinquième leçon. Les dommages causés par le feu


 

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 Quest-ce que le Talmud ?

 

Le talmud est la transcription de la tradition orale d'Israël. Il régit la vie quotidienne et rituelle ainsi que la pensée - exégèse des Ecritures y comprises - des juifs confessant le judaïsme. (Emmanuel Lévinas, Quatre Lectures talmudiques, Editions de Minuit, p. 10)

 

 

Le Talmud pourquoi ?

 

D'abord parce que c'est ce vieux texte, né autour du début de notre ère, qui n'a cessé de porter le judaïsme post-chrétien. Dans une réponse au père Daniélou, Lévinas écrit : " S'il n'y avait pas le Talmud, il n'y aurait pas de juifs aujourd'hui (que de problèmes épargnés au monde !). Ou nous serions les survivants d'un monde fini. C'est le soupçon qui, malgré tout, traverse la pensée des catholiques. Nous refusons, vous le savez, cette dignité de reliques. (Difficile liberté, p. 230)

 

Mais, on s'en doute, ce "Livre" n'est pas valorisé pour ses vertus de préservation ou de clôture. C'est même l'inverse. On n'en finirait pas de citer les pages de Difficile Liberté ou des Leçons talmudiques où est renvoyé à l'insignifiant et au folklore le judaïsme dérisoire du souvenir de famille, du frisson extatique ou de la relique émouvante.

 

Cette parole est une parole vivante, enseignante..."

 

Nos leçons écrit Emmanuel Lévinas, malgré leurs défauts, voudraient dessiner le plan où serait possible une lecture du Talmud qui ne se limiterait ni à la philologie, ni à la piété à l'égard d'un passé "cher mais périmé", ni à l'acte religieux d'adoration, mais une lecture en quête de problèmes et de vérités." (Quatre Lectures talmudiques, p. 23)

 

Sans pathos, sans sentimentalisme, en pratiquant les seules vertus de l'intelligence, le philosophe se penche sur ces discussions ardues entre docteurs talmudiques sur la pureté d'une chaussure ou les vicissitudes d'un oeuf pondu un jour de fête pour y retrouver les figures éternelles de quelques vérités.

 

Rien n'est anachronique. Les grandes idées sont intemporelles. Et tout livre, d'une certaine manière, est sacré dans la mesure où il dit toujours plus qu'il ne dit. Mais celui-ci plus que tout autre, à cause de la passion qu'y ont investie ses lecteurs de siècle en siècle, à cause de cette superposition à l'infini de commentaires qui l'ont enrichi, à cause de son mode même d'énoncé où la vérité jaillit de mille lieux et de mille manières, à cause enfin de l'étoffe morale où s'inscrit chacune des lettres.

 

"Espiègles, laconiques dans les formulations ironiques ou sèches, mais éprises du possible, les pages du Talmud consignent une tradition orale et un enseignement devenu écrit par accident et qu'il convient de rappeler à leur vie dialoguée et polémique où les sens multiples - mais non arbitraires - se lèvent et bourdonnent dans chaque dire..." (Quatre Lectures talmudiques, p. 13)

 

(Salomon Malka, Lire Lévinas, Les Editions du cerf, 1984)

 


 

Du même auteur et dans la même collection :

 

Quatre lectures talmudiques 

 

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Les Etudes de Talmud à présent obligatoires en Corée du Sud !

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Nous avons d'abord cru à une plaisanterie du 1er avril, mais les journaux israéliens ne sont pas sensibles à ce genre d'humour :

Le saviez vous ? C'est un scoop : la Corée du Sud compte prés de 50 millions d'habitants…dont les enfants apprennent la "Guemara" (Talmud) à l'école ! "Nous avons essayé de comprendre pourquoi les juifs sont des génies, et nous sommes arrivés à la conclusion que c'est parce qu'ils étudient le Talmud" a déclaré l'Ambassadeur de Corée en Israël.

