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gavroche.jpg

 

Ce modeste travail est dédié, pour des raisons évidentes,  à Nicolas qui reprend ses cours lundi en Tunisie, avec tous mes remerciement pour ses observations et toute mon affection. 

 

I/ Travail préparatoire :

 

1) Lire attentivement le texte.


2) Lire attentivement l'ensemble des questions car elles peuvent vous permettre de mieux comprendre le texte


3) Relire le texte


4) Repérez l'idée générale (de quoi est-il question dans ce texte ?)


5) Cherchez dans le dictionnaire le sens des mots que vous ne connaissez pas.


6) Cherchez des renseignements sur l'auteur.

 

7) Relire attentivement la question.

 

8) Cherchez dans le texte les mots, les expressions et les phrases  qui peuvent vous permettre de répondre à la question et que vous citerez à l'appui de votre réponse.

 

II/ deuxième étape :

 

1) Rédigez la réponse à la question en employant des phrases complètes.


2) Reprenez, à l'appui de votre réponse les mots, les expressions et les phrases que vous avez trouvés, en indiquant la ligne.

 

Exemple : Victor Hugo, Portrait de Gavroche, Français 4ème, "Fleurs d'encre", Hachette Education, page 92

 

Avant de lire le texte, 1) cherchez le sens des adjectifs qualificatifs : "blême", "leste", "goguenard", "vivace". 2) Quels sont ceux qui sont négatifs ? positifs ?

 

Gavroche

 

Huit ou neuf ans environ après les événements racontés dans la deuxième partie de cette histoire, on remarquait sur le boulevard du Temple et dans les régions du château d'Eau, un petit garçon de onze à douze ans qui eût assez correctement réalisé cet idéal du gamin ébauché plus haut, si, avec le rire de son âge sur les lèvres, il n'eût pas eu le coeur absolument sombre et vide. Cet enfant était bien affublé (1) d'un pantalon d'homme, mais il ne le tenait pas de son père, et d'une camisole de femme, mais il ne la tenait pas de sa mère. Des gens quelconques l'avaient habillé de chiffons par charité. Pourtant il avait un père et une mère. Mais son père ne songeait pas à lui et sa mère ne l'aimait point. C'était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins.

 

Cet enfant ne se sentait jamais si bien que dans la rue. Le pavé lui était moins dur que le coeur de sa mère.

 

Ses parents l'avaient jeté dans la vie d'un coup de pied. Il avait tout bonnement pris sa volée.

 

C'était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l'air vivace et maladif. Il allait, venait, chantait, jouait à la fayousse (2), grattait les ruisseaux, volait un peu, mais comme les chats et les passereaux (3), gaîment, riait quand on l'appelait galopin, se fâchait quand on l'appelait voyou. Il n'avait pas de gîte (4), pas de pain, pas de feu, pas d'amour ; mais il était joyeux parce qu'il était libre (...)

 

Pourtant, si abandonné que fût cet enfant, il arrivait parfois, tous les deux ou trois mois, qu'il disait : "Tiens, je vas voir maman !" Alors il quittait le boulevard, le Cirque, la Porte Saint-Martin, descendait aux quais, passait les ponts, gagnait les faubourgs, atteignait la Salpêtrière, et arrivait où ? Précisément à ce double numéro 50-52 que le lecteur connaît, à la masure (5) Gorbeau.

 

A suivre...

 

Victor Hugo, "Les Misérables", troisième partie, V, 1 et 2, 1862

 

(1) habillé de façon ridicule

(2) jeu d'adresse avec des pièces de monnaie. On payait les gamins pour gratter et nettoyer les ruisseaux ; l'opération leur permettait aussi parfois de ramasser un sou perdu.

(3) petits oiseaux

(4) domicile

(5) maison misérable


1/ a) Relevez les reprises nominales concernant le personnage de Gavroche : qu'est-ce qui caractérise Gavroche ?


    b) Où Gavroche vit-il ?

