
Cet ouvrage regroupe les oeuvres suivantes : La Mauvaise conscience, parue aux editions Montaigne en 1966, Du Mensonge (Editions Confluences, 1945), Le Mal (Arthaud, 1947), L'Austérité et la vie morale (Ernest Flammarion, 1956), Le Pur et l'Impur (Flammarion, 1960), L'Aventure, l'Ennui, le Sérieux (Editions Montaigne, 1963), Le Pardon (Editions Montaigne, 1967). Edition établie par Françoise Schwab, Editions Flammarion, Collection Mille et Une Pages.

"Quel écrivain n'a pas rêvé, plusieurs années après la publication de ses livres, de pouvoir les regrouper et les relire à travers le thème qui a sous-tendu leur exigence ?
Je ne sais si Vladimir Jankélévitch eût été heureux de cela, mais je le présume pour la raison suivante. dans les années 1970, une telle opportunité lui a été offerte : il s'agissait de réunir ses ouvrages sur la musique dans une même collection, et ce projet eut sa faveur.
La présente publication est une tentative de cet ordre. Elle intervient treize ans après la disparition de l'auteur et vise à regrouper ses premiers livres de morale, notamment ceux qui sont introuvables aujourd'hui.
Sa préoccupation première, ses articles de jeunesse l'attestent, fut de mettre en place les fondements d'une éthique originale entrevue moins dans son étude théorique sur Schelling (sa grande thèse) que dans Valeur et signification de la mauvaise conscience, sa thèse complémentaire.
Un choix a été fait. Il est d'ordre chronologique ; trouvent, ici, leur place sept premiers livres de morale que Jankélévitch composa entre 1933 et 1967. Cetes, entre ces deux dates, d'autres écrits parurent sous sa plume. textes sur la musique : Gabriel Fauré, ses mélodies, son esthétique, Maurice Ravel, Le Nocturne, Debussy et le mystère, Liszt et la rhapsodie, La Musique et l'ineffable, et des textes de philosophie métaphysique : Philosophie première, La Mort.
Par ailleurs, ne se trouvent pas dans cet ouvrage, trois écrits de philosophie morale qui ont paru entre ces deux dates : L'Ironie, qui vient d'être republiée récemment, L'Alternative (1938), dont plusieurs parties ont été reprises dans des livres existants (Le chapitre 2 se trouve dans Premières et Dernières Pages, Paris, Seuil, 1994, et le chapitre 3 se trouve dans L'aventure, l'Ennui, le Sérieux, Paris, Flammarion, 1963), et le volumineux Traité des vertus qui fera l'objet d'une publcation future, son importance justifiant un livre unique.
Ce livre se propose également d'être un instrument de travail pour les étudiants, les chercheurs, pour les fidèles lecteurs de Jankélévitch et ceux qui viendraient à découvrir sa pensée.
La tâche par excellence est la pensée aux prises avec l'impensable. L'intuition est un jeu de cache-cache avec lui, et seuls des lueurs, des bribes de vérité, des fragments de message deviennent saisissables. Le désir des philosophes serait une faculté de connaître qui épuiserait les données sensibles et atteindrait, par-delà, le fondement du sensible. Science faite de ce qui est perçu et non perçu, la pensée de l'impensable est la seule tâche, comme dirait Pascal, qui vaille une heure de peine. L'éthique commence avec l'indignation, la colère, de même dans le Théétète, la science commence par l'étonnement. Si la philosophie est un art de faire, elle permet aussi de rendre l'exercice de leur liberté à ceux qui la font sienne. Mais comment révéler l'identité de nature entre la réalité du langage quotidien et la réalité de la pensée du philosophe ?" (Françoise Schwab)
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