Les candidats au baccalauréat lors de l'épreuve de philosophie le 16 juin 2011 au lycée Camille Sée à Paris Martin (AFP)
Pour les littéraires (série L), il y avait au choix deux sujets de dissertation : «Que gagne-t-on en travaillant ? » et «Toute croyance est-elle contraire à la raison ? ». Les lycéens ont pu également choisir l’explication d’un texte de Spinoza, extrait du Traité théologico-politique.
Chez les scientifiques (série S), les candidats avaient également le choix entre deux questions : « Serions-nous plus libres sans l’Etat ? » et « Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? ». Pour l’explication de texte, l'année du tricentenaire de sa naissance, Rousseau était à l’honneur avec un passage de l’Émile.
Dans la série ES (Economique et Sociale), les lycéens pouvaient réfléchir à deux sujets : « Peut-il exister des désirs naturels ? » ou «Travailler, est-ce seulement être utile ? ». Le commentaire de texte portait sur Berkeley avec un extrait de De l’obéissance passive.
Dans les séries technologiques (sauf TMD) :
Sujet 1 : La recherche de la vérité peut-elle se passer du doute ?
Sujet 2 : Faut-il être cultivé pour apprécier une oeuvre d’art ?
Sujet 3 :
Qu’est-ce qu’une bonne loi ? Par bonne loi, je n’entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout
ce qui est fait par ce pouvoir est sûr, et approuvé par tout un chacun parmi le peuple. Et ce que tout homme veut, nul ne saurait le dire injuste. Il en est des lois de la communauté politique
comme des lois du jeu : ce sur quoi les joueurs se sont mis d’accord ne saurait être une injustice pour aucun d’eux. Une bonne loi est celle qui est à la fois nécessaire au bien du peuple et
facile à comprendre.
En effet, le rôle des lois, qui ne sont que des règles revêtues d’une autorité, n’est pas d’empêcher toute action volontaire, mais de diriger et de contenir les
mouvements des gens, de manière qu’ils ne se nuisent pas à eux-mêmes par l’impétuosité* de leurs désirs, leur empressement ou leur aveuglement ; comme on dresse des haies, non pas pour arrêter
les voyageurs, mais pour les maintenir sur le chemin. C’est pourquoi une loi qui n’est pas nécessaire,
c’est-à-dire qui ne satisfait pas à ce à quoi vise une loi, n’est pas bonne.
HOBBES
* impétuosité : ardeur, fougue, violence.
Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.
2. a) Expliquez : « Il en est des lois de la communauté politique comme des lois du jeu ».
b) Expliquez : « Une bonne loi est celle qui est à la fois nécessaire au bien du peuple et facile à comprendre. »
c) Expliquez : « comme on dresse des haies, non pas pour arrêter les voyageurs, mais pour les maintenir sur le chemin.
»
3. Le rôle des lois est-il seulement d’empêcher les hommes de se nuire à eux-mêmes ?
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