 

Réponses :

 

1) a) Les reprises nominales concernant le personnage de Gavroche sont : "un petit garçon de onze à douze ans" jusqu'à "sombre et vide" (l. 5), "Cet enfant" (l. 5), "Un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins." (l. 9-10), "Cet enfant" (l. 11), "un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l'air vivace et maladif" (l. 15-16), "cet enfant" (l. 20)

 

Gavroche est un jeune garçon, encore un enfant (le mot est répété plusieurs fois), il représente le type même du "gamin de Paris", il dépend de la charité des gens car ses parents ne s'occupent pas de lui.

 

1) b) Gavroche vit à Paris, dans la rue, il n'a donc pas de "domicile fixe" (l.11-12), sur le boulevard du Temple et dans les régions du Château d'Eau (l.2-3) ; "Tous les deux ou trois mois" (l. 20 et suivants), il se rend chez sa mère, dans les faubourgs de Paris,  à la masure Gorbeau.

 

 2) ligne 15 à 18 : quelles sont les natures grammaticales des mots énumérés ? Quel trait de caractère est mis en valeur par ces énumérations ?

 

Réponses :

 

Les mots énumérés de la ligne 15 à 18 sont des adjectifs qualificatifs  : "bruyant", "blême", "leste", "éveillé", goguenard", ainsi que des verbes : ""allait", "venait", "chantait", "jouait", grattait, "volait", "riait", se fâchait". Cette énumération met en valeur l'intelligence, la vivacité, le sens de la débrouillardise et l'insouciance de Gavroche.

 

3) Relevez une proposition qui résume l'état d'esprit de Gavroche.

 

Réponse :

 

" (...) mais il était joyeux parce qu'il était libre." (ligne 19)

 

4) a. Dans le premier paragraphe, relevez une conjonction de coordination et un adverbe exprimant l'opposition.

 

      b. "Qui ont père et mère et qui sont orphelins" : quelle conjonction de coordination, peut remplacet le "et" en gras ?

 

     c. Quelle contradiction du personnage de Gavroche est ainsi soulignée dans ce paragraphe ?

 

Réponses :

 

a. La conjonction de coordination exprimant l'opposition dans le premier paragraphe est "et" : "C'était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère ET qui sont orphelins". (l. 9-10)

 

L'adverbe exprimant l'opposition est "si" : (...) un petit garçon de onze à douze ans qui eût assez correctement réalisé cet idéal du gamin ébauché plus haut, SI, avec le rire de son âge sur les lèvres, il n'eût pas eu le coeur absolument sombre et vide." (l. 4)

    

b. On pourrait remplacer la conjonction "et "par la conjonction "mais : "Qui ont père et mère mais qui sont orphelins."

 

c. Le paragraphe souline la contradiction entre l'aspect joyeux et insouciant de Gavroche et le caractère tragique de sa situation.


5) Relevez dans le deuxième paragraphe d'autres expressions exprimant des contradictions du personnage.

 

Réponse :

 

C'était un garçon à l'air vivace et maladif (l. 16), "il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour ; mais il était joyeux... (l. 19)


  Le portrait dans le récit

 

6) Qui s'adresse à qui dans cet extrait ?

 

Le narrateur s'adresse au lecteur : ""Huit ou neuf ans environ après les événements racontés dans la deuxième partie de cette histoire... (l. 1-3) et "Précisément à ce double numéro 50-52 que le lecteur connaît, à la masure Gorbeau." (l. 23-24)

 

7) Le narrateur présente-t-il Gavroche comme un personnage sympathique ou antipathique ? Justifiez.

 

Réponse : le narrateur présente Gavroche comme un personnage sympathique : c'est un jeune garçon rieur, mais habité par une souffrance secrète ; ses parents l'ont abandonné à son sort et ne s'occupent pas de lui.  Sa mère ne l'aime pas ("Le pavé lui était moins dur que le coeur de sa mère."). Il est présenté comme joyeux, courageux, mais "digne de pitié", de compassion, ce qui est le sens étymologique du mot "sympathique".

