Ce travail d'expression écrite faisait suite à la lecture expliquée de "La main d'écorché" et du "Horla" de Guy de Maupassant et à un travail de recherche sur le thème du fantastique.
Sujet : Vous avez été invité par votre correspondant écossais ou anglais dans son manoir familial ; la demeure a la fâcheuse réputation d'être hantée. A la manière de Guy de Maupassant dans "Le Horla", rédigez votre Journal de bord.
Consignes :
- Point de vue narratif : "je"
- Employer le système du présent
- Respecter les normes de présentation d'un Journal intime
- Décrivez vos hôtes ainsi que les lieux
- Dialogues éventuels au style indirect
- Evoquez vos sentiments (vocabulaire de la peur), vos impressions
Copie d'élève :
11 novembre 1856
A l'occasion de mon anniversaire, mes parents ont décidé de m'offrir un voyage "découverte d'un manoir écossais".
21 novembre
Je suis au port et je ne vais pas tarder à voguer vers l'Ecosse. Je suis impatient, mais un peu crispé, car j'ai ouï dire que certaines demeures écossaises étaient hantées.
22 novembre
Je suis arrivé en Ecosse et je me dirige vers la manoir où je vais demeurer durant deux semaines.
23 novembre
Je suis arrivé au manoir. Je n'ai pas vu mon correspondant ; j'ai été accueilli par un serviteur qui m'a prévenu que pendant les premiers temps, je ne verrais pas beaucoup mon hôte, lord Alfred Schrecklich et que je risquais de mal dormir en raison des bruits qui ponctuent la nuit.
24 novembre
Le serviteur avait raison. La nuit a été horrible. J'ai visité le manoir en commençant par l'extérieur. Il est sinistre : volets vermoulus, gargouilles gothiques, pigeonnier délabré... Le toit est hérissé de piques. Le jardin est aussi lugubre que la bâtisse: des ronces, des tulipes noires, des arbustes taillés en pointe...
25 novembre
Nouvelle nuit horrible. J'ai visité l'intérieur de ce maudit manoir. Au bout d'un couloir, j'ai trouvé les cuisines ; elles étaient légèrement éclairées. Mais ce qui m'a le plus inquiété, c'étaient les voix :
" - Nous devons le retrouver ! Il a disparu pendant la nuit sans laisser de traces ! Peut-être, mais si nous ne le retrouvons pas, il va nous faire la peau !..."
Mort de peur, j'ai couru comme un fou ; je me suis enfermé à double tour dans ma chambre, je me suis assis sur mon lit et j'ai attendu que la nuit arrive, telle une épée prête à me transpercer de part en part.
26 novembre , minuit 30
Je ne peux pas dormir, j'ai le souffle court, je transpire...
26 novembre, 1 heure 30
Je ne peux toujours pas dormir, j'entends des volets claquer, les portes grincer...
27 novembre
Cette nuit a été encore plus horrible que les autres ; j'ai fait des cauchemars terrifiants.
28 novembre
J'ai encore surpris une discussion dans la cuisine :
"- Ce n'est pas possible ! Lui aussi a disparu ! Je sais... Il se passe des choses étranges ici...
- Peut-être, mais nous devons préparer cette mixture, car sinon, l'invité va nous voir et tout sera gâché."
Cette fois, j'en suis sûr : ces sorcières veulent me tuer ! J'ai décidé de m'enfuir.
29 novembre
Impossible de quitter ce lieu maudit ! Les grilles sont fermées et refusent de s'ouvrir ! Je passe mon temps dans ma chambre en attendant la mort.
30 novembre
J'entends les pas pressés des servantes dans le couloir. Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais il se prépare quelque chose.
1er décembre
Enfin une bonne nouvelle : je suis convié à déjeuner avec lord Schrecklich.
1er décembre, 14 heures
Quel repas bizarre ! Le comte n'a pas desserré les dents de tout le repas et les servantes me regardaient bizarrement... Je suis désormais certain qu'il se passe quelque chose, mais ce n'est pas à mon avantage...
2 décembre
Je pars dans cinq jours, autant dire une éternité ! Je n'ai toujours pas vu mon prétendu correspondant, mais je connais désormais le jardin comme ma poche.
3 décembre :
Nouvelle discussion dans les cuisines :
" - Il nous manque un ingrédient
- Oui, si nous n'avons pas ces herbes, la préparation de sera pas prête à temps.
- J'irai les chercher demain."
A ce moment-là, j'ai eu le mauvais réflexe de reculer et j'ai heurté une vieille armure qui traînait dans un coin.
"- Tu as entendu ?
- Oui, ça doit être le chat du maître. A part lui, personne ne vient traîner par ici.
- Tu as raison. Retournons travailler."
4 décembre
Plus que trois jours, mais je ne suis pas sûr de rester en vie bien longtemps. Les servantes ne sortent plus de la cuisine. Les lingères s'activent aussi, mais mon correspondant reste deséspérément enfermé dans son bureau, comme s'il préparait des plans... Une exécution ?
5 décembre
Je m'en vais après-demain ; la mixture des sorcières est prête. Je les ai entendu parler :
" - C'est enfin prêt !
- Oui, ma soeur, nous n'avons plus qu'à attendre... Tu sais quoi...
- Oui, ah! ah! ah!"
J'ai été invité pour la seconde fois à partager le repas avec lord Alfred.
6 décembre
Plus que 24 heures et ce sera la fin de mon séjour. Mais il n'y a pas de quoi se réjouir : le manoir s'est mis en activité comme si mon départ annonçait la fin du monde. Je suis allé voir du côté des cuisines et ce que j'ai entendu m'a glacé le sang :
" - Vite ! Vite ! Sors-le ; il s'en va demain, vite !
- Oui, je fais ce que je peux !
- Demain tout sera enfin fini !"
7 décembre
Quel silence... un silence de mort... Pas un bruit... Je suis sorti dans le jardin.
Une table magnifique était dressée, recouverte d'une nappe brodée d'une blancheur immaculée et sur la table, un énorme gâteau et autour de la table, tout le personnel du château et un garçon de mon âge, aux cheveux roux, au visage sympathique, couvert de taches de rousseur, mon correspondant :
- "Happy Birthday, Pierre !"
Et tout le monde s'est mis à applaudir. Mon correspondant s'est alors lancé dans une phrase en français : "J'espère que l'ambiance "château écossais" vous a plu ; tout était compris dans le prix du séjour, mais pour nous faire pardonner, avec l'accord de vos parents, nous vous gardons gracieusement une semaine de plus... je vous promets que l'ambiance sera beaucoup plus détendue. Je pense que nous allons bien nous amuser ! le gâteau aussi était compris dans le prix du séjour, mais votre amitié, elle, n'a pas de prix...
"For he's a jolly good fellow, for he's a jolly good fellow, for he's a jolly good fellow, and so say all of us !"
(Pierre-Adrien Lange, 4ème 3)
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