Le comble! De nos jours, l'illustre Rabbin et Maître « Rav Papa » est devenu un personnage plus connu en Corée qu'en Israël.

Les Maitres de l'Ecole des "Amoraim", voilà un bon millier d'années, Abbaye et Rava n'auraient pu imaginer que leurs discussions méticuleuses des lois Juives "cantonnées" - sans jeu de mots - dans les Centres d'études de Babylone seraient enseignées un jour par des non-juifs dans l'Est de l'Asie. 

Il s'avère que les lois religieuses sur le théme  « un œuf pondu le jour de Yom Tov»  (fête Juive) intérressent tout particulièrement les Sud-Coréens dont l'étude du Talmud fait partie du programme scolaire obligatoire.

Presque tous les foyers en Corée du Sud disposent à présent d'un exemplaire du Talmud traduit en Coréen. Mais contrairement à Israël, les mères coréennes, elles, l'enseignent à leurs enfants.

Dans un pays de près de 49 millions de personnes qui croient dans le bouddhisme et le christianisme, il y a plus de gens qui lisent le Talmud, ou du moins possédent leur propre exemplaire à la maison que dans l'Etat juif. Beaucoup plus.

«Nous étions très curieux au sujet des réalisations académiques de haut niveau des Juifs», explique l'ambassadeur, Young Sam Mah, qui a été l'invité  du programme "la culture d'aujourd'hui."

"Les Juifs ont un pourcentage élevé de lauréats du prix Nobel dans tous les domaines : la littérature, la science et l'économie. Leur succès est remarquable. Nous avons essayé de comprendre quel est le secret de ce Peuple.

Comment le Peuple juif a t'il -plus que les autres- été capable d'atteindre une telle réussite? Pourquoi tant de juifs sont intelligents? La conclusion à laquelle nous sommes parvenus, c'est que l'un de ses secrets, réside dans l étude de ce fameux Livre."

"Les Juifs étudient le Talmud à un âge jeune, et cela les aide, à notre avis, à mieux développer les capacités mentales. Ce constat nous a conduit à l'enseigner à nos enfants également. Nous croyons que si nous l'apprenons à nos enfants, ils deviendront aussi des génies. C'est ce qui transparait derrière la logique de l'étude de cette matiére que nous avons introduits dans notre programme scolaire. "

Young Sam Mah dit que lui-même a étudié le Talmud depuis sa plus tendre enfance: «cette étude était considérée comme capitale", a t-il souligné.

Talmud

En considération de ce qui précéde, les Coréens ont plus de livres de Talmud dans leurs maisons que les Juifs en Israël !

"Moi, par exemple, je dispose de deux exemplaires d'ensemble de ce livre chez moi : celui que ma femme m'a acheté, et le second était un cadeau de ma mère."( Sa mére, sa femme ? le facteur génétique juif chez ce monsieur semble indiscutable !)

"Les Coréens n'aiment pas seulement le Talmud parce qu'ils y voient l'instrument permettant de devenir des esprits supérieurement intelligents, mais parce qu'ils y ont trouvé des valeurs communes qui sont proches dans leur cœur.

"Dans la tradition juive, les valeurs familiales sont importantes," explique l'ambassadeur Sud-Coréen.

"On le constate, même aujourd'hui, dans votre pratique du repas de la famille le vendredi soir. Nous respectons et mettons en avant également les valeurs familiales. Le respect pour les adultes, le respect et la considération pour les  personnes âgées, que nous tenons en haute estime dans mon pays."


Un autre sujet très important est la prépondérance de l'éducation. "Dans la tradition juive les parents ont le devoir d'enseigner à leurs enfants, et ils y consacrent beaucoup d'attention. Pour les parents coréens, l'éducation de leurs enfants est aussi une priorité absolue" (...)


Trés sérieuse source (d'inspiration partielle):Ynet en Hébreu:

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4046985,00.html

 
Source : parolevolee.com
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