 

8) Le lecteur s'attend-il à voir Gavroche jouer un rôle actif ou passif ? Justifiez

 

Réponse : Le lecteur s'attend à voir Gavroche jouer un rôle actif. Gavroche apparaît au début de la troisième partie du roman (la partie la plus "politique"), il est vif, entreprenant, courageux, débrouillard et il symbolise le "gamin de Paris". Il apparaît donc comme un "misérable", à l'instar de Cosette et de Jean Valjean. On ne peut que l'imaginer solidaire des autres "misérables", luttant, comme eux et avec eux, pour sa dignité et sa survie.

 

9) Relevez deux passages qui relient le portrait au récit. Où sont-ils situés ? Expliquez quel(s) rôle(s) ce portrait joue dans le récit : une transition, une pause, un résumé, une accélération du rythme, l'amorce d'un nouvel épisode.

 

Le premier passage qui relie le portrait au récit est : ""Huit ou neuf ans environ après les événements racontés dans la deuxième partie de cette histoire..."

(l. 1-2)

 

Le deuxième passage est : "Pourtant, si abandonné que fût cet enfant... à la masure Gorbeau." (l. 20-24)

 

Ces deux passages encadrent le portrait de Gavroche. Le portrait de Gavroche constitue l'amorce d'un nouvel épisode.

 

Faisons le point

 

Indiquez deux rôles de ce portrait dans le récit.

 

Le rôle de ce portrait est en premier lieu de représenter un milieu social dont Gavroche est issu : le milieu social des "misérables", celui de Jean Valjean et de Cosette ; il a également pour fonction de caractériser le héros, de susciter des sentiments chez le lecteur (compassion, amusement, sympathie...), il a  enfin pour rôle de faire avancer l'action, d'amorcer un nouvel épisode et de ménager un suspens.

 

En quoi Gavroche est-il un "misérable" ? Qu'appelle-t-on aujourd'hui un "gavroche" ?

 

Gavroche est un "misérable" (étymologiquement "digne de commisération") car il est pauvre (il en est réduit à gratter et à nettoyer les ruisseaux pour survivre), il dépend de la charité des gens pour s'habiller, il est obligé de voler pour manger, il n'a ni maison, ni pain, ni feu, ni amour.

 

Un "gavroche" est (était) un gamin de Paris, vif et impertinent. Le nom propre est devenu un nom commun (donc sans majuscule) par antonomase.

 

Une antonomase est une figure de style, un trope, où un nom propre ou une périphrase énonçant sa qualité essentielle, est utilisé comme nom commun, ou inversement, quand un nom commun est employé pour signifier un nom propre.  Certaines antonomases courantes finissent par se lexicaliser et figurent dans les dictionnaires usuels (« une poubelle », « une silhouette », « un don Juan », « un harpagon », « un bordeaux », « le roquefort », « le macadam » etc.)

 

Remarque : noter, tout au long du texte la comparaison implicite de Gavroche à un oiseau (on parle de "métaphore filée"), à travers les énumérations et les asyndètes (absence de mots de liaison)... "Ses parents l'avaient jeté dans la vie d'un coup de pied. Il avait tout bonnement pris sa volée." on est en présence d'une "métaphore in absentia" : le comparant ("oiseau") n'est pas mentionné explicitement, mais implicitement à travers le syntagme verbal "pris sa volée". Cette comparaison renvoie à la chanson que chante Gavroche sur les barricades et "prépare" cette scène.

 

"Je ne suis pas notaire, c'est la faute à Voltaire,

 Je suis petit oiseau, c'est la faute à Rousseau."

 

 

Victor hugo

 



 


 


 


 


 



 


 


 


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